REVUE N° 7 | ANNÉE 2010 / 1

Le couple comme systeme adaptatif complexe relationnel. Proposition theorique et Methodologique


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LE COUPLE COMME SYSTEME ADAPTATIF COMPLEXE RELATIONNEL. PROPOSITION THEORIQUE ET METHODOLOGIQUE. 

À partir des prémisses de la variété et la complexité des configurations actuelles du Couple et des Familles, on propose une vision comme Systèmes Adaptatifs Complexes (Complex Adaptative System: CAS) des la perspective de la Psychanalyse Relationnelle.

D’abord nous exposons brièvement le modèle CAS et ensuite l’Hypothèse théorique qui soutient l’articulation et l’intégration de ce modèle dans le domaine psychanalytique du Couple et la Famille: leur évolution se fonde sur l’équilibre  dans les relations d’attachement et les nécessités de connexion émotionnelle.

Ensuite on présente un cas de Couple en crise assisté dans un Service Public dans lequel on a effectuée une intervention brève et focalisée avec succès et on conclut avec une révision des concepts du CAS applicable, sa corrélation avec les concepts de la clinique psychanalytique et une brève discussion de l’Hypothèse théorique.

Mots-clé: Couple, systèmes adaptatifs complexes, psychanalyse relationnelle, intervention de crise, setting de couple, attachement, connexion émotionnelle.


LA PAREJA COMO SISTEMA ADAPTATIVO COMPLEJO RELACIONAL. PROPUESTA TEÓRICA Y METODOLÓGICA. 

Desde las premisas de la variedad y complejidad de las configuraciones actuales de la Pareja y las Familias, proponemos una visión de las mismas como Sistemas Adaptativos Complejos (Complex Adaptative System: CAS) desde la perspectiva del Psicoanálisis Relacional.

En primer lugar exponemos brevemente el modelo CAS y a continuación la Hipótesis teórica que sustenta la articulación e integración de este modelo en el campo psicoanalítico de la Pareja y la Familia: su evolución se fundamenta en el equilibrio de las relaciones de apego y las necesidades de conexión emocional.

A continuación presentamos un caso de crisis de pareja atendido en un Servicio Público en el que se realizó una exitosa intervención breve y  focalizada y concluimos con una revisión de los conceptos del CAS aplicables, su correlato con los conceptos de la clínica psicoanalítica y una breve discusión de la Hipótesis teórica.

Palabras clave: Pareja, Sistemas Adaptativos Complejos, psicoanálisis relacional, intervención de crisis, encuadre de pareja, apego, conexión emocional.


THE COUPLE AS A RELATIONAL COMPLEX ADAPTIVE SYSTEM. THEORETICAL AND METHODOLOGICAL PROPOSAL. 

From the premises of the variety and complexity of the present configurations of the Couples and the Families, we propose a vision of them as Complex Adaptive Systems (CAS) from the perspective of the Relational Psychoanalysis.

We will begin exposing the CAS model briefly and we will follow with the theoretical Hypothesis that sustains the joint and integration of this model in the psychoanalytic field of the Couple and the Family: its evolution is based on the balance in the relations of attachment and the necessities of emotional connection.

Then we will present a successful brief and focused intervention with a Couple in crisis in a Public Service and we will conclude with a revision of the CAS concepts applicable, their correlate with the concepts of the psychoanalytic clinic and a brief discussion of the theoretical Hypothesis.

Keywords: Couple, Complex Adaptive Systems, relational psychoanalysis, crisis intervention, couple setting, attachment, emotional connection.


ARTICLE

Le couple comme systeme adaptatif complexe relationnel. Proposition theorique et Methodologique Pere Llovet Planas

Dans un service public de consultation de Santé Mentale nous avons visité un Couple en crise avec le quel, après une appréciation des indicateurs diagnostiques et pronostiques habituelles, nous avons maintenu présents les concepts du modèle CAS (Complex Adaptive System)  comme organisateurs d’une intervention stratégique conjointement avec quelques autres concepts utilisés dans des interventions de Couple basés sur l’Orientation Relationnelle (Johnson, 1996; Johnson, 1997; Spivacow, 2005).

Avant d’exposer le cas, voyons très brièvement les concepts clef de ce modèle systémique.

Le CAS vient du vaste domaine des Théories de Systèmes Généraux et a été formulé par Holland (1992) depuis la Biologie, ce qui détermine sa focalisation dans la fonctionnalité adaptative et dans les aspects évolutifs et dynamiques, axes (adaptation, évolution et dynamisme) qui sont communs avec la Psychanalyse.

