Interventions du 26 juillet 2018

Table ronde A1

TABLE RONDE A1 : Famille, parentification et migration

Maria Inês Assumpção Fernandes & Simone Piñeiro Bressan Robles. Travaux de groupes de recherche et groupe de travail (PUC-Rio/USP/Paris Descartes)

La dimension clinique de groupe dans le travail psychosocial avec les familles: aspects de la violence

D’une manière générale, le travail pose la question du champ d’intervention du psychologue dans la prise en charge des familles dans les institutions du réseau d’assistance sociale (CRAS). Il s’agit donc de penser le champ d’intervention dans la spécificité du travail psychique intersubjectif en relation étroite avec les questions sociales, objet de l’action d’assistance sociale: penser la relation entre le sujet des droits – sujet citoyen – et le sujet de l’inconscient . Le dispositif d’intervention était le grupo operativo,  proposé par Pichon-Rivière. Le projet  visait les familles en non – conformité aux conditionnalités du programme Bolsa Família, à partir de la troisième suspension, en raison de la faible fréquentation scolaire de leurs membres entre 06 et 17 ans.  Dans le  processus groupal, les principales émergentes ont été la violence domestique et intergénérationnelle, l’impuissance, l’incarcération féminine, l’humiliation et la honte. Sans possibilité de nommer, ces expériences affectives se déposaient dans les liens familiaux, s’exprimant à travers le symptôme de décrochage scolaire.

Mots clés: clinique de groupe, travail psychosocial, violence, famille.

 

Philippe DRWESKI (France)

Effets de l’expatriation sur l’enveloppe psychique familiale

Cette présentation propose une réflexion sur le travail de l’enveloppe familiale dans le cadre de l’expatriation. Le concept d’enveloppe est ici utilisé afin d’appréhender le passage entre différents espaces qui est caractéristique de l’expatriation. L’hypothèse est que l’expatriation est un moment critique dans le travail des enveloppes ce qui affecte le cadre thérapeutique des familles prises en charge. Après être revenu sur la notion d’enveloppe, il est proposé une illustration clinique d’une thérapie familiale. Cette analyse permet d’illustrer le travail de l’enveloppe familiale et de ses qualités plastiques dans le contexte de la mobilité. Il apparaît que l’expatriation peut être utilisée comme une façon de réguler le fonctionnement du groupe familial grâce à la mise à distance de certains éléments traumatiques de l’histoire familiale. Le cadre thérapeutique doit pouvoir intégrer cette dimension afin de prendre en charge les familles de plus en plus nombreuses à vivre l’expatriation dans le monde contemporain.

Mots clefs : enveloppe familiale, expatriation, hybridation, connexion, mobilité

Terezinha Féres Carneiro, Renata Mello & Andrea Seixas Magalhães. Travaux de groupes de recherche et groupe de travail (PUC-Rio/USP/Paris Descartes)

L’inversion générationnelle dans la famille : dimensions intrapsychique, intersubjective et sociale à l’ écoute clinique

En prenant comme thèmes centraux, les processus de maturation de l’enfant et l’exercice de la parentalité, le présent travail vise à étudier la problématique de l’inversion générationnelle dans la clinique auprès des familles. Nous nous référons ici au processus de parentification, au cours du quel l’enfant assume des fonctions parentales, en résignant ses propres besoins pour répondre à ses parents. Quand les parents parentifient leurs enfants, la différence entre les générations est refusée et l’enfant est considéré comme un petit adulte. L’inversion générationnelle est discutée dans ce travail à partir d’une triple clé d’écoute à la clinique auprès des familles, inspiré par Jean-G. Lemaire, qui contemple les aspects intra-psychiques, intersubjectifs et sociaux. Pour enrichir le débat sur cette problématique, nous allons présenter des vignettes cliniques illustratives. Il faut souligner l’importance de l’analyste pour comprendre l’impact de l’inversion générationnelle dans le développement émotionnel des enfants, surtout quand l’inversion constitue le lien principal dans la relation entre parents et enfants.

Mots clés : parentalité, développement de l’enfant, inversion générationnelle, parentification, écoute clinique.

Alexandra BERNARD & Almudena SANAHUJA (Université de Besançon, France)

« L’affiliation au prix de la migration » : où la remise en jeu du mythe de « l’enfant bénie » chez les familles africaines

Cette communication s’intéresse aux processus psychiques de transmissions familiales, fortement imprégnées de croyances culturelles, à l’œuvre chez de jeunes migrants africains, qui partent seuls sans leur famille, au péril de leur vie. A l’âge de devenir adultes, ils ont été désignés pour partir, ils sont « l’enfant bénie », choisi par les parents, tel que le défini le mythe culturel de leur communauté, pour assurer la survie  du groupe familial, mais aussi sa mise en valeur narcissique. Ils incarnent l’espoir d’un avenir meilleur, ou ils sont dans l’obligation d’écrire la page de réussite du roman familial. C’est à ce prix, qu’ils pourront avoir une place au sein de leurs familles. Au cours de cette communication, nous essaierons de comprendre, la manière dont les jeunes migrants, sont assujettis à leur lien familial, et comment la migration intervient comme participant à un processus d’affiliation entrant en jeu dans la construction identitaire du sujet, et à un équilibre familial, fortement influencé par les croyances culturelles.

Mots clés : Migration – Transmission – Croyances culturelles – Processus d’affiliation – Roman familial

Table ronde A2

TABLE RONDE A2 : GROUPE DE REFLEXION IPA

Mary Morgan, Jill Scharff, Timothy Keogh & David Scharff

Présenté par le Comité de la Psychanalyse de Couple et de Famille de l’Association Psychanalytique Internationale (COFAP)

Perspectives multiculturelles sur le couple et le processus familial: considérations sociales et historiques.

Ce panel débutera par une vidéo de 20 minutes d’une famille avec trois jeunes enfants en phase intermédiaire de thérapie familiale, réalisée en anglais, et diffusée sous-titrée en français et en espagnol. L’histoire de la famille commence avec le dysfonctionnement sexuel des parents et leur inquiétude quant à la difficulté de développement de leur plus jeune garçon, et la thérapie familiale montre leur lien avec les antécédents familiaux de violence sexuelle et physique dans l’enfance des parents.

Ensuite, d’autres membres du COFAP discuteront de la façon dont ils voient cette question du point de vue 1) du traumatisme développemental impliqué dans le cas et 2) des perspectives sur les liens et les contextes culturels, sociaux et historiques. Cela mènera à la partie principale de la session qui comprendra une discussion libre entre tous les membres du public et les panélistes.

Cette grande discussion de groupe explorera les perspectives sociales et historiques sur les processus de la famille et du couple, non seulement dans le cas présenté, mais en élargissant à ces questions en général. Cet examen de l’impact des problèmes sociaux multiculturels et actuels sur les familles est parrainé par le Comité sur la psychanalyse des couples et des familles (COFAP) de l’API. Nous voulons présenter aux participants à la session la recherche que COFAP mène sur les variétés d’approches aux problèmes contemporains des couples et des familles d’un éventail de contextes sociaux et culturels dans diverses régions de la maison. Tous les membres de la communauté internationale sont invités à participer à cette discussion de groupe.

Table ronde A3

TABLE RONDE A3 : Histoire de la famille, Histoire sociale

Eric SMADJA

Historicité et « fabrication » des couples contemporains : Une approche pluri et interdisciplinaire

Le couple est une notion contemporaine correspondant à une réalité vivante, aussi bien historique, socioculturelle, que corporelle-sexuelle et psychique (groupale, intersubjective et individuelle-intrapsychique). De plus, les couples contemporains, qui consultent de plus en plus fréquemment et de plus en plus tôt dans leur histoire, sont devenus, selon moi, instables, fragiles, polymorphes et exigeants. Porteurs d’une historicité multiséculaire, des changements récents, de nature diverse, en particulier depuis les années 1960-1970, ont contribué à les « fabriquer » ainsi, et à produire en eux une crise aussi bien identitaire qu’identificatoire.

Aussi, je propose d’offrir une compréhension de cette réalité critique contemporaine  et sa nature multidimensionnelle, qui nécessitera, du fait de sa complexité, le recours fécond à une approche pluri et interdisciplinaire combinant l’histoire, la sociologie et la psychanalyse. Ce choix méthodologique mettra en lumière l’interdépendance de chacune des dimensions du couple et celle des facteurs contribuant à la fabrication de ces couples.

Mots-clés : couple-contemporain-historicité-fabrication-pluridisciplinaire

Meriem MOKDAD ZMITRI

Quand les histoires de famille réécrivent l’Histoire de la Nation : A propos de violences politiques et de résiliences familiales

Il y a des formes de résilience que seul le groupe familial sait mettre en branle chez ses membres et dans ses liens. Quand une nation connait violences d’Etat, traumatismes de masse et diverses instrumentalisations politiques, couples et familles voient leur quiétude mise à rude épreuve et leurs liens peuvent tout autant se souder que se lénifier. Cette réflexion est à juste titre née d’une clinique de couples et familles tunisiens aux prises avec des mutations politiques et sociales de post-révolte. L’intervenante viendra partager cette expérience dans l’objectif d’en faire le socle de sa réflexion sur les modalités et conditions de mise en place d’un travail de réécriture de l’Histoire de la nation par les familles résilientes invoquant ainsi leur transgénérationnel, leurs croyances, leur Histoire politique, culturelle et cultuelle pour surmonter les effets des violences. Cet essai de conceptualisation de la clinique cherchera aussi à s’enrichir d’une perspective anthropologique comparative.

Mots clés : Violence de masse – résilience familiale – instrumentalisation politique – Histoire nationale – histoires de familles

Lídia Levy & Isabel Cristina Gomes

Des certitudes héritées au travail de déconstruction

À travers les générations, la famille et la culture ont attribué aux hommes et femmes certains rôles préconisés par l’idéologie patriarcale qui sont graduellement déconstruits. Les références de masculinité, autrefois liées à la virilité et au pouvoir, ont été progressivement destabilisées à partir du féminisme et de l’égalité de genres. Les termes masculinités et féminités révèlent la diversité aujourd’hui présente et poussent les sujets à une remise en question permanente. La clinique révèle les paradoxes entre les vieux modèles de socialisation et les nouvelles possibilités de construction subjective. Dans le jeu relationnel entre les partenaires intimes, les messages transmis sur la place à occuper dans la relation produisent des bruits provoquant des conflits dans l’espace intersubjectif. Fondés sur les fragments d’une thérapie de couple, on parlera de l’influence de l’héritage générationnel dans la constitution et le maintien du lien conjugal et le mouvement du travail clinique vers de nouvelles constructions.

Mots-clés : psychanalyse de couple – famille – culture – transmission générationnelle

Table ronde A4

TABLE RONDE A4 : Place de la croyance dans la famille et les couples

María Fernanda de Dávila

L’ expérience à la montagne des Survivants des Andes

Ce qui construit la vie ce sont les lieux habités par des personnes qui établissent un entre lien, qui créent un nous et un déclencheur appelé expérience: celle d´être avec l’autre.

Nous étudierons, à partir de la clinique de liaison, ce qu’ont vécu les “Survivants des Andes” à l’occasion de l’accident de l’avion de la Force Aérienne Uruguayenne en octobre 1972, quand il s’est écrasé contre une montagne a 4000 mètres d’altitude et que les 16 passagers furent secourus après 72 jours à 20 degrés au-dessous de zéro.

Nous assimilons cette expérience au dispositif qui existe dans une psychothérapie puisqu’il se crée, en réseau, un corpus disposant de pratiques et de mécanismes pour faire face à l´urgence et atteindre un effet, et qui passe par un positionnement psychique en vue de concevoir son propre sauvetage ainsi qu’une subjectivité avec une puissance, une forme de penser, un savoir faire avec soi même et avec l’autre.

Quand est ce que la vie physique et psychique se préserve dans des circonstances d´adversité extrême?

Mots Clés: accident, lien, croyances, puissance, fantaisies, expérience, dispositif, sauvetage, abandon, bord.

Alina ILIESCU

L’effraction du corps et les Enfants du Décret dans le communisme

Ce travail est une tentative à élaborer le travail psychique des familles romaines qui ont résisté à la violence du l’effraction du corps et de l’intimité, ainsi qu’à l’interdiction de l’avortement et à l’obligation de garder les grossesses imposées par le régime communiste.

Quoi de plus humiliant pour une personne que d’interdire le contrôle et la liaison avec son propre corps? La femme a été transformée en machine à faire des enfants. Qu’est-ce qui a été transmis de ces mères à ces enfants nés alors qu’ils n’étaient pas souhaités, investis, fantasmés?

Exactement comme dans tous les Etats Totalitaires, les enfants n’appartiennent plus à la famille, leurs parents perdent leur rôle et le dictateur devient le Père Absolu. Enfin, ces bébés vont tuer le « Dictateur Père » 23 ans plus tard, pendant la Révolution de 1989, où l’ensemble du pluton d’exécution était composé d’enfants nés après le décret 1966, les soi-disant « enfants de décret ».

La nécessité pour les familles qui arrivent en psychothérapie c’est d’explorer ces lourds contenus qui sont restés enfermés sous la forme de secrets de famille, non désirés, négligés, non digérés, à un stade brut d’éléments bêta. Grâce à ce travail, je propose une approche développée juste pour dire, écouter et comprendre ces choses et la souffrance ne sois plus tait et réprimée.

Mots clés : L’effraction du corps – Enfants du décret – Régime communiste – Interdiction de l’avortement – Parent mort – Interdire le contrôle de votre corps – Les enfants du dictateur – L’investissement familial des enfants – Attaque du lien – Haut-parleur – Groupe interne – Tutorat familial – Dépôt – Héritage transgénérationnel – Secrets de famille – Pacte dénégatif – La violence familiale – Deuil – Crypte – Fantôme – Le porteur de la honte inconsciente – Fusionnement – Persécution – Fantaisie d’incorporation – Abstinence en mise en conserve – Abraham Totok – Abandon – Illusion de groupe – L’élaboration du traumatisme

 

Thomas von Salis

Pourquoi la religion? – Nécessité de maintenir les structures autoritaires.

On apprend de l’anthropologie ancienne que les peuples « sauvages » devaient par tous les moyens être contraints d’adhérer à une religion. Il est proposé, dans ce travail, de considérer que le zèle avec lequel on a voulu convertir la population des colonies ne représentait pas autant la volonté de leur apporter le salut ni de promouvoir la foi, mais d’éradiquer des foyers de non-croyance à l’autorité suprême au-delà de la nature terrestre. Cette dernière fournissant une excuse ou une justification  de la dominance exercée partout dans le monde par les puissances colonisatrices.

Si on avait permis aux peuples colonisés de pratiquer une politique fondée sur le consentement dans les groupes ou dans le collectif, l’impensable aurait pu être pensé. Pour approfondir l’étude de la résistance dans le travail analytique il sera judicieux de ne pas se limiter aux concepts de la théorie des pulsions, mais d’étudier les idéologies dominantes qui exercent une influence dans le cadre du traitement familial.

Mots-clés: Anthropologie Épiphanie de dieuColonisationAutoritarismeThérapie familiale analytique

Table ronde A5

TABLE RONDE A5 : Histoire de la famille, Histoire culturelle

Carla MARTINS MENDES & Fernanda RIBEIRO PALERMO (Université PUC-RIO, Brésil)

Du fantasme de la samba et du carnaval à la réalité de la parentalité

L’augmentation des relations bi-culturelles suscite une réflexion au sujet de la transmission psychique entre les générations. Sur la base d’un cas clinique, l’objectif de cet exposé est de discuter les répercussions de la transmission entre les générations dans la construction de la paternité en contexte migratoire, tout en tenant compte des défis impliquant l’appartenance et l’insertion des enfants dans les cultures d’origine de leurs parents. Un père d’origine allemande émigre au Brésil ayant appris sa paternité, fruit d’une relation occasionnelle avec une Brésilienne. Après trois ans au Brésil, il recourt à la TFP à la suite de conflits culturels dans l’éducation de son fils. On constate alors que la relation familiale est marquée par des héritages psychiques transgénérationnels où la honte et le non-dit ont des répercussions dans la construction de la  paternité et dans le processus d’acculturation.

Mots-clés: transmission psychique; culture; émigration; paternité; honte

Patrícia SEGURADO-NUNEZ & Rui CINTRA (Portugal)

L’Histoire et les histoires dans la vie et l’œuvre d’Eça de Queiroz

« L’art est un résumé de la nature faite par l’imagination »

Eça de Queiroz dans La correspondance d Fradique Mendes

La littérature est, comme le rêve, le lieu des manifestations narratives inconscientes. Au Portugal, Eça de Queiroz (1845-1900), considéré par beaucoup le plus grand prosateur portugais, est considéré comme le représentant le plus notable du Réalisme, mouvement artistique et littéraire, nait en France au siècle. XIX. Eça laissé une œuvre vaste qui a transformait la littérature et la culture portugaise.

En tant qu’écrivain, il analyse tout une génération du point de vue du désir, exposant la répression de la sexualité bourgeoise et les distorsions de la répression de ce même désir. Dans son écriture, des mythes, des fantômes et des secrets se croisent.

Ce contemporain de Freud peint dans son travail, et l’amour de ses personnages dans les recherches, les manifestations inconscientes transgénérationnels, qui régissent la constitution et d’amour des liens familiaux dans un dialogue permanent entre biographique et de la fantaisie.

Mot clés: Littérature, Secrets, Mythe, Fantôme, Sexualité, Transgénérationnel

Marcelo LABAKI-AGOSTHINO (Brésil)

Documents, deuils et tortures: une approche historique pour la compréhension du trauma psychique

Trois vignettes cliniques:

Première : une famille se demande si elle doit ouvrir une enveloppe fermée depuis plus de 70 ans pouvant contenir des secrets de famille des générations précédentes. Ce passé peut-il  donner un nouveau sens aux conflits présents, offrant une nouvelle histoire à la famille ?

Deuxième: élaboration d’un deuil de famille, lorsque les membres de la famille, qui reconstruisent la place sacrée de la mère décédée dans des rituels afro-brésiliens, s’approprient la culture africaine.