Holland a conçu ce modèle pour l’analyse de Systèmes qui sont composé de Sous-systèmes qui doivent simultanément être maintenus  adaptés aux Systèmes matrice de quels ils proviennent. Dans le domaine du couple, nous adapterions cette vision en formulant que deux individus  développés dans deux familles différentes, auxquelles ils continueront à appartenir, forment une nouvelle unité. Cette formation d’une nouvelle unité sera conditionnée à l’adaptation mutuelle, une adaptation qui ne leur impliquera pas dans leur totalité mais seulement dans certaines de leurs propriétés. Ces propriétés adaptatives prendront de la prééminence tandis que d’autres, celles qui les maintiennent intégrés dans leurs familles d’origine passent à un état d’une certaine latence.

Holland conçu cette dynamique adaptative comme un équilibre entre des forces centripètes (qui unissent le nouveau système ou couple) et des forces centrifugues (qui  attirent les éléments du nouveau Système envers les Systèmes ou les familles originaires et tendent à désagréger le nouveau système ou couple). Holland accentue que ces propriétés en état latent tendent à reemerger et en tout cas elles continuent en exerçant son pouvoir. Observons l’analogie de ce dynamisme systémique avec le dynamisme psychanalytique  de l’Inconscient et du clivage de l’objet propre des processus de tomber amoureux (Klein, 1937).

Fidèle à son origine biologique, Holland postule que ces systèmes doivent maintenir une adaptation à la fois interne et externe (en ce qui concerne son environnement). Si d’une part ils effectuent Coévolution, la double appartenance les oblige aussi à successives Autoorganisations, des concepts qui s’avèrent familiaux, dans les domaines du Couple et dans la Psychanalyse.

En ce qui concerne cette discipline dans laquelle nous orientons complètement les aspects cliniques et thérapeutiques, nous prenons comme référence le courant appelé «Relationnel» et dans celle-ci nous choisissons le concept «de nécessité de connexion émotionnelle» du Groupe de Boston (2008), Lyons-Ruth (2003), Stolorow & Atwood (1992), Riera (2010) et associés dont les racines se trouvent dans l’oeuvre de Bolwby et d’autres auteurs du courant de l’«Attachement». Ce concept nous permettra de focaliser cliniquement et aussi insérer les concepts du CAS.

Comme il est connu, la dynamique des Systèmes est conditionnée par l’équilibre. Holland conçoit les équilibres des Systèmes Adaptatifs  comme «instables» puisque sont soumis des «flux», concept que nous assimilons au «besoin de connexion émotionnelle». Comme montre Ruth Lyons, les ruptures de cette connexion ont des effets dissociatifs qui affectent les patrons relationnels et l’auto-organisation de ceux qui y sont impliqués. Pour un appui plus fondamental que cette analogie entre «des flux équilibre instable» et «besoin de connexion émotionnelle» nous nous en remettrions à la conception de la «libido» et des pulsions dans le dynamisme mental selon Freud et, suivant avec des auteurs psychanalytiques fondamentaux, le «besoin de connexion émotionnelle» justifie la nécessité de «continents mentaux» indiquée par Klein et Winnicot (1984) entre autres[1].

En retenant les concepts du CAS: Adaptation, Coévolution, Autoorganisation, réémergences et forces centripètes et centrifuges, voyons le cas d’une jeune couple en crise.

Le cas clinique

La Dra. A. suivait Pablo de 35 années par un syndrome anxieux dépressif et au bout d’un certain temps d’évolution discrète, le patient s’est aggravé puisque les conflits de couple qu’il souffrait se sont aggravés en restant elle enceinte et poser la question de leur séparation.

On a reçu le cas pour une évaluation d’intervention de Couple et celleci a exposé les graves difficultés de communication qui souffraient. Ils passaient plusieurs jours sans se parler plus que ce qui était  strictement nécessaire, elle souffrait une jalousie intense et se sentait pratiquement ignorée. Elle se plaignait de l’isolement dans lequel il s’enfermait et des heures qu’il passait dans l’ordinateur,  en toute sécurité en maintenant d’autres relations».

Lui, de sa part, était profondément touché par la menace de séparation et en se référant à la grossesse a mis très légèrement et soigneusement sa main sur le ventre de d’elle dans un geste sans équivoque protecteur qui nous a impressionné et nous avons  interprété comme un premier indicateur favorable.

Il a continué à expliquer qu’il avait toujours souffert et avait combattu contre son propre caractère rétracté et au fur et à mesure qu’elle avait commencé à se sentir jalouse et réclamer qu’il écoute ses craintes et aussi lui exiger davantage d’attention, il s’était senti de plus en plus pressé et angoissé (il a accompagné ses mots avec un geste de dégoût) et que l’attention qu’il voulait bien lui donner acquérait un caractère d’obligation qui éteignait son désir. Il sentait que son initiative était annulée et sans valeur. Avait ainsi commencé sa nécessité croissante de tranquillité et isolement qui, d’autre part, comme elle décrivait, venait renforcer sa jalousie, ses soupçons d’infidélité, bien que «virtuel», puisqu’ il passait des heures dans l’ordinateur. Elle se sentait non désirée et sexuellement insatisfaite. Nous observons qu’il s’agit d’une séquence assez habituelle dans les  crises des couples (voir Dicks, 1967; Perez Testor, 2007) et, en suivant notre proposition méthodologique, nous considérerons une frustration progressive des nécessités d’attachement dans une dynamique incrementaliste et centrifuge qui menace le succès tant interne adaptatif du couple en tant que telle et aussi celui de ses membres.

Claudia exprimait sa préoccupation puisqu’elle considérait qu’elle était pathologiquement jalouse et essayait de se calmer en exprimant ses craintes. Claudia a expliqué qu’elle avait suivi un traitement « de Psychanalyse » (non pas de « Psychothérapie », nous voulons accentuer) et que elle savait qu’avait besoin d’exprimer et être écoutée, chose à laquelle Pablo accédait initialement mais terminait en le saturant et en affectant l’spontanéité de ses relations non seulement avec elle mais dans aussi en général.

En continuant avec son récit, elle a expliqué que son père était maintes fois infidèle et que la souffrance de sa mère avait déterminé cette pathologie jalouse qui avait surgi dans la relation qu’elle avait précédemment maintenue. C’était par cette raison qu’elle avait fait une analyse pendant un an et demi jusqu’à ce que sa famille avait immigré. Comment elle expliquerait par la suite, l’immigration a aussi déterminé la fin de la relation sentimentale.

Nous avons techniquement choisi d’expliquer au couple les implications de ces faits: l’interruption d’analyse, ses nécessités thérapeutiques et la fonction thérapeutique à laquelle il était aboutit[2]. Nous avons fait une brève recherche sur la formation du couple et tous les deux soulignaient leur grande communication initiale, spécialement appréciée par lui vu leurs difficultés de caractère. Pour sa part, elle a dit s’avoir senti très tranquille puisque pendant les deux premières années il n’avait pas souffert à nouveau de la jalousie[3]. A nouveau, d’après notre perception de l’alliance thérapeutique et de la capacité compréhensive du couple, nous choisissons de leur expliquer brièvement le clivage qui se produisait dans les processus de tomber amoureux ainsi que les réémergences postérieure de parties de la personnalité qui ont été clivées.

À la recherche sur les Systèmes Primaires ou familles originales, nous avons obtenu, outre les infidélités du père d’elle, qu’ils ont immigré d’un pays Sud-Américain il y avait 4 ans, en ayant Claudia 22, qu’elle avait une sœur plus âgée et un frère plus jeune, dans une atmosphère familiale joyeuse, très communicative et émotionnellement intense.  De son coté, Pablo avait 35 ans, venait d’un autre pays Sud-Américain et a immigré il y avait 7 ans. Il était fils unique, sa mère allait en chaise roulante et son père souffrait dépression chronique et avait un caractère très rétracté, avec une faible vie familiale. Il a ajouté que sa tendance propre à la rétraction venait sans doute du caractère de son père bien qu’atténué par le bon caractère de sa mère.

Nous avons focalisé notre intervention sur la « Reconnaissance » des phénomènes relationnels dans lesquels étaient plongés et la « Validation » de ses sentiments[4]. Dans la visite suivante ils ont référé une franche amélioration. Ils avaient été capables de reprendre leur dialogue et spécialement elle a expliqué qu’elle avait compris non seulement ses nécessités thérapeutiques propres mais aussi ce que c’était inadéquat de prétendre les satisfaire avec lui. Tous les deux ont abondé en détail et à un certain moment elle a exprimé son idée qu’ils devaient peut-être suivre un traitement et a demandé s’il devrait être individuel ou en couple. Nous avons établi que nous effectuerions trois séances avec elle et postérieurement nous effectuerions à nouveau des séances conjointes. À ce moment là elle a produit un « lapsus » puisqu’elle a demandé s’il devait aussi rendre quelques séances  individuelles et elle a été instantanément très choquée quand on (son mari et moi) lui a rappelé qu’il était déjà en  traitement individuel avec la Dra. A.

Celui-ci est un moment remarquable puisqu’ il indique un débranchement entre la couple que nous interprétons comme surdéterminé par la répression de la connaissance qu’elle avait de l’état mental de son mari mais aussi comme un débranchement interne probablement en rapport avec les effets de l’interruption de son traitement.

Les séances individuelles64

Dans les séances individuelles avec elle nous avons su de l’amélioration radicale de la problématique de couple et on a assisté a certains insights remarquables.