Troisième: un parallèle entre le moment historique de la Commission Nationale de Vérité qui a mené des investigations sur les tortures pendant la dictature militaire au Brésil et un travail clinique où le patient se souvenait d’un oncle qui torturait et l’analyste se souvient d’un oncle torturé par la dictature.

Je montrerai comment la compréhension de son histoire de famille, liée à des faits historiques, peut aider à élaborer des traumas de famille et individuels.

Table ronde A6

TABLE RONDE A6 : Traumatismes dans la clinique familiale et de couple

Cindy VINCENTE (Université de Besançon, France)

« Tu es éliminé » : L’empreinte historique des génocides, un paradigme pour comprendre les familles contemporaines.

Actuellement de plus en plus de familles sont en demande d’aide mais sont dans une impossibilité à se réunir. Face à cette spécificité le clinicien a un premier travail d’analyse pour départager ce qui est de l’ordre du culturel, du social, de l’historique par rapport à la spécificité des processus psychiques intrapsychique, , intersubjectif et transpsychique. Ceci nous amènes à spécifier différentes cliniques autour de cette problématique des «  familles non réunissable en thérapie ». Nous nous appuierons plus spécifiquement sur la clinique des familles qui ont vécu le génocides dans les générations précédente afin de mettre en relief l’impact psychique inconscient de la grande guerre sur les processus en jeux dans les thérapies familiales contemporaines.

Henri-Pierre BASS (France)

Impact de la pensée totalitaire dans les liens intrafamiliaux et les liens de couple.

Violences sociales et traumatismes cumulatifs. Impact de la pensée totalitaire dans les liens intrafamiliaux et de couples. Comment soutenir un espace thérapeutique alors que la permanence du cadre social se délite. Quel positionnement interne l’analyste se doit de maintenir pour soutenir un processus d’élaboration qui ne se heurte pas à ses propres limites éthiques ?

Mots clés : Pensée totalitaire ; Violences sociales ; Limites éthiques ; Espace thérapeutique ; Liens intrafamiliaux.

Jean-Louis DOREY (France)

Lien familial et génocide

Nous montrons comment, dans le processus au long cours d’une thérapie familiale psychanalytique, un ensemble de défenses masquent d’abord la violence et la haine. Le processus thérapeutique en appui sur la recomposition progressive du lien familial, dégèle, ensuite, la pulsionnalité, remobilise les affects bloqués et libère la dimension de la culpabilité.  Le retour de la conflictualité et de l’inter fantasmatisation permet, enfin, de retisser quelque chose de la déchirure de l’enveloppe généalogique provoquée par la catastrophe. A la fin, la famille refait lien autour d’un scénario mythique des origines.

Mots clés : génocide, haine, déliaison, ré intrication, pulsions

Table ronde A7

TABLE RONDE A7 : Exil et migration

Thames W. BORGES (France/ Brésil), Ana Larticia R. NUNES (Brésil), Cigala P. IGLESIAS (Brésil) & Marie Rose MORO (France)

Histoires des familles en exil : l’approche de la Clinique Transculturelle

La transmission c’est l’engrais de l’ancrage familiale dans un clan, un groupe. Lorsqu’on voyage se déplace vers l’inconnu, ce qui peut faire peur. Le phénomène migratoire est toujours accompagné d’un processus de déracinement fragilisant l’enveloppe culturelle des familles, en les rendant plus vulnérables à des expressions somatiques et psychiques des souffrances. Lorsque les liens se fragilisent, l’insertion sociale se rend plus difficile et il y a un risque d’exclusion sociale et collective. Nous envisageons de cheminer un parcours avec les familles des enfants dans un contexte de déracinement, migration et exil. Chemin tracé dans la co-construction du sens donné à cette souffrance psychique. Chemin faisant sur les dessins et les histoires, où la représentation imaginaire de la souffrance  est portée par la narrativité de chaque famille, imprégnée par les éléments culturels et contre transférentiels. Dans la Clinique Transculturelle, les familles migrantes sont invitées à raconter leurs histoires, dans le passée et le présent, en donnant du sens à chaque mot dans la reconstruction des liens. Le cliniciens sont aussi invités à revenir sur leur propre culture, leur parcours migratoire pour donner du sens à la souffrance psychique des familles déracinées. L’approche  transculturel est basé sur les principes du complémentarisme, le décentrage culturelle et l’universal psychique.

Mots-clés :  Migration, Déracinement, Narrativité, Clinique transculturelle.

Frédérique GIBERT (France, Apsylien)

De la déliaison mortifère à des enveloppes groupales soignantes.

Je présenterai  le travail d’accompagnement familial en binôme d’une famille confrontée à la maladie d’Alzheimer de la mère.  J’analyserai la nécessité de mettre en place différents feuillets de dispositifs groupaux afin de contenir la persécution et mélancolie familiale générée par les traumatismes  collectifs de la guerre d’Algérie qui viennent se télescoper avec les traumatismes individuels et familiaux. Je présenterai ainsi la nécessité de travailler l’inter transfert sur les différentes interfaces professionnelles afin de traiter le mortifère à l’œuvre dans le trans et intergénerationnel  des familles et équipes soignantes.

Mots clés : Histoire, famille, traumatisme, guerre, déracinement, maladie.

Svetlana HIERS (Université Paris Descartes, France/Russie)

Un homme de Yama. Traitement de la fracturation de soi.

Notre réflexion porte sur l’homme ordinaire dans la collimateur de l’Histoire, à partir de la psychothérapie d’un demandeur d’asile politique en France et de sa femme. L’homme a été enlevé et détenu pendant six mois dans une prison secrète à l’époque de la seconde guerre de Tchétchénie. Leur histoire familiale dramatique est spécifique à ce conflit où l’état russe instaura un système de violence et de peur, dont la pierre angulaire est la torture. Ces enlèvements font écho au destin de leurs grand-parents, déportés avec le peuple tchétchène en janvier 1944. Les questions qui nous animent sont comment intégrer l’expérience de l’innommable dans la vie de famille ? Comment leur récit s’inscrit dans l’histoire transgénérationnelle de leur clan (“teip”) ? Comment soigner la psychose post-traumatique, quand la cruauté est l’expression du pouvoir d’un régime totalitaire ?

Mots-clés : Demandeur d’asile politique – Violence d’état – Torture – Dissociation traumatique – Clinique du trauma

Table ronde A8

TABLE RONDE A8 : Configuration familiale et vie quotidienne

Graciela ANGELOZ & Matías LUZURIAG (Argentine)

Le Mythe de la Famille. Destin et Liberté           

Au sein de ce domaine, nous trouvons intéressant de mettre l’accent sur le concept de la famille, ou le mythe de la famille, en montrant qu’une grande partie de nos actes  dans notre vie quotidienne est le résultat de choix libres et bénéfiques  mais qui  peuvent être aussi déterminés par les stéréotypes, les schémas et les modèles culturels du passé, qui génèrent parfois plus de conflits que de solutions dans notre vie actuelle.

En se basant sur la théorie des représentations sociales (RRSS) représentée par Moscovici dans son ouvrage,  La Psychanalyse, son image et son public (1961), nous vous proposons d’étudier et d’examiner la portée (les aspects positifs et sains) et les limites de la perception (éléments stéréotypés, rigides et erronées) que nous avons en Occident à propos de ce que nous appelons l’institution familiale.

Pour cela, nous comprenons qu’il est essentiel d’analyser en premier, les stéréotypes  concernant les hommes et les femmes qui existent actuellement dans nos sociétés occidentales.

Mots-clés : homme, femme, mythe de la famille, institution familiale, stéréotypes

 

Catherine WEISMANN-ARCACHE (Université de Rouen, France)

La herse et le joug. Harcèlement scolaire et liens familiaux      

Le terme de harcèlement scolaire est relativement récent, il est défini et pris en compte par l’éducation Nationale. Ce terme signifiait la herse, outil agricole destiné à travailler la terre sans relâche, à la briser.

Nous nous interrogeons sur la prédominance de scénarios narcissiques de la parentalité aux fondements de l’histoire familiale de ces sujets harcelés, et sur le développement de relations d’emprise intra-familiale. L’étymologie du mots conjugal, vient  du mot joug qui signifie « attacher, atteler », mais aussi « soumettre ». Il est à la racine du verbe subjuguer qui associe la séduction à l’emprise.

Notre métaphore « la herse et le joug »  invite à l’exploration et la compréhension des modalités et enjeux subjectifs et intersubjectifs qui se jouent en famille et à l’école, en contexte de harcèlement scolaire. Quatre vignettes cliniques mettront en perspective les consultations familiales et entretiens individuels avec les adolescents.

Mots clés : Harcèlement scolaire, famille, emprise, séduction, scénario narcissique

Christine PEIFFER (Université Paris Descartes, France)

Ibrahim et l’école : un parcours semé d’embûches, à l’image de celui de sa famille en France

En dépit de la loi du 11 Février 2005, rendant possible l’accès à l’école ordinaire pour tout enfant en situation de handicap, l’application dans les faits n’est pas toujours simple : le cas d’Ibrahim, enfant de 5 ans atteint d’un trouble  du spectre autistique, vient témoigner  des embûches qu’il rencontre. Par son comportement dérangeant et douloureux, l’enfant exprime l’incompréhension du monde dans lequel on le projette. Son angoisse décuplée rejaillit sur ceux qui l’accompagnent et par identification projective, l’impuissance est ressentie par tous. Elle peut susciter des mouvements de violence envers les groupes qui l’accueillent (institutions médicales et scolaires),  à l’aune de ce qui est imposé à l’enfant … et peut-être aussi de ce qui fut imposé à sa famille, lors de son arrivée en France, il y a quelques décennies. Les entretiens menés avec le père de l’enfant ont permis de mieux cerner le traumatique qui se répète.

Mots-Clés : Elève, autisme, famille, exil, traumatismes.

Table ronde A9

TABLE RONDE A9 : Couple, historisation et processus thérapeutique

Louise ATANI-TORASSO (France)

Malaise dans le couple : historisation pathogène du lien conjugal        

Cette communication s’inspire de la recherche de son auteure sur le devenir sujet, en lien à soi, à autrui, à la pluralité des humains et au monde, en contexte de violences conjugales. Elle pose cette question : comment penser le malaise des couples confrontés à ces violences dans l’historisation de leur lien et de leur identité subjective ? En psychanalyse, l’histoire singulière ou commune d’un sujet se crée en élaborant et conjuguant vécu infantile (Freud, 1905, 1912-1913), juvénile (Benhaim, Rassial, Delaroche et Douville, 2006) et d’adultité (Gutton, 2013). A partir d’un matériel issu des entretiens cliniques auprès de 9 couples, l’auteure explore l’hypothèse d’une historisation pathogène par le couple de son vécu intersubjectif actuel et de ses héritages humains, interculturels, familiaux. Elle analyse la pathologie des modalités clé de cette historisation, enjeux œdipiens, espace transitionnel, temporalité psychique et mouvements transférentiels, puis présente un cas clinque.

Mots clé : clinique du couple, violences conjugales, historisation pathogène

 

Carl BAGNINI (Etats-Unis)

Le récit de deux analyses : un couple reprend son travail thérapeutique dix ans plus tard

Cette étude de cas décrit à dix ans d’intervalle les deux analyses du même couple. Les questions soulevées mettent en lumière la signification de l’inconscient, la temporalité du travail thérapeutique passé et présent et le triptyque thérapeutique. Le thérapeute affronte ses sentiments au sujet des résultats du travail limité de la première analyse et réexamine les influences multiples de l’inconscient et de la temporalité sur les problèmes non résolus de l’inconscient lors de la seconde analyse. La vie du couple évolue et les transferts et le contre-transfert sont examinés.

Mots clés : temps de l’inconscient, finalisation, internalisation, transfert, contre-transfert.

 

Christine MOISSENET (France)

Un processus précipité         

Revisitant le travail analytique avec un couple, je tenterai d’analyser la précipitation du processus d’évolution de celui-ci à travers la facette des dimensions temporelles croisées entre le passé, le présent et l’avenir de chacun des partenaires et du thérapeute. J’étudierai comment l’actuel d’évènements peut attaquer l’enveloppe de l’espace de travail, et faire trauma (« choc violent », qui fait « effraction » et a des « conséquences sur l’ensemble de l’organisation » Laplanche et Pontalis) et réveiller les fantasmes matricides de ce couple. Le mouvement de séparation amorcé  est alors précipité.

Mots clefs : histoire, couple, symptômes, trauma, répétition, attaque du cadre.

Table ronde A10

TABLE RONDE A10 : Tyrannie, expatriation et exil

Manon BOURGUIGNON (Université de Lausanne, Suisse)

Les destins de la transmission traumatique au temps du devenir parent : Le cas des enfants d’exilés politiques chiliens en Suisse.

La transmission psychique est la base de la constitution psychique et de la continuité civilisationnelle. Dans le cadre de notre thèse, nous nous intéressons aux destins de la transmission traumatique : qu’en est-il lorsque les enfants de victimes de violence collective deviennent parents à leur tour en exil ? En quoi consiste le travail de subjectivation de l’héritage d’un traumatisme collectif au temps du devenir parent en exil ? Telles sont les questions que nous explorons dans le cas précis des enfants d’exilés politiques chiliens qui vivent aujourd’hui en Suisse. Les premiers résultats témoignent de processus d’appropriation subjectivante et de différenciation face au poids de l’héritage traumatique. En effet, les remaniements identificatoires au temps du devenir parent remettent au travail les identifications qui s’inscrivent dans un maillage culturel, générationnel et temporel. Ce travail d’élaboration de l’héritage semble offrir ainsi au descendant une place dans le groupe familial mais aussi social.

Mots-clés : Transmission du traumatisme ; parentalité ; exil.

 

Cristina CALARASANU (Roumanie)

Les paroles de la Tyrannie.

On entend chaque jour de mots, mais on écoute encore vraiment ce qu’ils nous racontent? Extrémisme, totalitarisme, terrorisme, fondamentalisme sont des paroles pour nommer le danger, l’ennemi,  l’inquiétude, mais ou sont elles, dans la Grande Histoire, les traces de cettes paroles? Est-ce qu’on peut lire le présent dans le passé ou le futur dans l’aujourd’hui? Hannah Arendt, Victor Klemper, Czeslaw Milos, Václav Havel, Albert Camus, Fiodor Dostoievski, Eugène Ionesco, Peter Pomerantsev, voila des noms qui ont préfiguré les paroles de la tyrannie. Une courte histoire linguistique pendant le nazisme et le communisme va montrer le vide et le bisare du langage tyrannique, mais aussi sa fascination et sa magie. L’ouvrage écrit sous la motto: les frontières de mon langage sont les frontières de mon monde (Ludwig Wittgenstein) touchera des idées comme la double-pensée (G. Orwell), le post-vérité, le totalitarisme, l’urgence et l’exception, contrôle utopique, le novlangue. Si le sommeil de la raison engendrent des monstres, les paroles de la tyrannie sont les parents des „rhinocéros” (Eugène Ionesco).

Mots clés : Langage, Tyrannie, Grand Histoire, Totalitarisme, Frontière

 

Judith LORENTE, Inés ARAMBURU, Josep MERCADAL, Carles PEREZ-TESTOR (Universitat Ramon Llull, Barcelona, España)

Impact de la discrimination et de la communication des origines sur le concept de soi et l’identité ethnique dans un groupe d’adolescents adoptés au niveau international.

Sur la base d’un échantillonnage représentatif de cas d’adolescents adoptés au niveau international, et de leur famille respective, nous présentons une étude basée sur une méthodologie quantitative ayant pour objectif l’évaluation de l’impact que peuvent avoir la discrimination et la communication des origines dans l’auto-concept, l’identité ethnique ainsi que l’adaptation psycho-sociale du mineur. Les objectifs et méthodologie seront exposés durant la présentation. Les concepts d’identité ethnique et auto-concept dans le cadre de l’adoption seront aussi analysés sous un angle psycho-analytique.

Mots clé: Auto-concept, identité ethnique, adoption, adolescence.

Table ronde A11

TABLE RONDE A11 : Groupe de réflexion Lanus. Poligamie : passé, présent, passé dans le présent.

Valentin BARENBLIT, Guillermo y Léa BIGLIANI, S. y R. MOGUILLANSKY & Carlos SZLUSKI

Freud a utilisé des coupes historiques, des romans et des mythes pour tester ses théories et les construire. Le reportage télévisé sur une famille du nord-est du Brésil, peut offrir un modèle pour penser les tendances socio-psycho-anthropologique et inconscient de certaines configurations familiales. Dans un rêve, ils peuvent être contenues toutes les déterminations inconscientes dans un morceau de l’histoire véhiculée par un reportage télévisé, nous pouvons trouver les invariants du désir. Nous avons l’intention de réfléchir à une configuration particulière impliquant un « sertanejo », plusieurs couples et une couvée de cinquante enfants. Réfléchissez à: Polygamie, a) au Brésil entre ses habitants et les colons, b) comment les  formes actuelles « stabilisent » des familles, c) lié au désir de “vol” fraternel vindicatif, d) et le désir œdipien relation belle-mère/ beau-fils, e) et le sujet du pouvoir dans la compulsion de mettre un et / ou de tomber enceinte, f) l’infidélité pendant la grossesse.

Plénière 1

Séance Plénière 1 : La grande histoire dans le monde

René KAES (France)

Transformations de la problématique du lien. Le multiple, l’hétérogène et le singulier dans le malêtre contemporain

Dans la première partie de la conférence, j’exposerai une brève histoire du concept de lien dans le mouvement psychanalytique. J’essaierai de montrer que plusieurs modèles pratiques et théoriques se sont succédés, certains d’entre eux empruntant des concepts d’autres disciplines en les acculturant dans le corpus psychanalytiques. La problématique du lien a donc évolué et nous aurons à en dégager  des implications importantes quant à la mise en place du dispositif et du cadre, à la conception du champ transféro-contretransférentiel, à l’écoute et à l’interprétation.

Dans la seconde partie, j’introduirai une nouvelle problématique, organisée autour des catégories du Multiple, de l’Hétérogène et du Singulier. J’expliciterai en quoi la multiplicité, l’hétérogénéité et la singularité sont les constituants des processus d’appareillage des espaces et des temporalités psychiques mis en rapport les uns avec les autres et interférents entre eux en raison de leurs différences mais aussi de leurs correspondances.

Dans la troisième partie je mettrai ces catégories en travail dans l’analyse du malêtre contemporain, en proposant que les liens subissent les effets désorganisateurs de l’excès ou du défaut de la multiplicité, de l’hétérogénéité et de la singularité.

Mots-clés : Histoire du concept de lien – Psychanalyse du lien – Le Multiple – l’Hétérogène – Le Singulier – Appareillage des espaces psychiques – Malêtre

 Janine PUGET (Argentine)

Que faire de l’histoire et des histoires dans la vie quotidienne ?

L’histoire de chacun et les histoires occupent sans aucun doute une place dans la vie des familles et des couples. Mais ceci n’a pas toujours les mêmes effets. Est-ce qu’elles sont écoutées? Et dans ce cas « Comment et pourquoi ». Par moment l’histoire ou les histoires remplissent un vide, par moment au contraire elles offrent une possibilité d’ouverture, a d’autres moments elles prétendent expliquer le présent avec des outils qui ne servent á rien. Il y a des histoires qui se placent comme pièce de musée, d’autres qui se créent á partir du présent et d’autres qui permettent de penser… quelque chose… il faudra savoir qu’est-ce que ce quelque chose a á voir avec la vie quotidienne. Il s’agira alors de penser de quelle temporalité nous parlons.

Mots clés : le présent –  temporalités – expliquer

Daniela Lucarelli & Gabriela Tavazza (Italie)

Le lien de couple et l’usage idéologique et partagé d’aspects culturels

En partant de l’hypothèse de l’existence de correspondances entre des aspects de la culture, l’espace métapsychique des liens intersubjectifs, des aspects de l’espace psychique individuel, et de la considération que la souffrance est l’effet de ces correspondances, les auteures se proposent, à travers l’analyse d’un matériel clinique relatif au traitement d’un couple de septuagénaires, d’examiner la question. Les époux qui, à l’époque, avaient adhéré ensemble aux principes du mouvement de 68, en contestant les valeurs traditionnelles et les institutions, partageaient des valeurs communautaires et une attitude solidariste, et soutenaient une plus grande liberté de mœurs, la révolution sexuelle, l’émancipation par rapport à l’éthique familiale. L’adhésion idéologique à ce système de pensée semble avoir sollicité les parties psychotiques de la personnalité de chacun des membres du couple, qui se sont exprimées par des attaques du lien, des agis, le clivage et le déni. Le parcours thérapeutique montrera que ces parties psychotiques se sont manifestées progressivement dans l’espace de la réalité psychique partagée du couple sans la possibilité d’être pensées et transformées.

Mots clés : Culture, Souffrance intersubjective, Système idéologique, Attaque du lien, Parties psychotiques de la personnalité

Plénière 2

Séance plénière 2 : La grande histoire dans le monde

Sonia KLEIMAN (Argentine)

Le temps en mouvement. Histoire familiale. Evènement.

Dans ce travail nous allons nous interroger au sujet des expériences émotionnelles de liens qui se mettent en jeu dans un récit historique, dans les scènes qui se présentent dans une clinique des liens.

Même si les scènes se déploient dans des temps hétérogènes, les associations, elles, tendent à construire une chaîne de continuités qui part à la recherche des causes et des effets dans le passé à partir d’une linéarité historique.

Cette logique tente d’éluder la discontinuité, qui s’exprime dans la production de la scène des liens, dans cette situation inédite, dans cet affrontement des corps qui est en train d’avoir lieu.

Dans la multiplicité des signaux qui s’expriment dans une scène, nous proposons de donner place à une fugacité, qui défie et montre l’impossibilité d’un discours et de significations que tendent vers des points de clôture. Une telle fugacité n’annule pas le récit historique, elle met un frein à l’explication causale linéaire de la situation dans l’expérience de son advenir. Tel est le temps en mouvement, celui que l’on parcourt en le cartographiant.

Maria Lucia DE SOUZA CAMPOS PAIVA (Brésil)

Migration, souffrance psychique et différences culturelles

Les mouvements migratoires font partie de l’histoire de l’humanité. Aujourd’hui, les migrations sont au coeur de beaucoup de débats politiques à cause des impacts socio-politiques qui en découlent. Ces dernières années, dans l’imaginaire social brésilien, la migration vers des pays développés est devenue l’objet de désir de beaucoup de familles. Ce travail a pour but de discuter les vicissitudes que l’impact du processus migratoire produit dans la constitution de liens de famille et intersubjectifs. À partir de la présentation d’un cas clinique d’une famille brésilienne migrante qui a déménagé aux États-Unis, nous envisageons de discuter la question de la souffrance psychique du groupe familial, surtout l’intensité de la souffrance qui pèse sur les enfants. Comme il s’agit d’un travail thérapeutique où la question transculturelle est essentielle, le débat s’élargit et touche également la question du maniement nécessaire dans le travail avec ces familles migrantes.

Mots-clés : psychanalyse de couple et de famille ; famille immigrante ; lien de famille ; souffrance psychique, différences culturelles.

           

Lea S. de SETTON (Panamá)

Thérapie familiale au cours de 26 années d’histoire.

L’auteur présentera un processus de thérapie familiale sur 26 ans de son histoire. La famille a demandé d’initier le traitement pour traiter la douleur de votre enfant, qui avait commis le suicide un an plus tôt. L’alliance thérapeutique a permis à l’analyste d’être le point de référence qui les a aidés à grandir. Une continuité a été maintenue dans le temps, centrée sur le thérapeute. La stratégie de thérapie dynamique simultanée a été utilisée (Zinner, 1989), ou Situational (Losso, 2018), alternant thérapie individuelle, familiale et de couple dans différentes périodes et moments de la vie familiale. Dans le domaine de la famille des alliances inconscientes et mandats transgénérationnels (Losso, 1990) ont été observées.

Nous considérons que le psychanalyste a eu un rôle équivalent à celui du médecin de famille traditionnel, qui prend soin de tous au fil des ans.

Le processus thérapeutique s’est révélé être un mode d’enveloppe psychique familière, une «peau de groupe» (Anzieu, 1993, 1996, Houzel, 1996), qui a permis de confiner et de sécuriser l’ensemble du groupe.

Le thérapeute a travaillé comme une référence permanente qui pourrait aller en tout temps de crise.

Pierre BENGHOZI (France)

Le Néo-contenant narratif en thérapie psychanalytique familiale et de couple

A partir du travail de co-rêverie groupale en séance,  le néo-contenant narratif assure aux contenants familiaux et communautaires démaillés une fonction d’étayage alternatif, de néo-conteneur des transformations psychiques. Dans la perspective de Ricoeur d’« une identité narrative », le processus narratif est une co-construction inter- transsubjective  par le groupe des membres de la famille et  des thérapeutes. La fresque géo-narrative scénarise une néo histoire épique,  chimérique à partir de morceaux de réels saturés de silences et d’inavouables de l’histoire familiale « bricolée » ( Lévy Strauss), avec des figures narratives fictionnelles. Le néo-récit peut être verbal et non verbal, en creux, en pacte d’empreintes, palimpseste, héritier des bribes de la transmission transgénérationnelle du négatif, et en particulier de la transmission de la honte inconsciente familiale non élaborée. Cela suppose une posture contre-transférentielle d’accueil disponible à l’espace topique du préconscient groupal en thérapie psychanalytique de couple et de famille.

Mots clés : néocontenant narratif, étayage, remaillage des liens, co-rêverie,  émergence

IMPORTANT

Merci de vous inscrire à trois tables rondes maximum par jour.

INSCRIPTIONS AUX TABLES RONDES DU 26 JUILLET 2018

Interventions du 27 juillet 2018

Table ronde B1

TABLE RONDE B1 : Liens, famille et couple

 

Irma MOROSINI, Ezequiel A. JAROSLAVSKY, Lucia BALELLO & Fiorenza MILANO (AIPCF, Buenos Aires/Milan)

Groupe de travail: Délimitation conceptuelle du lien, de la relation d’objet et de l’intersubjectivité

Le lien est le concept princeps de la psychanalyse de couple et de famille ainsi que des différentes configurations de liens : le lien mère/nourrisson, les liens groupaux thérapeutiques, institutionnels et fraternels, etc.

Il est nécessaire par conséquent de préciser et de délimiter leur appartenance au champ théorique de la psychanalyse. Nous tiendrons compte des apports de Bion, de Bernard et de Kaës, entre autres.

Nous spécifierons la réalité psychique inconsciente du lien, produite par l’ensemble de ses membres, l’appareil psychique constitué par les liens qui la déterminent et les formations spécifiques du lien (alliances inconscientes, rêves résultant des configurations de liens, fonctions phoriques, etc.).

En ce qui a trait à la relation d’objet, nous étudierons ce concept dans la perspective kleinienne et établirons ses différences avec le lien.

Nous développerons ensuite l’origine historique du concept d’intersubjectivité et ses théories. Il existe différentes conceptions de l’intersubjectivité telles le versant descriptif (Brusset), l’apport original de Kaës au sujet de la métapsychologie de l’intersubjectivité et de la structure dynamique de l’espace psychique qui se crée entre deux ou plusieurs objets (espace intersubjectif avec ses formations spécifiques). Nous développerons également, à partir d’une perspective critique, l’intersubjectivité américaine (histoire du concept et ses développements dans la psychanalyse nord-américaine) (H. Tessier).

Mots clés : Lien – relation d’objet – intersubjectivité – espace intersubjectif – réalité psychique du lien – configurations de liens

 

Liliana ÁLVAREZ, Beatriz BURSTEIN, Susana CASAURANG, Manuel LISS & Nilda NEVES (Universidad UCES, Argentina)

Une famille possédant une Histoire : legs, secret, tragédie

Nous réfléchirons à la vie d’une famille tout au long de trois générations, au sein de laquelle la décomposition des liens porte atteinte au statut social, politique, économique et affectif de tous ses intégrants. En partant de l’analyse du film “Io sono l´amore”,  nous nous pencherons sur le type de réseau des liens  qui organise un fonctionnement familial traversé par le secret, la migration et par une forme de pouvoir exercé de façon despotique. Des aspects singuliers liés à l’identité, aux idéaux, au désir et à l’amour se teignent de logiques primitives qui demeurent masquées et embellies, cachant des conflits latents lesquels stagnent de façon toxique. Les histoires, les traditions et le contexte social perdent leur richesse en tant que legs, pour devenir plutôt des éléments porteurs d’une catastrophe familiale construite à partir de la perversion de leurs liens.

Mots clés : contexte historique social   migrations   trauma  secrets   liens toxiques

 

Célia VAZ (Université Catholique de Lyon, France)

Comment la tiercéité s’effectue chez un couple lesbien ?

Cette intervention tente de montrer le cheminement d’un couple lesbien pour fonder sa famille. Nous nous interrogeons sur ce qui motive le choix de fonder une famille malgré des traumatismes vécus par  les générations antérieures et inscrits activement dans leur propre histoire. En outre, le fantasme de mono-engendrement chez cette mère biologique s’accentue par le choix d’une conception de l’enfant via la procréation médicalement assistée. Nous verrons comment le fait de devenir mère  s’accompagne d’un désir de nourrir une relation symétrique et privilégiée avec son enfant. Ce désir vient inhiber la volonté de retrouver sa place d’amante au sein du couple. Il se conscientise chez cette mère au fur et à mesure que son fils grandit. Ce processus s’alimente en partie sur la difficulté de la mère sociale à adopter l’enfant. La place du tiers reste vacante, en attente d’être occupée. Nous verrons comment cette mère biologique se construit en cherchant des appuis et en s’identifiant à d’autres figures féminines et maternelles que celle de sa conjointe.

Mots clés : Homoparentalité – PMA – Transmission – Adoption – Tiers

                                                                                                        

Carles PEREZ-TESTOR, Cristina NOFUENTES, Maria Rosa COCA, Eva de QUADRAS, Myriam PALAU & Josep MERCADAL (Universitat Ramon Llull, Barcelona, España)

Nouvelle classification des troubles du couple: une proposition.

Depuis que la psychanalyse s’est intéressée aux conflits de couple, on s’est demandé si les classifications de tels conflits étaient nécessaires ou non. En 1956, Bela Mittelman a fourni une description diagnostique très intéressante et peu de temps après, en 1958, Winch a fait de même. Henry Dicks décrit en 1967 différents types de collusion qui ont également été recueillies par Guillermo Teruel (1970) en tant que classification diagnostique possible et Jürg Willi ou nous-mêmes (Perez-Testor, 2006) nous avons osé proposer un collusions disgnóstica de classification.Après la publication du travail de Robert Mendelsohn en 2009 dans lequel il apporte des contributions intéressantes, nous avons revu notre classement et nous voulons partager le résultat en présentant une nouvelle classification plus précise et opérationnelle.

Mots-clés: Collusion, Classification des troubles du couple

Table ronde B2

TABLE RONDE B2 : Nouvelles formes de parentalité : homoparentales, recomposées, adoptives

 

Cristina RIBEIRO DANTAS, Rebeca NONATO MACHADO & Terezinha FERES-CARNEIRO (Université PUC-Rio, Brésil)

Triade belle-mère-beau-fils-mère: réflexions sur le remariage

Le remariage apparait comme un représentant important des transformations dans la famille, permettant la création de nouveaux liens affectifs, en plus de permettre que l’exercice de la parentalité soit partagé par plusieurs adultes simultanément ou successivement. Le but de cette étude est la recherche de la perception de la belle-mère par rapport à la triade belle-mère-beau-fils-mère. Dans ce but, a été réalisée une recherche qualitative, dans laquelle ont été réalisés 16 entretiens avec des belles-mères issues de la classe socioéconomique moyenne. Il est à noter que l’interaction dans la triade est influencée par le processus d’élaboration du deuil de la précédente séparation, les différences de rôles, de genre  et le stéréotype de la mère « irremplaçable ». C’est vérifié que moins le deuil de l’issue conjugale est élaboré, plus la difficulté des ex-conjoints à discriminer la conjugalité de la parentalité est grande. En conséquence, le remariage du conjoint peut être vécu comme une attaque au narcissisme pour le sujet qui n’a pas refait sa vie amoureuse, projetant sur son ex-partenaire, la cause de toutes ses souffrances.

Mots clés: triade belle-mère-beau-fils ; séparation ; remariage ; élaboration du deuil.

 

Roberta GORISCHNIK & Sonia KLEIMAN (Argentine)

Deux mamans ? Deux papas ? Comment penser du point de vue de la psychanalyse le couple et la famille aujourd’hui.

Dans cet atelier, nous allons travailler à partir d’une courte édition du film réalisé par Lisa Cholodenko de l’année 2010 Tout va bien (Titre original : The kids are all right). Nous réfléchirons aux liens qui existent entre les couples et les familles d’aujourd’hui afin de déconstruire les catégories et les concepts qui sont ancrés dans nos pratiques. La théorie psychanalytique a assigné à la différence anatomique des sexes, une place centrale dans la constitution de la psyché. Le discours socioculturel – en même temps, a construit l’hétérosexualité comme la norme. A partir du langage et des liens de parenté, nous nommons des lieux et des fonctions qui ont acquis l’identité de genre et ont été considérés comme essentiels dans la constitution de la subjectivité.

Dans l’échange avec les participants, des questions seront posées. Certaines d’entre elles sont : Les dénominations, nominations et les fonctions de parenté sont-elles des exigences de la production subjective ? Les conceptualisations théoriques peuvent-elles être dissociées des prescriptions du discours socioculturel ? D’autres manières de tisser des liens sont-elles capables de produire de la subjectivité ou produisent-elles nécessairement une subjectivité faussée par rapport aux énoncés théoriques ?

           

Elizabeth PALACIOS & Alicia MONTSERRAT (Espagne)

A la recherche d’un lieu où il peut y avoir un lieu. À propos de configurations familières qui invitent à être pensées

Nous voulons souligner notre préoccupation et la priorité que nous accordons à nos interventions cliniques pour travailler avec les familles contemporaines, ce qui représente un véritable défi pour nous dans notre travail quotidien.

La dimension sociale de l’être humain et l’impact dans notre clinique de phénomènes culturels aussi divers que les migrations, la marginalisation, les guerres ou la survie de l’esprit dans des conditions extrêmes sont des questions qui nous préoccupent en tant qu’analystes familiaux. Le monde que nous devons vivre exige de nous le pouvoir de soulever des problèmes qui ne peuvent être traités que comme des manifestations de conflits intrapsychiques, mais nous sommes forcés d’articuler avec les dimensions psychiques une vision anthropologique complexe où le point de vue économique, politique et sociale ne peuvent être ignorés en favorisant la nécessité d’un travail interdisciplinaire. Nous présenterons le travail effectué avec une famille subsaharienne dans le contexte d’une ONG qui travaille avec les enfants et les familles à risque de vulnérabilité sociale.

Mots clés : psychanalyse familiale, contrat intersubjectif, trans-subjectif, transgénérationnel, contrat social.

Table ronde B3

TABLE RONDE B3 : Parentalité et conjugalité

Anne BOISSEUIL (France)

Devenir parent d’un adolescent autiste

L’adolescence est un processus psychique individuel mais aussi familial. La crise adolescente du jeune pubère a un effet topdown (Roussillon, 2009) sur les parents. Pour un autiste, la remobilisation identificatoire et identitaire de cette période utilise des fonctionnements archaïques, narcissiques et oedipiens où la sensorialité est première.

La problématique du corps et de ses éprouvés est un enjeu de subjectivation pour le jeune mais aussi pour ceux qui l’entourent, sa famille au premier plan ainsi que le groupe social. H. Suarez-Labat (2017) souligne la fragilité psychosomatique des parents d’enfants autistes dès lors que ceux-ci s’autonomisent psychiquement. Notre propos va être, au travers de thérapies d’adolescents et de propos de familles, d’aborder la question de la puberté d’adolescents autiste, du point de vue de leur famille.

Est-ce qu’il y a un risque psychique pour ces parents ? Les mouvements psychiques, fantasmatiques de ces jeunes peuvent être déniés, voire rabattu du côté d’un somatique non symbolisé, est-ce une organisation défensive familiale ? Nous aborderons alors le processus psychique des parents de ces adolescents.

Mots-clefs : parents, autisme, adolescent, corps

 

Charlène GUEGUEN (France)

Métamorphoses conjugales et périnatales. L’arrivée d’un premier enfant au sein du couple

Pour le couple, le devenir parent représente un bouleversement de la dynamique relationnelle conjugale dans laquelle vont devoir s’inscrire les places de conjoints, d’amants et de parents. La crise conjugale dans la période périnatale se nourrit des conflits intimes rejoués au niveau parental et de la réactivation des éléments conscients et inconscients mis en commun au moment de la fondation du couple. Dans ce contexte, nous avons mené une recherche qualitative longitudinale afin de mieux comprendre comment les réaménagements psychiques du lien conjugal peuvent contribuer ou non à la construction du devenir parent. Huit couples hétérosexuels primipares ont été rencontrés aux quatrième et septième mois de grossesse puis aux trois mois de l’enfant, pendant lesquels des entretiens semi-structurés conjugaux et individuels étaient passés. Enfin, une observation filmée d’une séquence de jeu libre a eu lieu aux trois mois de l’enfant. Les résultats montrent pour une partie des couples, une évolution du lien tendant vers une désorganisation, notamment perçue à travers un décalage de plus en plus important entre les représentations du couple par chacun des conjoints et un ajustement dyadique de moins bonne qualité. D’autre part, nous observons un réaménagement du lien conjugal se caractérisant par une réorganisation du lien pour les autres couples chez qui nous pouvons relever un investissement de la parentalité de meilleure qualité, plus particulièrement concernant l’alliance triadique. Nous mettons en avant chez ces derniers, l’émergence d’une anticipation conjugale périnatale, source d’un investissement parental et d’une évolution du lien conjugal qui semble de meilleure qualité.

Mots clés : Lien conjugal – Parentalité – Grossesse – Représentations parentales – Coparentalité

 

Monique BRILLAUX, Caroline DAVID, Anaïs RAVIER (France)

Quand le pronostic vital se penche sur le berceau : angoisse de mort et traumatisme familial

À partir de deux vignettes cliniques, nous illustrerons l’impact de l’angoisse de mort, lors de la naissance d’un nouveau né, sur la parentalité et dans l’histoire familiale.

Ainsi, la naissance de Simon (né très grand prématuré) et de Lola (pour laquelle une suspicion de trouble neurologique sévère a été évoqué) créa un vécu traumatique dont nous percevons, des années plus tard, lors de consultations en CAMSP, les effets dans le lien et dans l’économie familiale. Le fonctionnement parental opératoire, la tyrannie et l’hyperactivation du lien, les mécanismes maniaques sont autant de manifestations du traumatisme vécu dans la construction parentale et dans les liens familiaux.

Il s’agira alors, pour nous soignants, de nous questionner sur l’accueil de cette souffrance, de cette sidération initiale pour permettre une élaboration du vécu traumatique au travers de la création d’une nouvelle histoire favorisant ainsi une mise en récit de l’histoire familiale et une appropriation subjective.

Mots clés : Angoisse de mort – mécanisme de défense – traumatisme – parentalité – famille.

Table ronde B4

TABLE RONDE B4 : Etranger, déracinement, recomposition familiale

 

Haydée POPPER-GURASSA (France)

La rencontre avec l’étranger

La rencontre avec l’étranger engage un mouvement paradoxal vers l’autre.  Qu’est-ce qui le différencie puisque ÊTRE est déjà être différent, propriété intrinsèque à l’être humain dans toute sa complexité. Lorsque l’autre se voit identifié à son altérité il se trouve exclu de la convivialité qui nous rassemble » Néanmoins, c’est à travers sa qualité de semblable que l’autre se prête aux  projections de ce qui  trouble ou effraie. Être tout autre et être le même représente quelque  chose d’inquiétant.

Les difficultés de cette rencontre avec l’étranger et les expressions de la haine à son égard, se sont manifestées d’une manière dramatique  entre les membres d’une famille, au cours d’une thérapie familiale. Une vignette clinique de ce cas sera développée. Ces difficultés ont  conduit à une réflexion sur  conditions d’un véritable accueil, condition première de la fonction analytique. Elles ont également questionné la place du  thérapeute en tant qu’étranger.

Mots clé : accueil – étranger – thérapie familiale

 

Maria Angélica de CAMPOS & Maria do CARMO CINTRA DE ALMEIDA PRADO (Brésil)

“Un pour tous, tous pour un”: abandon, trauma et pacte de famille

Le déracinement familial d’une fillette de 10 ans a provoqué des vécus d’abandon, associés à l’impossibilité d’entrer dans le système scolaire et  le conséquent isolement. Ces circonstances, avec des effets traumatiques, ont eu des répercussions transgénérationnelles, favorisant des pactes aliénants renforcés par la difficulté d’articulation verbale, avec des impasses dans la communication extrafamiliale et dans les performances scolaires, mises en évidence notamment par l’un des enfants. Le groupe familial était fermé sur lui-même et sa loyauté favorisait des limites psychiques mal définies, avec des alliances inconscientes rigides et des obstacles pour le développement personnel, puisque la séparation était vécue comme trahison. La TFP s’est montrée un défi pour les co-thérapeutes, à cause de la difficulté à comprendre ce qui était dit, bien que la compréhension se passait parmi les membres qui voulaient néanmoins être compris. Le fait d’ une des thérapeutes « parler différemment » pour être portugaise a facilité le traitement.

Mots-clés: famille; trauma; transgénérationnalité; alliances inconscientes; communication.

 

Beatriz MATOSO (Portugal)

Est-ce que je veux aller vivre avec ma mère ?

On prétend montrer comment l’exercice déficitaire de la fonction parentale rend difficile le processos d’intégration du “Moi” et empêche la constitution de la subjectivité des enfants.

Dans la famille en étude il y a trois enfants: un garçon et une fille de 6 ans, signalisée comme “porte-symptôme” est de race noire, fille d’une ex-petite amie du père. En plus d’autres manifestations de la souffrance familiale, Senhorinha, depuis la naissance de sa petite soeur, hostilize sa belle-mère en affirmant son désir de vivre avec sa mère, de qui elle est séparée depuis cinq ans et vit en Suisse avec ses autres enfants.

La thérapie a commencé il y a un an et demi , au rythme d’une séance par semaine et elle a contribué à améliorer le relationnement et à développer la capacité de penser et “l’insight” de cette famille.

Mots- clés: Parentalité, subjectivation, transgénérationnel, resilience, confiance.

Table ronde B5

TABLE RONDE B5 : Les liens mère-fille, mère-fils

 

Armelle CHOUPAS (Université Paris-Descartes, France)

Thelma et Louise. Un voyage mère-fille sur l’entre-deux

Thelma, 40 ans et sa fille Louise, 17 ans viennent me voir car Louise traverse une période difficile.

Thelma parle « elle a toujours tout supporté mais je crois que cette fois c’est trop pour elle ».

Trop, le départ des pères ;

Trop, l’entre-deux pays : le Brésil et la France ;

Trop, l’entre-deux pères : les pères et les beaux-pères ;

Trop, l’hyperphagie de Louise, qui ressemble à l’hyperphagie de Thelma ;

Louise parle « ma mère, c’est tout pour moi, c’est ce que j’aime le plus au monde ».

La contagiosité au sens d’une plus grande perméabilité à l’autre est nécessaire pour pouvoir se laisser suffisamment imprégner par l’affect de l’autre, l’introjecter et le transformer pour s’individualiser. La contagion par l’affect est possible par une défaillance protectrice et une transmission par identification. Nous appelons « perméabilité confuse »[1], ces sous-perméabilité et sur-perméabilité qui rendent possibles le phénomène de contamination.

Mots clés : Identification – contagiosité des affects – perméabilité confuse – transgénérationnel – voyage

Brigitte BLANQUET (Université Catholique de Lyon, France)

« Telle mère, telle fille ? » L’étape (passage) par l’IVE : une mise à jour de l’initiateur.

A l’aide de la situation d’une adolescente, nous éclairerons le processus d’actualisation. Nous montrerons que pour cette jeune fille, le passage par l’IVG constitue une manière de revisiter l’histoire de sa mère, d’interroger le sens de ses origines et de sortir de l’ambiguïte moi non-moi au sens de J Bleger.

 

Ondina GRECO (Université Catholique de Milan, Italie)

Grandir sans père: le travail psychanalytique avec la dyade « mère seule et fils »

Dans les familles monoparentale les fils –abandonnés par le père avant ou juste après leur naissance- portent le nom de la mère, en dévoilant ainsi d’être connotés par une absence même au niveaux de la « filiation instituée » (Guyotat, 1980)

Souvent dans ces situations, les mères, qui ont du régler les comptes avec l’absence du partner dès les premiers mois après la naissance du fils, ont tendance à normaliser la situation,  tandis que les fils vont à la recherche des stratégies qui leur donnent la possibilité de poser la question de qui est absent et pourquoi.

Pendant la thérapie familiale avec les dyades mère-fils on peut observer le processus spontané de construction de symboles par les fils, comme dans les cas cliniques présentés.

Dans ces situations, un des objectifs de la thérapie familiale c’est de favoriser le processus de construction des symboles pour que les questions concernant le thème de qui est absent peuvent être posées de façon explicite.

Mots clé : familles  monoparentales, père absent, niveaux symbolique, besoins contradictoires, construction de symboles.

[1] En reprenant le concept de parentalité confuse de G. Decherf

Table ronde B6

TABLE RONDE B6 : Violence et filiation

 

Mario DE VINCENZO & Gina TROISI (France)

L’amour et la violence. Clinique des collusions mortifères

Cette réflexion nous permettra de penser les dynamiques inconscientes qui fondent les liens de couple marqués par la violence traumatique. Grâce à une lecture qui tient compte de l’enchevêtrement des aspects politiques et inconscients qui fondent le lien social et les liens de couples nous explorerons les affects qui paralysent l’activité psychique de la femme qui a subi violence. Même si la clinique avec des femmes ayant subi des violences conjugales ne se base pas sur une pratique thérapeutique de couple, il nous semble incontournable penser en termes de couple interne pour comprendre les alliances inconscients qui soudent ces liens mortifères. Nous emprunterons le concept d’aliénation et de relation passionnelle de Piera Aulagnier afin de saisir les destins de la pensée et la place du sujet lorsque la clinique nous confronte à la mort dans la vie et l’amour jusqu’à la mort.

Mots clés : violence envers les femmes, affects, paralysie de la pensée, aliénation.

 

Ricardo REY, Roberto LOSSO, Ana Packciarz LOSSO, Maria Marcela AMENTA, Maria Fernanda RIVAS, Edda RODONI, Guadalupe MORAIS, Agueda GIMENEZ, Linda G. MARACAL (APA, Argentine)

« Mes parents ne sont pas mes parents » Traitement d’une patiente avec un délire de filiation

Nous présentons le cas d’une jeune fille, M, de 31 ans, qui subitement avait subi une fuite psychotique, abandonnant la maison familiale  avec un délire de filiation, affirmant que “mes parents ne sont pas mes parents”. M était convaincue qu’elle n’est pas argentine, qu’elle était née en Uruguay, et que ses parents étaient des terroristes uruguayens tués par le gouvernement militaire uruguayen. Après une hospitalisation psychiatrique, quand elle a quitté l’hôpital, elle a refusé les médicaments et l’aide psychoanalitique. Elle a continué à dire que ses parents ne sont pas ses parents.

Alors, on a décidé de commencer un traitement avec le couple parental pendant 3 mois (12 réunions) Ça a permis de comprendre les mécanismes impliqués dans l’histoire familiale du père et de la mère, et le lien fraternel entre M et ses frères et sœurs. Cette intervention a permis une mutation des liens. Cette mutation a fait possible commencer un traitement psychanalytique individuel avec M. Pendant le traitement on a réussi à atteindre l’effacement de son idée délirante.

On a travaillé avec la hypothèse que si ses parents ne sont pas ses parents, ça implique qu’en quelques moments les parents et la patiente ont occupé certains lieux que nous pouvons relier avec leur histoire familiale ancestral, soit dans l’histoire de la famille maternelle comme celle de la famille paternelle.

Le délire de filiation est une manière de dénoncer une vérité du jeux des liens qui avait été ignoré jusqu´à ce moment.

Mots clé: délire de filiation, thérapie familial, deuil traumatique

Graciela V. CONSOLI (Argentine)

Confusions et secrets

Dans ce travail, nous partons des concepts freudiens au sujet de la transmission psychique, et nous travaillons aussi sur les concepts de crypte, de transmission transgénérationnelle, de contrat narcissique et de la fonction mythopoïétique.

Comme nous le savons tous, les traumatismes subis dans les générations précédentes, qui sont transmises de façon inconsciente, affectent les générations actuelles, en générant des désordres qui entravent leurs performances dans la vie quotidienne, sans avoir l’air d’avoir aucune relation avec eux. Et c’est ainsi que cela se passe dans le cas clinique qui servira d’illustration.

Il s’agit d’un patient en traitement psychanalytique individuel, un homme sur la quarantaine, qui, sans être psychotique, présentait une confusion et une désorganisation significatives dans sa vie quotidienne et professionnelle. En découvrant un secret de famille caché, impliquant son grand-père paternel, il a été observé que ces aspects inquiétants furent considérablement modifiés. Ce secret, qui affectait son affiliation avec son grand-père, puisqu’il n’était pas le vrai père de son père, faisait partie de ses difficultés manifestes.

Mots clé : Transmission psychique. Crypte. Transmission transgénérationnelle.  Contrat narcissique. Fonction mythopoïétique. Cas clinique.

Table ronde B7

TABLE RONDE B7 : Deuils, adoption et culture

 

Célia BLINI (Brésil)

Histoire d’une adoption forgée

Il s’agit d’une adoption produite dans la troisième génération. La grand-mère maternelle a peur que sa fille aînée, célibataire, tombe enceinte d’un homme quelconque.  En outre, elle est convaincue que l’intérêt que les hommes portent aux femmes n’est que sexuel, niant le lien amoureux. Très ferme dans sa manière de définir la vie et le monde, elle semble avoir été déterminante dans l’éducation de sa fille. Plus tard, celle-ci aura beaucoup d’hémorragies et constatera qu’elle ne pourra pas avoir d’ enfants. Elle se mariera avec un homme qui ne peut pas en avoir non plus. Pendant que les parents travaillent, en tant que grand-tante, elle s’occupe tous les jours du bébé de son frère. Petit à petit, elle le persuade de son impossiblité à lui de s’occuper du bébé pour des raisons pratiques et financières, lui proposant d’adopter son fils. L’on observe ici que la transgénérationnalité détermine cette adoption dramatique.

 

Oliviera SIZALDA (Brésil)

Héritage psychique. (En) conformité avec l’héritage transgénérationnel : De la conquête au désir dans la dépression secrète

Portugal, pays de contrastes et de clivages, où s’insère la souffrance psychique d’un peuple. Cette souffrance s’exprime par la très forte prévalence et l’incidence de la dépression, l’une des plus élevées d’Europe et la principale cause de suicide. En tant que marque de la culture portugaise met en évidence le fado, où vous entrez dans la destination, le désir, le sacrifice, mais en même temps et est, paradoxalement, les réalisations d’un peuple, de découvertes, où l’irrévérence prend une forme dominante singulière d’action. La interfantasmático de réunion, des liens narcissiques et objet et transmission assurer la mise en place et l’entretien du groupe familial, qui répète et perpétue le sujet de l’objet de choix et le pouvoir de la chaîne générationnelle. Quel héritage psychique sous-tend cette expérience psychique? Quel héritage est transmis et qui emprisonne ses héritiers? Une revue historique basée sur le point de vue d’un sujet soumis aux héritages biopsychosocial et culturel du groupe.

Mots clés : Dépression, transgénérationnel, héritage psychique, marque d’identité

 

Bruno LE CLEF (Belgique)

Une néo-famille : rupture anthropologique et reproduction de non-deuils au sein des groupes familiaux par la procréation médicalement assistée (PMA)

Les techniques de procréation médicalement assistée servent à apaiser des souffrances d’adultes confrontés à l’impossibilité d’assouvir le désir d’être parents. Ces techniques révolutionnent les systèmes de parenté à des degrés divers et par ce fait, bousculent l’Histoire. La situation abordée nous plongera dans l’aménagement des souffrances familiales transgénérationnelles des partenaires. Celles-ci font suite, notamment à des deuils traumatiques qui ont produit des mécanismes de rupture. Nous verrons que les strates qui composent ces deuils et qui activent l’imaginaire peuvent se reproduire dans la réalité en épousant la structure même de la technique de PMA choisie. De cette sorte, la technique d’engendrement apparaît ici comme une tentative paradoxale de contourner des deuils transgénérationnels non-identifiés en reproduisant leur ancienne nature. La pétrification d’un impensé-impensable s’invite dès lors aux séances…

Mots clés : Néo-famille, Procréation médicalement assistée (PMA), Deuils traumatiques, Anthropologie, Système de parenté

Table ronde B8

TABLE RONDE B8 : Les liens fraternels

 

Andrea SEIXAS MAGALHAES, Terezinha FERES-CARNEIRO & Rebeca NONATO-MACHADO (Université PUC-Rio, Brésil)

La puissance des liens fraternels, face à la violence sociale

Les liens fraternels se sont avérés de plus en plus importants dans les situations de précarité économique, surtout dans les contextes de la violence sociale. Dans la clinique avec des familles pauvres, étant donné la fragilité du réseau de soutien familial, il parait fondamental la réalisation d’un travail d’élaboration des contenus psychiques, permettant d’etablir un reseau familial contenant. Dans le présent travail, nous réfléchissons sur la puissance des liens fraternels, face à la violence sociale, dans la clinique auprès des familles. A partir du matériel clinique d’une famille accueillie au service de psychologie appliquée (SPA) à l’Université PUC-Rio, nous élaborons des réflexions sur la place de la fratrie dans la psychothérapie des familles dans un contexte de précarité et de violence sociale. La famille en question, est composée d’une mère et quatre enfants, trois filles (13 ans, 10 ans et 9 ans) et un garçon (7 ans), qui ont vécus des situations traumatiques au cours d’une période d’intervention de la police dans une favela à Rio de Janeiro.

Mots clés: fraternité, violence, clinique avec les familles, les traumatismes, precarité sociale.

 

Grégoire THIBOUVILLE (Université Paris 13, France/Nouvelle-Calédonie)

Violence adelphique. Psychothérapie culturelle de deux frères mélanésiens

Il s’agit de partager une expérience de psychothérapie culturelle de deux frères mélanésiens. Le thérapeute en situation allogène reçoit la violence adelphique durant des séances hebdomadaires d’une heure. Les  frères se mettent en danger dans une destructivité menaçant leur assise narcissique réciproque en construction. Ils mettent à mal l’institution de la protection de l’enfance qui les accueille. C’est ainsi que l’équipe mobilise le psychologue et analyste de groupe pour qu’il travaille avec eux, dans un espace intermédiaire culturel. Ce dernier permet à ces frères de mettre un terme à leur rivalité voire leur désir fratricide.

Par les apports de la psychanalyse groupale et grâce aux travaux de René Kaës sur Le complexe fraternel (2007), il est proposé de discuter d’un complexe fraternel « élargi ».

Il se révèle donc le moyen de (re)créer une histoire familiale et générationnelle dans un contexte ethnoculturel singulier en Nouvelle-Calédonie.

Mots-clés: violence adelphique – Mélanésie – psychanalyse groupale – Cultures – Complexe fraternel « élargi »

 

Maria Luiza DIAS GARCIA (Brésil)

Une chambre, trois enfants et une enfance hantée

Ce travail parle de l’élaboration du deuil au niveau intra, inter et transpsychique dans une famille où une femme a vécu la mort de deux filles dans le premier mariage. Le fils du deuxième mariage (4 ans) a un retard dans le développement du langage, considéré comme un enfant autiste, bien qu’il soit assez actif, sociable et communicatif. Cette mère a commencé une deuxième relation lourde de douleurs et de souvenirs de la maladie et de la mort de ses filles, installant son fils dans la chambre des filles décédées. L’accent sera mis sur les mouvements transférentiels et contre-transférentiels ainsi que sur l’utilisation de techniques de médiation. L’écriture et la musique ont servi d’espace d’expression, permettant de revivre des scènes traumatisantes mal élaborées et de les resignifier. L’enfant a donc pu verbaliser des mots et des phrases. Pour conclure, l’élaboration de deuils précédents est fondamentale pour favoriser de nouveaux liens.

Mots-clés : deuil – trauma – conjugalité – médiation – maniement

Table ronde B9

TABLE RONDE B9 : Adoption, parentification et communication familiale

Renata MELLO, Terezinha FERES-CARNEIRO & Andrea SEIXAS MAGLHAES (Université PUC-Rio, Brésil)

L’enfant parentifié et sa famille : dialogue entre Ferenczi et Boszormenyi-Nagy

Dans notre expérience clinique, nous nous confrontons fréquemment aux processus d’inversion générationnelle au sein de la famille, à travers desquels les enfants adoptent une posture parentale vis-à-vis des adultes importants pour leurs existence. Dans cette étude, nous nous pencherons sur la pratique clinique d’enfant parentifié et sa famille, en nous appuyant sur les travaux de deux auteurs hongrois : le psychanalyste Ferenczi et le psychothérapeute familial Boszormenyi-Nagy. Du premier, nous observons les notions du nourrisson savant et du déni ; et du second, celles de la parentification et de la reconnaissance. Nous considérons que l’articulation de la dimension intrapsychique et intersubjective construit une possibilité d’écoute de l’analyste capable de répondre à la complexité de la clinique auprès des familles. Pour enrichir ce débat, nous présenterons une vignette clinique. Nous constatons qu’un des objectifs du travail de l’analyste est le rétablissement de la confiance dans l’ambiance familiale.

Mots-clés : nourrisson savant ; déni ; parentification ; reconnaissance ; confiance.

 

Elena BONASSI (Italie)

Histoires anciennes et nouveaux jeux. Psychothérapie familiale dans un cas de sévère phobie scolaire et sociale

Un garçon de 12 ans se retire de l’école et se rend à la DH psychiatrique du NPI de l’Université de Turin.

Je réponds à la demande d’aide en proposant non pas une thérapie individuelle mais la psychothérapie de la famille qui apporte sur la scène les racines anciennes et communes du malaise et leur réédition dans les séances. Comme on le verra dans l’ expositiòn extensif du matériel clinique,  cette nouvelle expérience vécue dans la dynamique du transfert et du contre-transfert pour reouvrirà les jeux et créerà la possibilité d’écrire une nouvelle histoire.

Mots-clés: psychothérapie familiale, transfert, contre-transfert, temporalité

 

Josep MERCADAL, Ines ARAMBURU & Carles PEREZ-TESTOR (Universitat Ramon Llull, Barcelona, España)

La communication familiale ouverte et l’ajustement psychologique comme prédicteurs de l’attachement sûr des adolescents adoptés au niveau international

But: Cette recherche visait à étudier l’importance de l’attachement chez les adolescents adoptés internationalement. Nous considérons que l’attachement sécurisé est la meilleure garantie du bon développement émotionnel et le but principal que les parents devraient avoir pour obtenir leurs enfants adoptés, car cela permettra aux adolescents de créer leur identité avec plus de sécurité avant d’entrer dans l’âge adulte. Nous pensons donc que la communication familiale d’ouverture et l’ajustement psychologique sont en corrélation avec un attachement sécurisé avec la mère, le père et les pairs. Méthode: Participants: 52 adolescents adoptés internationalement, 24 garçons (âge M = 14,16, ET = 1,3) et 28 filles (âge M = 14,14, ET = 1,6), et leurs parents respectifs ont accepté de participer volontairement à cette étude. Instruments: 1. Entrevue avec un parent adoptif; 2. L’inventaire des parents et des pairs (IPPA); 3. Adoption Communication Scale (ACS); 4. Youth-Self Report Qüestionaire (YSR).

Résultats: Les ANOVA ont été calculées entre chaque paire de variables potentiellement prédictives. Ainsi, il a été vérifié s’il existait des différences entre l’attachement (sûr, évitant ou ambivalent) de chacune des figures significatives (mère, père et pairs) avec la communication familiale, la communication avec le père et avec la mère et l’ajustement psychologique global (problèmes totaux), problèmes d’internalisation et d’externalisation. Nous avons également effectué une analyse de régression pour le style d’attachement de la mère, du père et des pairs séparément. Dans un premier temps, nous avons introduit individuellement les variables prédictives «ajustement psychologique» et «communication familiale» pour effectuer une régression logistique binaire.

Conclusions: En ce qui concerne notre première hypothèse selon laquelle il y aurait des différences entre l’adaptation psychologique et l’attachement sûr avec la mère, le père et les pairs, nous avons confirmé que l’attachement est sécurisé avec la mère, le père et les pairs. À propos de la communication familiale d’ouverture, nous avons également confirmé que la communication familiale d’ouverture est significativement liée à un attachement sécurisé avec la mère et le père, et non les pairs. Notre seconde hypothèse selon laquelle la communication d’ouverture familiale et l’ajustement psychologique étaient prédictifs d’un attachement sûr a été pleinement confirmée, même en contrôlant l’ajustement psychologique.

Mots clés: adoption internationale, attachement, communication familiale, ajustement psychologique

Table ronde B10

TABLE RONDE B10 : Le transgénérationnel entre parentalité et conjugalité

Claudio MARUOTTOLO & Cecilia LLORENS-HERRERA (Espagne)

L’écoute différent dans la psychothérapie parentale et familiale. Troisième topique et psychanalyse de troisième génération

Avec la désignation de troisième topique en 2013, le corpus de la psychanalyse comprend deux principes utiles pour la métapsychologie et la clinique. La première, la pensée complexe, et la seconde, la subjectivité comme lieu anthropologique-culturel incorporé dans la psyché. Avec l’inclusion de ce troisième topique, la neuropsychanalyse, la psychologie psychanalytique et l’anthropologie psychanalytique sont inextricablement intégrées à l’analyse biologique, psychologique et sociale des sujets dans la culture. Ce troisième topique intègre les concepts préexistants et actuels d’utilité dans la clinique de tous les dispositifs psychanalytiques.

Dans la présente étude, nous aborderons le sujet de l’écoute différente dans la thérapie psychanalytique du couple et de la famille, de l’attachement, de l’interfantaisie et de l’intersubjectivité dans l’habitus à travers des cas cliniques.

Mots-clés: Troisième sujet, subjectivité, troisième génération et psychanalyse du couple et de la famille

 

Miri LANGE (Israël)

La dynamique inconsciente de l’Histoire et des histoires familiales et conjugales dans la rencontre entre parentalité et conjugalité

Il y en a qui séparent la fonction thérapeutique de la guidance parentale, de la thérapie de couple psychanalytique. À mon avis, le  champ emotionnel  personel, relationel et  entre les générations, etant nourri par l’Histoire et  les recits  familiaux et conjugaux  , trouve  differents canaux d’expression, aboutissant aux preocupations du couple en temps que parents et couple conjugal.

Dans cette presentation je rapporte le recit de la therapie d’un couple de parents  et  l’approche théorique et clinique qui  me guide pour comprendre comment l’Histoire et les recits  familiaux et conjugaux s’expriment  dans les relations parents- enfants  et la relation de couple.  Je démontrerai comment la plongée dans l’Histoire et dans les recits  familiaux et conjugaux révèle la dynamique inconsciente qui  sous-tend  la rencontre entre la parentalité et la conjugalite.

Mots clés: état d’esprit de couple; clinic de lien; croiyances inconscientes; identification projective; parentalite ; transmission intergénérationnelle du trauma

 

Flavia COSTA-STRAUCH (Brésil)

Le choix du partenaire à travers le temps

Ce texte présente un bref historique de trois différents mouvements de la constitution d’un couple. Depuis le patriarcat, rompu par le romantisme, jusqu’à l’ère actuelle, terminant par un exposé clinique sur l’histoire d’un couple.

Mots-clés: histoire, choix, mariage, amour, roman.

Plénière 3

Séance plénière 3 : Les processus thérapeutiques en psychanalyse familiale et de couple

David SCHARFF & Jill SCHARFF (Etats-Unis)

Une brève intervention psychanalytique pour une famille chinoise avec deux jeunes enfants

Les auteurs présenteront un document de 20 minutes décrivant un traitement familial chinois, réalisé à l’aide d’un traducteur, pour illustrer le mouvement dynamique en 5 séances. Le patient index est un garçon de 10 ans qui souffre de des rituels obsessionnels, des hésitations et une salivation excessive. Inhabituel pour la Chine, cette famille a un deuxième enfant, une petite fille. La famille se plaint du stress de l’école, d’une mère déprimée et en colère, d’un père surchargé et préoccupé, d’une grand-mère critique, d’un conflit sur la nutrition et le sommeil, et d’une lourde atmosphère familiale. Les séances en couple et en famille montrent le conflit entre les parents, l’impact de la génération précédente sur la relation de couple et son effet sur les enfants, le travail d’équipe de co-thérapeute, l’utilisation de l’imagerie et la technique de jeu (y compris le jeu de “Squiggle”) dans le contexte familial. Finalement, la pièce révèle une confusion sous-jacente sur l’identité et le privilège et un transfert familial aux thérapeutes américains.

 

Roberto LOSSO, Ana Packciarz LOSSO & Anabella Sosa de BOSTRELLA (Argentine)

Le « cadre situationnel » en psychanalyse familiale

Dans la  pratique contemporaine de la psychanalyse de famille et de couple nous nous trouvons  chaque fois plus  fréquemment avec des organisations familiales qui ne sont pas les traditionnelles.  C’est particulièrement  fréquente la consultation des “nouvelles  familles” (ou familles “recomposées”) ou de familles en procès de divorce, et aussi comme –-moins souvent – celles de  familles uniparentales et celles de  familles constituées autour de couples homosexuels.

Nous nous sommes basés sur les idées de Pichon Rivière, qui dans ses  classes affirmait  « le cadre nous le portons avec nous »  Nous  adaptons le cadre aux besoins  des situations qui se présentent à chaque instant du procès thérapeutique. Ainsi, et selon les  besoins du  procès, nous travaillons avec le groupe  familial « complet », avec des sous-groupes  (couples de parents, parents avec leurs nouveaux partenaires,  groupes d’enfants, sous-groupes d’enfants avec chacun des parents, etcetera. Nous dénommons cette cadre,  “cadre situationnel”. Nous considérons que ce cadre permet  une meilleure adéquation aux besoins du procès à chaque instant. En outre, on montre comme,  dans certaines circonstances, les variations du cadre peuvent avoir un sens  interprétatif.  On  illustrera avec le cas clinique d’une famille avec des parents en procès de divorce.

Mots-clés : famille, divorce, nouvelles familles,  cadre, cadre situationnel

Timothy KEOGH & Cynthia GREGORY-ROBERTS (Australie)

Une intervention psychanalytique à court terme avec un couple peut-elle être utile?

Cet article décrit une intervention psychanalytique à court terme proposée et une évaluation associée, conçue pour les couples éprouvant des deuils compliqués. Ce modèle a été développé par Penthos, une organisation caritative psychanalytique récemment établie pour les couples et les familles en Australie. L’article se réfère à la troisième édition de l’Open-Door Review (2016) qui a une fois de plus démontré l’efficacité du traitement psychanalytique dans ses formes à court et à long terme, allant de la dépression aux troubles de la personnalité. Il est noté qu’il existe un certain nombre de modèles d’interventions à court terme qui ont été utilisés dans le traitement des individus, y compris. Dynamic Interpersonal Therapy, qui a obtenu la reconnaissance par le National Health Service (NHS) au Royaume-Uni, résultant en une plus large disponibilité publique du traitement psychanalytique. Comme de nombreux traitements à court terme, cette approche comprend un accent centré sur le transfert et le contre-transfert et, accessoirement, sur l’inconscient. Dans cet article, les auteurs soulignent les avantages potentiels ainsi que les défis inhérents à l’offre d’une intervention aussi brève par l’entremise d’un organisme de bienfaisance et invitent les cliniciens expérimentés à discuter de ces questions lors d’une table ronde.Mots clés: intervention à court terme, Deuil compliqué, couples, familles, évaluation.

 

Mary MORGAN (Angleterre)

Relations intimes : l’amour et la haine au présent, au passé et au futur.

Cet exposé explore la juxtaposition de l’amour et de la haine dans les relations intimes. Il traite de notre narcissisme et de notre difficulté à être avec un « autre », de notre (in)compréhension réciproque, de la désillusion à laquelle nous nous heurtons et du besoin de séparation qui fait partie de l’intimité. Gérer la haine qui fait partie de l’amour est un défi pour toutes les relations. Dans certaines relations, la haine se fait sous-terraine et a un impact insidieux sur la relation. Toutefois, si la relation se développe et est capable d’un bon fonctionnement, les relations internes conflictuelles du passé, présentes dans l’espace interne de chacun des partenaires peuvent être retravaillées. En outre, si le couple peut contenir la haine dans le contexte de l’amour, les partenaires peuvent faire face à leurs différences, renforçant ainsi une relation qui sera créative dans le futur. La mise en place d’une relation de couple créative à l’intérieur de chaque partenaire, sert de ressource pour chacun individuellement ainsi que pour le couple.

Mots clés : amour, haine, passé présent et futur

IMPORTANT

Merci de vous inscrire à trois tables rondes maximum par jour.

INSCRIPTIONS AUX TABLES RONDES DU 27 JUILLET 2018

Interventions du 28 juillet 2018

Table ronde C1

TABLE RONDE C1 : Spécificités du dispositif multifamilial

Norberto MASCARO & Andrés MASCARO (Espagne)

De la Psychanalyse Familiale au Groupe de Psychanalyse Multifamiliale : La dimension familiale de la psychanalyse

Le titre rappelle l’idée d’un chemin parcouru. La dimension familiale de la psychanalyse est présente dans la pensée de S. Freud. L’étude psychanalytique de la famille a permis d’approfondir nos connaissances sur l’origine et le traitement des maladies mentales graves.

L’essor des disciplines axées sur l’environnement de l’être humain et sa culture a permis d’étudier des groupes de population plus larges. La pratique du Groupe de Psychanalyse Multifamiliale (GPMF) est la conséquence de ce développement.

Le GPMF représente une « mini société » qui offre un éventail d’expériences variées et où se mêlent différents modèles familiaux. Il permet d’aborder les conflits inter et trans générationnels à l’ origine des interdépendances pathogènes et de travailler sur les transferts multiples et dispersés. Enfin, la meilleure compréhension des multiples dimensions de la psyché a permis de nous rapprocher du sujet sous un triple registre psychique : individuel, familial et social.

Mots clés : Group de Psychanalyse Multifamiliale, mini société et interdépendances pathogènes.

 

Claudio MARUOTTOLO, Josean FERNANDEZ & Cecilia LLORENS-HERRERA

Le processus d’identification et de différenciation en psychanalyse multifamiliale. Similitudes et différences avec les psychothérapies psychanalytiques du couple et de la famille.

L’identification est reconnue en psychanalyse comme un mécanisme central dans la compréhension du psychisme, d développement psychosexuel psychique et des adoptions de pratiques sociales dans la culture de l’appartenance, à la formation des symptômes. En psychothérapie psychanalytique, l’utilisation de ces opérations de liaison complexes est nécessaire pour fournir les conditions du changement psychique.

Du point de vue du groupe de psychanalyse multifamiliale (GPMF), le processus d’identification et de différenciation, au cours de la psychothérapie entre les familles, sera essentiel à l’acquisition de nouvelles ressources ego authentiques

Dans le présent travail, nous traiterons spécifiquement de l’acquisition de l’identité de rôle dans les couples et les familles qui participent au GPMF et de sa relation avec le processus d’identification et de différenciation. Nous établirons les similitudes et les différences avec le couple et les psychothérapies de la famille nucléaire à travers l’analyse d’un cas clinique.

Mots-clés: GPMF; identification différenciation; identité de rôle

 

Florencio MONEO (Espagne)

Psychanalyse multifamilial, une histoire de délinquence.

(Chambre complète. Tous assis. 49 participans. Silence. El psychothérapeute 1 ferme la porte. Silence profond. Ce sont deux cercles concentriques de chaises).

-Pouvez-vous commencer?

-Oui.

-Oui. Oui. La porte a déjà été fermée.

-Je veux parler… je me sens très mal… il y a deux ans…mon père est mort… je me sens très mal… ça m´a fait beaucoup de mal… je me suis sentí soulagé… parce qu´il est mort…j´aurais aimé me réconcilier avec lui… d´autre part… être avec lui… le jour de sa mort… mais je n´ai pas… je me sens très mal… et maintenant… la mémoire me détruit… je suis une personne… s´ils me blessent… je reste haïr… 24 heures…

Mots clés : Psychanalyse, la multi, délinquence, technique, nouvelle pensée.

 

Nicolas RABAIN (France)

Psychanalyse multifamiliale et roman familial de l’adolescent

La psychanalyse multifamiliale, qui consiste à réunir plusieurs patients et leurs parents autour de cothérapeutes, est à ce jour peu connue en France. L’objectif de cette communication est de contribuer à la promotion de cette nouvelle approche thérapeutique à l’adolescence. Car ce dispositif contribue aux différentes opérations qui conduisent au désinvestissement des objets parentaux, paradoxalement en la présence de ces derniers.  En prenant appui sur un matériel inter- et transgénérationnel et sur les jeux identificatoires entre les participants, nous montrons comment les assemblées multifamiliales relancent les capacités associatives, la conflictualité interne ainsi que le redéploiement de la libido sur des objets de substitution. Notre contribution vise autrement dit à promouvoir l’orientation psychanalytique de ce dispositif, également héritier de l’orientation systémique.

Mots clés : Adolescence – Conflit psychique – Élaboration – Intergénérationnel –Psychanalyse multifamiliale.

 

Alberto TREYSSAC (Argentine)

Les réunions multifamiliales comme réseau de soutien

L’auteur présente son expérience de coordination dans un Foyer possédant un Centre de Jour pour des patients adolescents et adultes handicapés mentaux. Il rapporte les difficultés quotidiennes qui se produisent au niveau institutionnel et aussi bien avec les groupes de patients que d’assistants, professionnels, enseignants et essentiellement avec les familles. Ces nombreuses difficultés, relatives à la mort, aux abandons, aux accusations entre membres d’une famille, ont engendré le besoin de créer un dispositif qui puisse être efficace du point de vue thérapeutique. C’est ainsi que surgirent les réunions multifamiliales au sein desquelles sont travaillés ensemble les thèmes provenant aussi bien des familles que des membres de l’institution. Il se crée alors une histoire de famille à l’intérieur d’autres histoires, en révisant et en consolidant les réseaux de soutien à travers l’appartenance.

Mots clés : Handicap mental – hospitalisation – réunions multifamiliales – réseaux de soutien – appartenance.

Table ronde C2

TABLE RONDE C2 : Institution, sujet et généalogie

 

Maurice BERGER (France)

L’histoire psychanalytique d’une institution thérapeutique

Tout humain appartient à un groupe, familial, culturel, institutionnel, ou autre. Et toute institution a une histoire. Nous proposons de parcourir l’histoire d’une institution soignante spécialisée dans la prise en charge en internat d’enfants extrêmement violents et de leur famille, histoire marquée par une révolution conceptuelle : le projet psychanalytique de départ, une psychothérapie intensive au rythme de cinq séances par semaines pour aider les sujets à modifier leurs représentations intrapsychiques, s’est révélé inefficace, et l’équipe a dû créer des dispositifs très contenants, mobilisant différentes fonctions parentales chez elle, pour que ces mineurs commencent à penser. Le psychanalyste chef de service doit se référer au concept de « tâche à effectuer » (Kernberg), avoir un rôle de témoin impliqué de ce que vit l’équipe sans la plaindre, et être la mémoire de l’histoire. Seule une élaboration permanente maintient ce ciment entre les professionnels qu’est le plaisir de la co-créativité.

Mots clés :  co-créativité, contenance, enfance, institution, violence

 

Ruth LEVISKY (Brésil)

Labyrinthe d’histoires dans la vie et en clinique.

Le poids des héritages transgénérationnels s’impose et est imposé au cours des générations. Des mutations survenues en clinique et dans la société amènent l’analyste à créer un labyrinthe de configurations mentales pour comprendre et interpréter les différentes dynamiques familiales. Ces transformations sont le produit de l’entrelacement de reconfigurations complexes d’histoires de vie. L’auteur analyse les différents chemins techniques parcourus dans l’analyse d’une famille et ses angoisses face à l’inusité. Ce travail a pour objectif d’alimenter la discussion sur : 1. L’importance des histoires et de leurs legs dans la formation du sujet et de la subjectivité ; 2.Comment les histoires sont-elles racontées et comment sont-elles entendues et ressenties par le psychanalyste et par la famille ; 3. La flexibilité mentale et créative de l’analyste pour le développement de nouveaux modèles de travail ; 4. De quelles familles sommes-nous en train de parler ? 5. Changements des configurations et des processus de l’élaboration œdipienne, de la structure narcissique et des conflits fraternels, présents dans le rapport transfert-contretransfert.

Mots clés : variantes techniques ; histoires et legs ; créativité de l’analyste ; œdipe ; narcissisme

 

Muriel KATZ-GILBERT & Giuseppe LO PICCOLO (Suisse)

La libre réalisation de l’arbre généalogique : une médiation projective au service du travail d’historicisation

La libre réalisation de l’arbre généalogique constitue une médiation projective utile dans le champ d’étude de la transmission psychique entre génération. Notre communication vise à montrer la pertinence d’un tel outil dans la rencontre clinique pour explorer la teneur de la fantasmatique originaire chez des sujets victimes de violences collectives. Considéré comme un crime généalogique, l’extermination d’un peuple fait de certains liens de filiation sa cible privilégiée. Comment, alors, des sujets rescapés de la Shoah s’inscrivent-ils fantasmatiquement dans leur généalogie ? Quels sont les possibles traces traumatiques que révèle la rencontre médiatisée par la libre réalisation de l’arbre généalogique ? Par ce travail, nous nous proposons de montrer comment un crime de masse tel que le génocide entraîne des répercussions psychiques sur plusieurs générations, ce que l’on peut considérer comme une catastrophe de la filiation. Mais aussi comment la dimension médiatrice et projective du dispositif se met au service du travail d’historicisation et de remémoration de l’histoire familiale et collective chez un descendant d’un survivant de la Shoah.

Mots-clés : libre réalisation de l’arbre généalogique, transmission psychique, fantasmes originaires, médiation projective, génocide

Table ronde C3

TABLE RONDE C3 : Dimensions temporelles croisées : présent, passé et futur

Gemma TRAPANESE & Santa PARRELLO (Italie)

La terreur qui vient du futur

À travers la présentation d’un cas clinique d’une famille multi problématique, suivie en cothérapie, les auteurs proposent une exploration de la riche fantasmatique  occupant le champ du cadre psychanalytique familial. Le cas interroge sur quelques modalités de transmission transgénérationnelle de la douleur mentale. L’entrecroisement entre intrapsychique, interpsychique et transpsychique est rendu accessible à partir des interactions dans l’ici et maintenant de la séance. La famille est composée par les parents et deux filles, de 5 et 9 ans. Le couple demande un aide pour le hurlement angoissé et apparemment inexplicable de la fille cadette. L’appareil psychique groupal, activé par le cadre familial, a rendu reconnaissable le pacte collusif du couple et un précis système primitif de défenses interpersonnelles, caractérisées par le transport de la douleur psychique et dominées par des colonisations et des identifications aliénantes. L’attention aux mouvements transfero-contre transférentiels a permis de lire un processus initial de transformation tendant à rapporter l’ordre générationnel et à réactiver l’espoir.

Mots-clés : Famille multi problématique, transmission transgénérationnelle, mort, identifications aliénantes, pacte collusif.

 

Caroline SEHON (Etats-Unis)

Analyse individuelle et thérapie familiale

Cette discussion de cas explorera les avantages de l’utilisation d’un modèle de thérapie familiale dans lequel une analyse individuelle de l’enfant est effectuée simultanément avec le travail des parents, par le même clinicien. Ce psychanalyste discutera de la raison d’être de la conception de cette stratégie de traitement pour cette famille particulière. Cette étude fournira des vignettes de la thérapie infantile et des sessions parentales. Les éléments de transfert et de contre-transfert seront examinés, en particulier en étudiant comment l’intégration de ces éléments, dans ces contextes de traitement distincts mais interreliés, peut fournir une perspective enrichie permettant d’envisager le traitement de la famille dans son ensemble. Le cas se rapporte à la théorie des liens et aux concepts de champs analytiques à travers une explication des implications intergénérationnelles et professionnelles du réseau des thérapies concurrentes.

 

Penelope JOOLS (Autralie)

Un modèle pour le développement émotionnel des couples: comment s’intègrent les relations narcissiques ?

L’auteur interroge l’utilité d’un modèle de développement, en particulier en ce qui concerne les relations narcissiques dans les couples. Comment gérer le manque de «capacité négative» dans un couple dont le jeu consiste à se contrôler mutuellement? Comment traitons-nous notre propre blessure narcissique dans l’échec d’un couple à utiliser l’intervention thérapeutique d’une manière qui favorise leur croissance émotionnelle?L’auteur fait partie d’une organisation australienne qui travaille psychothérapeutiquement avec les couples et les familles. (CAFPAA) Au fil du temps, le groupe a développé un modèle basé sur le travail de Klein, Bion et Fairbairn qui aide à comprendre le développement émotionnel d’une famille ou d’un couple. (Jools, Berg et Byrne, 2018, Keogh et Enfield, 2013). Le modèle suggère également des techniques thérapeutiques qui pourraient être très utiles pour engager le couple ou la famille à réfléchir sur leurs difficultés d’une manière qui favorise la capacité de curiosité sur l’esprit de l’autre intime.

Mots-clés: Le travail de l’analyste: différences techniques et « mondes superposés ».

Table ronde C4

TABLE RONDE C4 : Méthodes de recherche : groupe, institution et famille

VIDEOR 5 : Moreno GAUDENZI, Cristina BERTOGNA, Gigliola TESSARI, Michele TREVISANATO, Rodolfo PICCIULIN (Italie)

Méthode de recherche sur le rêve dans les groupes

Les contenus des rêves sont absolument véridiques par le groupe composé de Cristina Bertogna, Gigliola Tessari, Michele Trevisanato, Rudy Picciulin, Moreno Gaudenzi, et les images sont une invitation évocatrice à réfléchir sur certaines questions dans un chantier de construction ouvert, à savoir notre travail de recherche. Le groupe s’est réuni sept fois, lors de réunions de cinq heures. Le thème que nous avons abordé est la psychanalyse et la groupalité par rapport aux nouveaux objets présentés dans le domaine clinique ; ce thème est alors devenu rêve et émergent d’un groupe de recherche selon la Conception Opérationnelle du Groupe, qui trait des réflexions sur les pratiques théoriques et cliniques dans le domaine du groupe.La structure du rêve apparaît comme un « modèle » de réflexion sur le groupe, puisqu’il nous conduit à adopter différentes perspectives sur la réalité, toutes structurellement valables. Ainsi, le rêve devient émergent du procès de groupe lorsqu’il configure un modèle des relations présentes dans le groupe, dans l’ici et maintenant. Le confinement du groupe a offert une hospitalité prolongée capable d’accueillir même les couches les plus archaïques du notre esprit, en nous offrant la possibilité d’écouter et de rêver ce qu’il passait. Nous avons survécu au moins à deux tremblements de terre, à plusieurs défections et nous avons ressenti le besoin de reconstruire quelque chose : ce qui existait auparavant ou autre ? Et où faire ça, près de l’endroit d’origine ? On s’entrevoyait des antécédents de communauté de migrants, d’institutions effondrées, de groupes dispersés et d’identités brisées. Comment entreprendre un chemin de reconstruction ? Où faire ça et avec qui ? Assumer en tant que groupe une tâche de recherche liée à la conception opérationnelle crée un tremblement de terre, déstabilise le groupe interne / les institutions internes. La recherche, la voie à suivre, nous oblige à nous débarrasser de ce qui n’est pas strictement nécessaire pour trouver des outils appropriés dans une hypothétique maison commune. Armando Bauleo disait : « La tâche donnerait une identité au groupe, car elle permettrait d’écraser les participants, en leur enlevant leurs masques qui renforcent les stéréotypes de leur comportement ». La situation de groupe nous a permis de « rêver les rêves » comme une « voie d’accès » au latente, à l’imaginaire qui se formait dans la contrainte de groupe-tâche ; le rêve, comme un émergent, a attiré l’attention sur la dynamique manifeste / latente de la structure du groupe en jeu. C’est dans la nature de la recherche que l’émergent est placée dans une relation dialectique entre conceptualisation, pratique et implication personnelle. Nous devions supporter différents niveaux de connaissance et différents cadres de référence, même avec une certaine frustration, pour permettre à nos cinq réciproques groupes internes d’entrer en conflit pour se rencontrer et se développer. Les rêves se sont présentés comme expression condensée des aspects de la tâche. Nous avons dû aussi supporter une « participation physique-somatiforme » de chacun de nous, pour développer des pensées ; les émergents, cependant, ont besoin d’un temps de gestation avant de les comprendre, qui constitue le but de l’interprétation. La transformation doit donc avoir à faire avec la possibilité d’un regard kaléidoscopique capable d’articuler sensorialité et rêves, individu et groupe, manifeste et latente, anciennes et nouvelles théories, avant et après Armando. Nous pouvons penser que la transformation en groupe est le moment où le sujet émerge, ou en d’autres termes : lorsque le groupe est à l’intérieur de la tâche, les sujets émergent. Les transformations se produisent après un deuil, en répartissant des questions, des contradictions et des progrès de nos enseignants et pionniers qui ont fait des efforts constants pour conceptualiser leurs observations cliniques. L’héritage est dans la MÉTHODE.

 

Alberto KONICHECKIS, Silvia ZORNIG & Fernanda RIBEIRO PALERMO (Université Rio et Paris Descartes, Brésil/France)

Etude de cas Esther Bick

Il sera présenté une étude de cas qui s’est passé avec une famille, dont les triplés, Lia, Fernando et Joaquim, ont été conçus par un traitement d’assistance médicale à la procréation. Il s’agit d’une recherche longitudinale, qui a été effectuée d’après la méthode d’observation d’Esther Bick (1964) pendant la première année de vie des enfants. Les données de cette analyse nous permettent de révéler un certain nombre d’aspects constitutifs de la famille, comment la formation du couple parentale et la création d’un tissu relationnel environnemental. Elles rendent possible aussi de rendre évidente les modalités des transmissions entre les générations ainsi de repérer comment elles se retrouvent chez chaque membre de la famille. Alors, après une présentation de quelques éléments conceptuels à propos du devenir parent, de la transmission psychique et de l’affiliation, il sera présenté le cas a fin d’illustrer ces concepts et enrichir la discussion.

Mots clés : transmissions générationnelles, affiliation, observation des bébés, procréation médicale assisté, triplés.

 

Manuela PORTO , Lúcia ABRANTES, Sérgio BOÍNHO, Pedro MARTINS, João Paulo RIBEIRO, Maria João VENCESLAU (Portugal)

Comment le meta-cadre influence-t-il le cadre thérapeutique dans les institutions ? Quelques institutions Portugaises.

Nous entendons par meta-cadre l’ensemble des conditions et circonstances, appartenant à l’institution même, en incluant sa propre histoire et les aspects de la  transmission générationnel, et que ont de l’influence sur la création et le développement du cadre thérapeutique. Mais, il nous faut aussi analyser des enveloppes plus amples, avec répercussion dans la vie des institutions et du cadre thérapeutique. Nous irons  désigner, par des raisons d’opérationnalité, comme ‘macro-cadre’, ce qui est constitué par les circonstances advenues des politiques publiques.

Au Portugal, on est en train d’assister à un désinvestissement progressif des interventions plus durables ; l’abordage dynamique est en train de disparaitre, de plus en plus, des Services Publiques et de quelques institutions privées, et est en train d’être substituée par une perspective plus biologique. De plus en plus, il y a de la pression, de la part de la gestion publique, pour la couverture de la population sans recourir à l’augmentation des recours ou à l’articulation des services.

Tout ceci se reflète au niveau des dynamiques institutionnelles, soit sur le patient, soit sur le thérapeute et les équipes.

_ Quel impact aura cette situation, qui est ressentie comme une forme de violence et d’attaque à une relation humanisée, sur les thérapeutes et leurs patients ?

_ Quels effets sur l’interfantasmatization, et sur les mouvements transfer-contratransferentiels ?

Mots-clés : institution, cadre, meta-cadre, violence, transférence- contretransférence

Table ronde C5

TABLE RONDE C5 : Approche plurielle en psychanalyse des couples

Barbara BIANCHINI (Italie)

Le modèle du champ analytique dans le développement de la psychothérapie psychanalytique de couple.

Mon propos dans ce travail sera de montrer comment l’un des objectifs du travail analytique avec des couples peut être de faire progresser la capacité de tolérer et de métaboliser les pensées et les sentiments sans contenant et dérangeants produits par la relation de couple. Pour ce faire, je considère que le modèle du champ analytique, tel qu’il a été développé par A. Ferro et l’école de Pavie, peut être particulièrement utile pour favoriser le développement des instruments pour penser ensemble et le « tissage » de nouvelles narrations co-construites entre le thérapeute et chaque membre du couple. La séance de couple devient un rêve des appareils psychiques où convergent, se superposent, se croisent des histoires différentes issues de lieux et de temps différents du champ lui-même. L’expérience partagée est celle de la libre circulation d’états émotionnels, d’affects, de pensées, de personnages, avec l’analyste (lui aussi lieu du champ) qui garantit le setting et en assure la sauvegarde, tout en suscitant une activité créatrice parce qu’il réoriente la perception et le sens de la relation.

Mots clés: psychothérapie psychanalytique de couple, champ analytique, développement des instruments pour penser

Judith Christine PICKERING (Australie)

Transformations dans « O in Love »: une application de la pensée de Bion au couple.

Cet article prend l’histoire de Bion pour montrer comment ses théories se sont développées à partir de sa propre histoire et de son autobiographie. Il applique ensuite la pensée clinique de Bion au domaine de la psychothérapie psychanalytique avec les couples. Il soutient que le concept de Bion de O est un concept relationnel et que nous devenons qui nous sommes à travers nos relations. Pourtant, de nombreux obstacles psychologiques entravent une telle réalisation, en particulier celle qui concerne les traumatismes relationnels non résolus et la perte de nos histoires familiales, y compris le domaine intergénérationnel. Par des processus inconscients d’identifications projectives mutuelles, chaque partenaire conscrit involontairement l’autre pour jouer un rôle dans la répétition de vieilles histoires, créant une scène traumatique imbriquée entremêlée qui détourne la relation, empêchant l’intimité véritable de s’épanouir. Illustré de matériel clinique, cet article retrace le difficile terrain psychologique menant à devenir O dans et par l’amour.

Mots-clés: scènes traumatiques imbriquées, fait choisi conjoint, O.

 

Schlomit BEN LAVY (Israël)

Pertes multiples dans un couple : sommes-nous frères et soeurs ou somme-nous un couple ?

Les enfants ayant grandi dans une famille élargie (donc dans le même foyer) et qui deviennent un couple, partagent-ils la même expérience de vie ? Le récit de leurs couples et leurs schémas relationnels ont-ils quelque chose en commun ? Quels sont les obstacles et difficultés auxquels ils sont confrontés ? J’aborderai ces questions à travers l’étude de cas de Gill et Debby, un couple juif religieux quarantenaire qui vit dans un village traditionnel, en Israël, au sein d’une famille élargie. Ils sont mariés depuis 22 ans et ils ont 2 enfants. Leurs grands-pères étaient des frères et leurs grand-mères étaient des sœurs. Suite à la mort tragique du père de Gill, ils ont été élevés depuis leur plus tendre enfance dans le même foyer. Ils ont commencé une thérapie il y a plus d’un an, quand Debby a réalisé qu’ils étaient ruinés, à cause d’une addiction de Gill aux jeux. Une rage intense a éclaté entre eux, et elle est à l’origine de nombreuses pertes et traumatismes

Table ronde C6

TABLE RONDE C6 : Problématiques contemporaines de l’analyste de couple et famille

Souad BEN HAMED (Tunisie/France)

L’écoute de l’analyste et la menace de la surdité en psychanalyse de couple et de famille

Une famille d’artistes, vivant dans un rythme migratoire devenu habituel, marquant une difficulté d’investissement d’un espace habitable qui les pousse à multiplier les maisons tout en étant liés fantasmatiquement à une seule maison appartenant à la famille grand-maternelle qu’ils n’ont jamais occupée en dehors de quelques périodes de vacances. Nous présenterons cette situation clinique tout en proposant différentes orientations possibles d’écoute, d’interprétation et d’analyse. Ceci nous permettra de reprendre le questionnement très intéressant de S. Wainrib : « Lorsqu’un collègue nous présente son travail, l’interprétation du matériel clinique tend souvent à s’orienter en fonction de son appartenance (…). Ne lui resterait-il plus qu’à (…) mener l’analyse dans la direction des buts fixés à la cure ? » S. Wainrib propose de revisiter la position subjectale de l’analyste qui rassemble plusieurs éléments en son sein. Nous étudierons quelques-uns de ses éléments en lien avec la situation clinique proposée.

Mots-clés : Position subjectale – Espace habitable – Drogue – Incestuel – Perverssion narcissique

 

Maria DO CARMO CINTRA DE ALMEIDA PRADO (Brésil)

Changement de sexe : au-delà de l’idéalisation

Deux candidats à vaginoplastie nous ont montré leur disponibilité à se soumettre à une chirurgie mutilatoire et irréversible, sans qu’ils aient aucune idée de qui ils sont ou désirent, avec des liens familiaux brisés ou inexistants, sans moyen de subsistance et sans aucun lien social. En ce qui concerne aux parents à l’enfance, rapports fragmentés des faits dispersés montrent une expérience relationnelle gelé, sans engagement émotionnel ou intime des parents  par rapport aux enfants, bien que  l’ agression paternelle était présente en termes de violence physique ou psychique. Sans registre des faits émotionnellement importants dans l’expérience psychique enfantine, on observe des échecs douloureux en ce qui concerne l’ identité primaire. Des images d’homme et de femme mises en jeu ne se situent pas au niveau génital et cherchent à s’éliminer mutuellement, en exigeant ensuite l’émasculation de l’ homme pour que la femme puisse exister, ce qui rend évident les dégâts à propos de la bissexualité psychique. Par la chirurgie on ne cherche pas une identification narcissique dont l’image souhaitée soit utilisée comme miroir du self. En se présentant comme un recours trop idéalisé, elle est vue comme solution pour la condition existentielle ou simplement comme une possibilité d’accès à des situations plutôt modestes dans un premier temps, comme aller à la plage, mais en plus, il semble y avoir un phénomène idolâtré où la chirurgie elle-même devient un objet fétiche sacré.

Francesco BIONDI & Angela BARCHIELLI (Italie)

Famille agissante

  1. a 24 ans, est un enfant unique, la colère semble imprégner tous les aspects de sa vie.

Il éprouve du mépris pour son père et a peur d’être «infecté» par sa stupidité. Un épisode récent l’inquiète: à cause de son coup de pied, le chien «stupide» de l’ex-fille est mort.

Des sessions individuelles dominées par des problèmes avec les parents, suggèrent la nécessité d’une thérapie familiale que se développe progressivement, accompagné d’une production riche de rêves.  Les séances individuelles se poursuivent en même temps.

Les parents ont des difficultés conjugales et semblent incapables de le traiter; F. estime qu’il doit protéger sa mère et contrôler son père.

De l’histoire émerge en tant que les parents, ne pas vu (mentalisé) dans leurs familles d’origine, reçu quelques  difficultés à communiquer et mener à bien leur rôle.

A travers le passage a l’acte e la colère F. communique l’impasse de sa famille et l’effet des éléments transgénérationnelles.

Mots clés: famille, agissante, mentalisation, rêve, transgénérationnelles

Table ronde C7

TABLE RONDE C7 : Travail institutionnel avec les familles et les couples

Anne-Claire DOBRZYNSKI (Université Lyon 2 Lumière, France)

Mise au travail de l’héritage transgénérationnel sur la scène psychique interinstitutionnelle

À travers le commettage, langage subjectif de l’agir délictuel, Jean presque 16 ans, toujours son sac sur le dos, convoque sa mère sur la scène de l’exil familial face à la dictature, scène du déracinement, effet d’une violence politique dont elle a été témoin.

Au cœur de l’accompagnement transdisciplinaire dans un cadre pénal, notamment dans les espaces interstitiels de la scène interinstitutionnelle, les alliances inconscientes aliénantes dans le lien mère-fils se déplacent dans la relation entre la mère et l’éducatrice. Cette dernière exprime qu’elle se sent happée, dépossédée de son libre-arbitre. Dans le même mouvement, des alliances inconscientes structurantes se tissent entre Jean et l’éducatrice. Ce qui pourrait se lire comme un manque de distance de l’éducatrice vis-à-vis de la mère et de Jean se transforme, grâce au travail clinique dans les groupes internes de cette scène psychique singulière et plurielle, en processus subjectivant pour l’adolescent. À travers le maniement de la double fonction de la limite entre l’intime et le partageable, le clinicien soutient cette mise au travail de l’héritage transgénérationnel.

Mots-clés : héritage transgénérationnel, alliances inconscientes, dérive délictuelle, scène psychique interinstitutionnelle, transdisciplinarité.

 

Adina ALEXANDRESCU (Roumanie)

L’hopital-Maison. Travail familial dans un hôpital des maladies chroniques

Le travail institutionel avec des familles qui ont des enfants croniquement malades c’est un grand defi tant pour le personel medical que pour les soignants et pour les psi. C’est que je vous propose dans cette presentation c’est un dispositif de travail familial constitue à l’interieur d’un hôpital des maladies croniques, dans le departement d’imunodeficience primaire, maladies génétiques graves. Une problématique particulière du département est constitué par le travail avec les familles gitanes, dont à cause des mariages consanguines, ils apparaissaient souvent des cas d’immunodéficience.

Je vais illustrer le cas clinique d’un jeune de 28 ans, encore traité, malgré son âge adulte, dans le département de pédiatrie, qui vit à côté de sa famille une double exclusion pour son appartenance ethnique et culturelle. La famille du patient vit depuis 28 ans à la limite entre la vie et la mort, avec un contact très limité au monde externe. La maladie et l’appartenance ethnique produit une angoisse vécue comme exclusion et rejet.

Mots clés : Travail institutionel, maladies croniques, écoute familiale, identité culturelle, double exclusion

 

Sara DONZALES DE PABLOS (Espagne)

Projet Syrie

L’Association Nuevo Futuro développe le « Projet Sirio », qui a deux foyers thérapeutiques selon le modèle de Communauté Thérapeutique,  pour enfants et adolescents avec une mesure de protection et qui ont des troubles relationnels graves. Ceux-ci proviennent de familles qui transportent des graves échecs dans leurs liens ; des familles porteuses de violence, des abus sexuels et de la négligence. Un traitement intégral est effectué, avec des espaces pour la psychothérapie individuelle, de groupe, communautaire, familiale, éducative et pharmacologique si nécessaire …

Ce que sera ici présenté est une approche au travail qui répare et crée de nouvelles façons de «vincularidad», générant des espaces transitionnels de pensée, de créativité, de lien et d’élaboration symbolique qui les aideront à mûrir et à affronter leurs conflits, à travers d´une nouvelle trame institutionnelle et familiale corrective où l’environnement institutionnel est une « thérapeutique » importante.

La tâche de l’équipe de la Communauté Thérapeutique est complexe et couvre tous les aspects de vie commune, mais aussi les aspects cliniques, éducatifs et sociaux, grâce à une compréhension clinique de ceux-ci. Je parlerai également du travail en équipe, comme réponse conjointe aux difficultés des patients et de leurs familles; de part une conception de l’appareil psychique groupal et familial. Cela permet de favoriser l’élaboration des angoisses, à la fois celles qui sont transportées par les patients et celles prises en charge par les thérapeutes et les éducateurs, ainsi que les différentes défenses et « depositaciones » qui se déroulent dans l’espace conteneur de l’institution.

Mots-clés: institution, désordre du lien, compulsion à la répétition, violence, soutien, conteneur, espace transitionnel, transfert, appareil psychique groupal.

Table ronde C8

TABLE RONDE C8 : Echange et projets inter-institutionnels AIPCF – IPA

Cette table ronde sera destinée à établir des échanges scientifiques entre les deux associations IPA et AIPCF avec le but principal d’analyser des possibles projets de travail d’ensemble, d’unir tous nos efforts pour diffuser au mieux la psychanalyse de couple et de famille dans le monde. Aussi, cet échange et cette association inter-institutionnel visera à soutenir et protéger l’épistémologie psychanalytique.

Mots-clés : AIPCF – IPA psychanalyse –couple – famille

Table ronde C9

TABLE RONDE C9 : Travail de l’analyste et les ambiances en thérapie familiale psychanalytique

 

Christophe BITTOLO (Université Paris Descartes, France)

« L’ambiance des séances : un transfert de groupe ? »

Si l’ambiance constitue une qualité essentielle des rapports que l’humain entretient avec son environnement architectural, son apparition dans la séance thérapeutique témoigne des aspects les plus primitifs et collectifs de la vie psychique. L’espace sensible du lien s’en trouve affecté et l’analyste ne peut être qu’alerté par les qualités nouvelles et changeantes du site analytique de la consultation ou de la thérapie.

Cette présentation se propose de préciser la nature syncrétique et protomentale des ambiances et d’interroger les ressorts de sa transformation dans les groupes (familles, équipes…) Quelle configuration de groupe se trouve alors transférée dans l’hic et nunc de la séance ? De quel transfert s’agit-il ? N’est-il pas plus pertinent de parler d’emboîtement ou de résonance ?

Mots clés : Ambiance, situation transféro-contre-transférentielle, résonance fantasmatique, emboîtement psychique

 

Rocío CABANZO DE PONCE DE LEON (Colombie)

Une autre façon de percevoir, une autre manière de penser

Au travers d’illustrations, métaphores et haïkus (poésie de l’immanence), nous présentons la position du psychanalyste du lien du point de vue des penseurs contemporains (Deleuze, Simondon, Puget, Berenstein, Kleiman et Lewcowicz) et de mes expériences cliniques.

Nous insistons sur :

La pensée en devenir, la logique rhizomatique (décentrement, immanence, logique supplémentaire, fin du binarisme).

La discontinuité, Aïon,  « La Impresencia »  :

« Au-delà du présent il s’agit du situationnel qui rend compte d’un discours et dans ce discours se trouve l’histoire. » Kleiman, S.

L’histoire en tant que « multitude de présents qui ont été » Berenstein, I.

L’analogie, la métaphore et l’humour, autres logiques dans la lecture et l’intervention. La stratégie situationnelle, le climat.

« Davantage du point de vue de la géographie que de l’histoire » … (Kleiman, S.) faisant allusion à l’immanence, version cartographique de l’histoire. Il s’agit de la philosophie (géophilosophie) de Deleuze contribuant à la lecture du « Lo Vincular « .

Mots clés : Devenir, rhizomatique, situationnel, cartographie, analogique.

 

Fernanda RIBEIRO PALERMO & Maria DO CARMO CINTRA DE ALMEIDA PRADO (Brésil)

« J’aime les relations pelotées »: les coûts du oui et du non dans la TFP avec père et fille

Questions relatives aux familles anti-œdipiennes favorisent des relations souffrantes reconnaissables à travers la « trans-subjectivité » et le « trans-acting » dans des générations successives. Des espaces psychiques individuels indistincts sont à plusieurs reprises transgressés. Dans l’élaboration psychique individuelle, l’organisation synchronique de la famille est inséparable de la contribution diachronique, et il faut faire attention aux traumatismes familiaux et à leurs effets sur les générations. Père et fille recherchent TFP 10 ans après la mort de la mère. Il dit aimer des relations « pelotées » et elle continue de lui faire des demandes inépuisables. On voit que ni lui ne se trouve en mesure de refaire sa vie, ni elle de s’émanciper. Un deuil antérieur non élaboré et guidé par des formations réactives repose sur l’impossibilité de séparation et d’individuation. Les liens pathologiques sont associés à l’incestualité : face à la douleur du père d’être seul, la fille occupe pour lui la place de « chérie ».

Mots clés: deuil; traumatisme; trans-subjectivité; trans-agir; incestualité.

Table ronde C10

TABLE RONDE C10 : Mise en récit de l’histoire familiale

Lucia BALELLO, Raffaele FISCHETTI & Fiorenza MILANO (Italie)

Cinq personnages en quête d’une famille

Avec le terme «groupalité» les auteurs entendent, avec A. Bauleo, une notion qui se réfère à la production de la subjectivité qui inclut les mêmes sujets qui la produisent. Dans la notion de groupalité, le groupe est placé comme un sujet car il produit de la subjectivité; l’inclusion des sujets qui la produisent permet de penser à la personne comme un sujet collectif.

À travers un cas clinique les auteurs veulent mettre au premier plan la relation qui se manifeste entre le processus de subjectivation d’une famille qui se ré-organise et le processus de subjectivation que à la fois les membres du groupe familial font à mesure qu’ils entrent dans la situation actuelle (le neogroupe de E. Granjon), et émergent de le grumeau indifférenciée des micro-histoires individuelles, familiales et de la grande histoire (le transgénérationnelle).

La manière dont le symptôme est exprimé et distribué, son degré de rigidité, donne à la famille une certaine organisation qui, dans le processus thérapeutique, se montre lors de la réorganisation / différenciation des fonctions, des liens et des tâches familiales qui prennent une grande ampleur et une flexibilité qu’ils n’avaient pas auparavant.

Mots clés: groupalité, processus de subjectivation, sujet collectif, émergent, fonctions

 

Christiane JOUBERT & Michèle LAMOTHE (France)

Deuils et traumatismes dans la clinique familiale et de couple

La compréhension des symptômes présentés par la famille (individuels et groupaux) s’inscrit dans deux dimensions, l’une synchronique et l’autre diachronique. A partir des trois espaces psychiques définis par R. Kaës, nous proposons de repérer comment les deuils et traumas des lignées se déposent et sont à élaborer dans le groupe familial. Nous mettons au travail la clinique du lien, telle qu’elle se déploie dans le champ transféro-contre-transférentiel. La régression que permet le cadre psychanalytique groupal, amène à travailler les liens narcissiques empreints de transgénérationnels, afin que les deuils et les traumas des lignées, puissent être symbolisés et intégrés dans l’histoire familiale. Une mythopoïèse se déploie dans l’espace analytique s’ouvrant sur une nouvelle histoire avec son potentiel de transformation. Le processus de la thérapie vise à sortir des fonctionnements indifférenciés, (confusion des êtres, des sexes, des générations), et à accéder à un fonctionnement œdipien garant de l’accès à l’individuation et subjectivation.

Mots clés : lien, mythopoïèse, symptôme, transféro-contre-transférentiel, transgénérationnel.

 

Maíra BONAFE SEI (Brésil)

Homoparentalité féminine et processus d’adoption: attentes et impasses

Ce travail discute des aspects concernant l’adoption de trois enfants par un couple homoaffectif féminin, réfléchissant sur des questions liées à la transmission psychique générationnelle et aux impasses vécues dans cette adoption. Le matériel clinique provient de la psychothérapie du couple, réalisée dans un service public brésilien, à partir d’un renvoi du système judiciaire. Grâce à la psychothérapie, il a été noté la mise à jour des problèmes liés à l’adoption de l’une des mères, qui ont influencé le choix de l’adoption au lieu de la procréation assistée. L’expérience de la maternité a été imprégnée par des attentes illusoires, qui se sont répercutées dans la tentative de retourner la fille aînée. Il est souligné l’importance d’un processus soigneux d’évaluation des prétendants à l’adoption, ainsi que de l’accompagnement des familles. On en conclut qu’une vision psychanalytique de la construction des liens dans les familles adoptives est fondamentale.

Mots-clés: homoparentalité, adoption, transmission psychique, psychothérapie de couple.

Table ronde C11

TABLE RONDE C11 : Corps du sujet, corps familial et filiation

Almudena SANAHUJA (France)

Traumatismes générationnels, ses effets dans le corps familial. Symptôme corporel d’un membre adolescent comme substitut d’un lien-non lien psychique

Dans le cadre de cette intervention c’est à la clinique du traumatisme, de ses effets sur le corps familial que nous souhaitons nous référer. Notre expérience clinique et nos travaux de recherche menés depuis quelques années auprès de familles dont un membre adolescent est porteur du symptôme obésité, nous ont amené à réfléchir sur la spécificité des liens intersubjectifs qui structurent la famille. A travers un exemple paradigmatique nous montrerons que l’adolescent « porte symptôme » présente à travers son corps des fantômes et des traumatismes ancestraux. Ces derniers qui font trou dans l’appareil psychique familial ouvrent la voie à cette « somatisation ». La somatisation remplace le lien non lien psychique et c’est le corps qui fait lien entre les membres. A la lumière de ces constatations, des aménagements de notre pratique de la thérapie familiale psychanalytique apporteraient un regain de pertinence pour les familles porteuses d’une symptomatologie corporelle.

 

Rebeca NONATO MACHADO, Cristina RIBEIRO DANTAS & Renata MELLO (PUC-Rio, Brésil)

Les paradigmes de la filiation: la dimension corporelle dans la mise en place de la famille adoptive

Nous trouvons  dans la littérature une réflexion sur les éléments fondamentaux des liens de filiation, où les facteurs biologiques et culturels sont présents dans la composition du sens d’appartenance à une chaîne générationnelle, dans l’insertion des antécédents familiaux. Dans ce travail, nous souhaitons discuter le jeu intersubjectif  des manifestations corporelles présentes dans la constitution de la filiation des familles adoptives,  à partir de 14 entretiens semi-directifs avec les mères adoptives. Nous avons observé que l’absence de continuité biologique-corporelle dans le processus de la filiation adoptive est un élément présent dans la rencontre  intersubjective mère-enfant. La dimension corporelle apparaît au cours des entretiens avec un appel d’urgence dans la relation filiale. Nous croyons que les manifestations corporelles dans ces familles cherchent à organiser le processus d’affiliation dans une dimension sensorielle, responsable de la mise en place d’une profonde relation humaine et d’une communication intime, ce qui permet la rencontre entre deux subjectivités.

Mots clés: familles adoptives, le processus d’affiliation, date, le corps intersubjectif.

 

Sonia KLEIMAN, Soledad DAWSON, Bettina LASTER & Martina REPETTO (Groupe Hôpital Italiano, Argentine)

Recherche. Configurations familiales chez les patients adolescents atteints d’insuffisance rénale chronique

Cet article se concentre sur l’étude des configurations familiales des patients adolescents atteints d’insuffisance rénale chronique (IRC). Il cherchera à savoir quels sont les effets émotionnels et relationnels dans les familles avec des enfants adolescents souffrant de CRF. La possibilité que de tels effets puissent devenir chroniques a été étudiée dans les catégories d’échange familial, établissant des relations de dépendance, fixant les places et les rôles des membres de la famille et / ou la signification que la maladie acquiert pour ce groupe.

L’hypothèse de travail était qu’il soit possible de corroborer de façon bidirectionnelle les effets émotionnels de la maladie rénale chronique chez les patients adolescents et le lien conscient et inconscient avec la famille à laquelle ils appartiennent. La production de liens familiaux affecte les états émotionnels des membres qui la composent, le traitement médical, l’échange social, le projet vital du groupe familial où se déroule cet événement, ainsi que les divers modes de transit et les issues possibles de la maladie.

Mots clés: Insuffisance rénale chronique – maladie rénale chronique – adolescent – famille – intersubjectivité – émotivité

Plénière 4

Séance plénière 4 : Le travail de l’analyste : variantes techniques

 

Rosa JAITIN (France)

Amitiés, filiation et migration

J’analyserai la place de l’amitié dans la migration comme lien d’étayage, intermédiaire de différents niveaux filiatifs.

L’amitié dérive de la possibilité de la famille d’accrocher les maillons des chaînes érotiques de la filiation inter et trans-générationnelles entre parents, enfants et fratrie.

Ces liaisons ou déliaisons se manifestent dans l’ »après-coup » des troubles et des traumatismes migratoires, dans différents niveaux de symbolisation. (à travers  des maladies psychosomatiques, des passages à l’acte ou des délires).

Dans l’ici  et le maintenant du champ transférentiel, la potentialité du future des membres de la famille varie selon les raisons qui ont  poussé aux migrations et selon les liens d’amitiés entretenus entre le pays d’origine et le pays d’accueil.

La psychanalyse de couple et de famille nous permettra de visionner les transformations possibles dans le processus d’élaboration des ruptures et des traumatismes migratoires.

Mots clés : Amitié, migrations, filiations, chaînes érotiques inter et transgénérationels, symbolisation.

 

André CAREL (France)

L’après-coup en séance familiale

En séance de psychanalyse familiale, la mise en histoire, autrement dit l’historisation, s’effectue selon des modalités très complexes. Elle prend forme dans le flux de la co associativité multi modale du néo groupe thérapeutique : émotions, mots, jeux, agirs, trajets dans l’espace. Elle intrique mise en narration (ou en récit) et réminiscences de l’inconscient. Or « l’inconscient est polytopique » (René Kaës), il se déploie dans le monde interne de chaque sujet, dans les liens intersubjectifs, dans la groupalité actuelle et générationnelle et aussi, en arrière-plan de la séance, dans la communauté d’appartenance. Dans chacun de ces espaces psychiques, le processus de l’après-coup est à l’œuvre pour co produire les multiples réminiscences de l’inconscient dans le champ de la rencontre. L’écoute et la fonction alpha de l’analyste sont donc mises à rude épreuve pour réguler et mettre en sens une historisation aussi foisonnante, « en buisson »., potentiellement violente. Celle-ci est, de ce fait, exposée au risque de devenir néo traumatique, en hallucinose, par excès (le toboggan du récit précipité) ou par défaut (le « sans histoire »). Comment cheminer dans cette hyper complexité ?

Mots-clés : Historisation, après-coup, risque traumatique, hallucinose.

Anna NICOLO (Italie)

Biographie de l’individu et biographie de la famille comme instrument thérapeutique

L’auteur discutera de l’importance de la construction / reconstruction biographique de l’histoire en tant qu’instrument utile pour la transformation inconscient et la cohésion du soi  et de  l’identité familiale.

La défi dans le travail  clinique avec les patients plus difficile est de aller a transformer les états primitives de l’esprit où  le traumatismes ,mémorisés sans  pouvoir  être pensés, sont cachés.

Ces types de mémoire s’expriment a travers l’agir, les rêves, et elle sont cachés a diffèrent niveaux  dans les liens familiales. La construction narrative de tous le membres a donc plusieurs fonctions, à partir du travail sur les dimension plus primitives jusqu’au travail sur le soi personnel et familiale.

Irma MOROSINI (Argentine)

Le secret dans la narration de l’histoire familiale. La « deuxième scène »

L’auteur met en évidence les processus qui interviennent dans la narration familiale, et souligne quand et comment l’intervention de l’analyste de famille est requise pour mettre en place le champ transférentiel. Elle met en relief le travail effectué avec la mémoire, le faufilé des souvenirs, les éléments cachés, et montre comment « une vérité » surgit lors de la deuxième scène de la trame à partir de la co-construction des scènes avec des techniques et des moyens psychodramatiques, parmi lesquels, l’arbre généalogique familial et la narration autobiographique. Le roman familial avec ses transmissions illustre les histoires en famille, aussi bien de l’identité subjective que de l’intersubjective, relatives aux histoires de familles. Lors du processus de TFP surgit une présence presque constante : le secret, créateur de complices et d’otages, qui opère comme un intrus qu’il faut déloger en prenant toutes les précautions nécessaires.

Mots clés : Narration familiale – mémoire et souvenirs –deuxième scène – moyens techniques – secret.

Plénière 5

Séance plénière 5 : Le travail de l’analyste : variantes techniques

Ezéquiel Alberto JAROSLAVSKY (Argentine)

Souffrir, historiser et élaborer avec un couple

Le deuil de la mort tragique d’une fille est une souffrance difficile à élaborer pour un couple de parents. Ce deuil s’agrandit si, de plus, ces parents ont des difficultés pour accéder à leurs petits-fils, en prendre soin et les soutenir. D’un autre côté, ils sont eux-mêmes en situation de crise à la suite de la prise de leur retraite. Cette succession d’événements requiert de leur part une redéfinition de leurs projets de vie.

L’espace de contenance et d’élaboration que leur fournit le traitement psychanalytique de couple rend possible l’étayage de leur psychisme dans l’espace transféro-contretransférentiel des séances avec l’analyste.  De plus raconter leurs histoires familiales respectives leur a rendu possible la tâche du travail d’historisation de leurs deuils.

Revivre, raconter et historiser leurs histoires conflictuelles familiales respectives acquiert de l’importance pendant le traitement, puisque le travail psychique que chacun a fait en rapport avec sa famille d’origine et la façon dont il a, dans le passé, résolu ses deuils, sert de modèle au couple pour utiliser cette expérience et ainsi pouvoir travailler leurs souffrances actuelles. Nous illustrerons ce cas par des vignettes cliniques.

Mots clés: Deuil de la mort d’une fille – crise de couple – historisation – transmission générationnelle- travail d’élaboration de couple

 

Christopher CLULOW (Angleterre)

Co-thérapie comme action d’interprétation

La pratique d’offrir deux thérapeutes aux couples cherchant de l’aide a été partie intégrante de l’élaboration de l’approche de Tavistock à la psychothérapie psychanalytique de couple et une fonctionnalité des services cliniques offerts par Tavistock relations au cours de ses 70 ans d’histoire. La justification de cette pratique et la pratique elle-même, a changé au fil du temps, tels que de nos jours il y a des questions sur son utilité continue. Cet article résume l’évolution de co-thérapie avec des couples au Royaume-Uni et dans les arguments entourant sa pratique. De ce point de reference, et utilisant une illustration clinique, il offre une nouvelle justification fondée sur le concept de Thomas Ogden d’action d’interprétation. Il conclut en considérant co thérapie dans le contexte de la recherche qui met en valeur l’importance de la co-parentalité dans la prévention de la transmission intergénérationnelle des désavantages.

Mots-clés: Psychanalyse de Couple. Interpretation. Co-thérapie.

 

Philippe ROBERT (France)

Histoire du sujet, histoire du groupe

Le psychanalyste est formé à une écoute individuelle. Face à un groupe et encore plus avec la famille en tant que groupe primaire, il peut être attiré par la souffrance psychique d’un des membres. À l’inverse la tentation est grande de considérer le groupe comme une personne sans différencier les psychismes individuels. De la même façon s’imbriquent l ‘histoire individuelle de chacun et l’histoire du couple et de la famille. Comment l’analyste peut-il alors être dans une double écoute ? Pour développer cette question, nous nous appuierons d’une part sur le couple et d’autre part sur l’adolescent et sa famille.

Mots clé : Écoute. Psychanalyste. Individuel. Famille. Groupe.

 

Massimiliano SOMMANTICO (Université de Naples, Italie)

La mort d’un frère : une histoire familiale

En se référant à un exemple clinique de thérapie familiale psychanalytique, l’auteur met en lumière la relevance d’une dynamique de haine et de rivalité qui caractérise les liens fraternels. En particulier, l’auteur analyse  l’identification de rivalité de la fille au frère ainé mort, aussi bien que le lien haineux entre la même fille et le frère cadet. La focalisation sur le monde psychique commun et partagé de la famille permet d’envisager ces dimensions de manière plus approfondie. L’auteur décrit une séquence du travail thérapeutique, en utilisant également l’analyse des rêves, en se concentrant particulièrement sur un pacte dénégatif qui caractérise la dynamique familiale mais aussi sur les dynamiques interpsychiques liées à l’enfant de replacement. Plus en général, l’auteur montre l’importance de considérer aussi la dimension fraternelle – et pas seulement celle œdipienne – dans le travail psychanalytique avec les familles.

Mots-clés : complexe fraternel, haine, identification, frère mort, fonctionnement familial

Plénière 6

Séance plénière 6 : Le travail de l’analyste : variantes techniques

Perrine MORAN (Angleterre)

Relation d’Objet et Mentalisation en Psychothérapie de Couple

Le Traitement Basé sur la Mentalisation en Thérapie de Couple (TBM-TC) tel qu’il est pratiqué à Tavistock Relationships allie une approche psychanalytique de la dynamique de couple issue des théories de la Relation d’Objet avec une approche thérapeutique qui a pour but d’augmenter la capacité à mentaliser de partenaires dont la relation se caractérise par une forte dysrégulation émotionnelle.

Cette présentation mettra en avant l’attitude de « non-savoir » du thérapeute et la mise à l’écart de l’interprétation des processus inconscients au profit d’un questionnement actif et d’une stimulation de l’auto-réflexion et de la curiosité. Elle identifiera des éléments spécifiques à l’application du TBM à la thérapie de couple et s’interrogera sur la notion de « couple borderline ». Elle examinera comment psychanalyse de couple et mentalisation mettent en lumière, de façon différente et complémentaire, le rôle essentiel de la relation dyadique avec la mère dans le développement de la pensée et de la capacité à établir la relation à l’autre. Elle s’interrogera aussi sur le lien entre la narration au cœur des théories et l’écoute thérapeutique des couples.

Mots clés : Mentalisation – Système de projections – Dységulation – Relation dyadique – Confiance épistémique.

 

Juan GONZALES ROJAS & Paloma DE PABLOS RODRIGUEZ (Espagne)

Espace psychique et temporalité dans le Groupe Multifamilial, convergence des biographies. La mémoire du lien et sa relation avec l’inconscient

L’espace psychique du GMF, convoque et contient la pensée à la fois comme présence et absence, générant un imaginaire et un code partagé qui produisent le symbolisme. Il y a une mémoire du lien (Ruffiot) et une durée (la Durée de Bergson) et sa relation avec l’inconscient et les divers avatars de transmission transgénérationnelle (Eiguer, Tisseron, Faimberg, Kaës). Notre communication contient des réflexions sur certaines vignettes cliniques, du travail à l’Hôpital de Jour, en communauté thérapeutique, avec des patients atteints de troubles mentaux graves et leurs familles.

Le temps et l’espace jouent ici de manière primordiale. En session, de multiples temporalités sont mobilisées simultanément: les biographies familiales, les biographies personnelles du thérapeute et les membres de l’équipe face à l’impact des résonances à travers l’écoute. Aussi la temporalité de l’histoire en commun de l’Équipe liée au processus de l’histoire du Groupe Multifamilial.

L’espace du Groupe Multifamilial est évocateur, de nouvelle création et correcteur des lieux familiers. Il est en connexion avec les fantasmes d’origine et dans la redistribution des dépositations, des discours, des distances sociales correspondant à la néoproduction du groupe, une réorganisation et discrimination de l’intime, le privé et le public (Carel).

Le travail d’élaboration de ces plans de réalisation du psyché, des situations congelées et de piégeage exigent la cathexis, l’investissement et le cadre pour une contention et un soutien de cet espace de recréation du lien, et compte tenu de l’intensité des angoisses que portent les patients, nous avons besoin d’une conception sur la façon de créer les enveloppes nécessaires pour les tenir et les transiger (Anzieu). La conception groupal dont nous avons besoin doit intégrer les outils de pensée à propos de la pulsion dans l’intersubjectivité. Le Groupe Multifamilial doit être un lieu de production de fantaisie et de figurabilité, un espace onirique, contraire aux actings agressifs et les vides des patients graves; à la fois un espace protecteur de l’intérieur, donnant de la sécurité aux participants, face à la destructivité, et de sécurité face à l’extérieur.

Nous présentons plusieurs vignettes pour montrer la confluence des différentes dimensions temporelles de l’histoire des familles, des patients et de l’institution.

Mots clés: mémoire de lien, évocation, création de figurabilité, discours groupal, enveloppes institutionnelles.

 

Hanni MANN-SHALVI (Israël)

L’inconscient interpersonnel du couple : nouveau et ancien. Théorie et technique.

La théorie du Vinculo la théorie des relations d’objet comprennent différemment comment l’histoire personnelle du couple construit leur inconscient commun. La théorie de la transmission transgénérationnelle du trauma y contribue un apport important. Dans ce qui suit, je vais ébaucher une intégration de ces trois conceptions.

La psychanalyse est concernée essentiellement avec l’impact des traumas passés. L’accent sur le futur est généralement attribué à d’autres attitudes thérapeutiques, telles que la psychologie comportementale, narrative, positive, etc. Je suggère que la psychanalyse, en particulier psychanalyse du couple et de la famille, se doit de compléter la perlaboration d’un trauma passé avec la perlaboration de rêves et de désirs concernant le futur. Cette étape est également inhérente à la perlaboration du processus et a un rôle central et unique dans notre construction théorique et clinique.

Des vignettes cliniques permettront d’illustrer la technique grâce à laquelle la structure pathologique du couple traverse un développement émotionnel qui permet sa transformation en une structure émotionnelle plus mature.

 

Serge TISSERON (France)

Objets connectés, nouvelles histoire de famille

L’omniprésence des écrans dans les familles crée de nouvelles situations et de nouveaux conflits. Tout d’abord, il crée de nouvelles responsabilités familiales en termes d’éducation, et peut susciter de nouvelles sources de tension, notamment en cas de garde alternée. Par ailleurs, les enfants confrontés à la présence insistante de nouveaux héros, notamment les YouTubeurs, choisissent de plus en plus tôt leur modèle identificatoire ailleurs que dans la sphère familiale, et développent une relation au monde plus théâtralisée que leurs parents et qui peut parfois se heurter à leur incompréhension. La création des liens par proximité physique est remplacée par celle qui s’organise autour de centres d’intérêt partagés, avec l’apparition de familles « mortes » dans lesquelles les liens familiaux sont quasiment inexistants. Enfin, les secrets de famille trouvent sur les réseaux sociaux de nouveaux espaces ou ils sont parfois levés.

Mots clés: famille, écrans, technologies, identification, réseaux sociaux

IMPORTANT

Merci de vous inscrire à trois tables rondes maximum par jour.

INSCRIPTIONS AUX TABLES RONDES DU 28 JUILLET 2018