Il était clair qu’elle avait devenue consciente que sa problématique jalouse non résolue était le plus grand responsable de la crise du couple. Cependant elle a exprimé une certaine crainte à devoir reprendre un processus analytique. Elle a expliqué qu’elle croyait qu’elle ne supporterait pas une infidélité mais au même temps elle croyait que celle-ci était inévitable puisque « tout le monde » les commet. Dans ses rencontres avec ses amies celui-ci était le sujet récurrent et principal de conversation.

Claudia croyait que sa jalousie avait abîmé sa première relation et elle a expliqué qu’elle avait repris contact virtuel avec son ancien ami. Avec tact nous avons pu mettre en rapport ces conversations avec leurs amies et spécialement ses contacts avec son ancien compagnon sentimental avec ses craintes par les relations virtuelles que son actuelle couple pourrait maintenir et c’est montré très émue en se rendant compte que, effectivement, ses craintes pouvaient être une projection.

Un autre insight significatif c’est produit quand elle nous a rapporté qu’à l’âge de 17 ans elle avait dû avorter. Claudia banalisée jusqu’à un certain point l’impact émotionnel de cet événement par l’inconscience propre de cet âge et aussi par la compréhension qu’elle avait trouvée dans sa mère puisqu’elle était aussi passée par le même à un âge semblable. Elle justifiât que, par la mentalité de l’époque où ceci avait arrivé, sa mère avait souffert beaucoup et ne voulait pas que «que ses filles souffrent la même chose. « Toutefois, la répétition s’est produite », nous avons dit à ce qui elle a répondu profondément affectée : « il est certain, il y a une Répétition, je ne m’avais pas rendue compte ».

En résumé, dans ce patient déjà entamé dans la connaissance des phénomènes inconscients, les insights obtenus dans les deux séances ont produit une plus grande conscience de leurs conflits internes,  et une importante diminution des projections sur son couple.

D’autre part, la Dra. A. qui continuait à traiter Pablo, nous a aussi notifié une importante amélioration. La diminution de la pression sur lui et l’amélioration de la crise de couple lui avait permis de reprendre sa propre problématique interne préalable.

La dernière séance avec Claudia a été une semaine avant le terme prévu de la grossesse, ce pourquoi nous reportons dans deux mois la prochaine séance de couple que nous avions prévu et nous rappelons l’explication que nous avions effectuée dans la dernière séance de couple sur l’impact de la naissance sur l’équilibre de couple et leurs relations avec les familles d’origine (voir Darchis, 2005).

L’épilogue de ce cas reste encore à arriver. Claudia est personnellement venue à notre service pour annuler la visite puisqu’ils avaient des difficultés pour que quelqu’un se charge du nouveau né dans les heures où nous effectuons notre assistance.

La contribution des concepts du CAS

Sans doute, malgré des pathologies individuelles, ce couple possède d’importantes ressources saines qui ont permis une évolution tellement rapide de la crise avec une intervention très brève. Cependant, nous croyons que la focalisation dans les nécessités d’attachement émotionnel et son influence dans l’équilibre de couple a aussi été cause déterminante de ce succès puisque, en combinaison avec sa capacité de insight, il les a conduites dans une direction introspective fructueuse qu’ils ont incorporée et ont continué à développer déjà de manière autonome.

Nous avons vu qu’après le clivage du tomber amoureux initial, s’est produite une réémergence des conflits intrapsychiques préalables que, en appliquant les concepts du CAS, « ont centrifugé » le système couple et ont remis ses membres aux systèmes originaux tant vers de ses familles et de ses  réseaux d’attachement comme vers les conflits inconscients latents et clivés dans le processus de tomber amoureux et « lune de miel élargie ».

En suivant cette application de concepts du CAS, nous formulerions que la coévolution du couple avait pris une direction divergente et chaque membre             c’est      auto-organisé selon    ses         propres conditionnements: dans le cas de Pablo avec un repli narcissiste défensif et un refuge dans les expériences gratifiantes virtuelles et dans le cas de Claudia avec une recherche intense de « connexion émotionnelle » (Riera, 2010) avec sa famille d’origine et ses réseaux sociaux malgré ces refuges respectifs avaient  un effet incrementaliste sur la crise, augmentant la jalousie et le mécontentement émotionnel et sexuel  d’elle et les nécessités d’isolement de lui.

De ce point de vue nous pouvons formuler que l’intervention thérapeutique a eu un effet de redistribution des flux d’attachement et de reconstituer la connexion émotionnelle et l’expérience de satisfaction nécessaire qui selon l’Hypothèse que nous avons formulé, est la condition pour le maintien de l’équilibre du Couple ou Système.

Epilogue

Outre les facteurs déjà indiqués, nous pouvons penser que le rééquilibre rapide est du en partie une «fuite vers l’avant » et au  rétablissement défensif de Claudia et aussi aux effets en elle de la maternité imminente. Sans doute, la parentalité va être un nouveau défi, en particulier pour sa jalousie et convient aussi se demander par le rééquilibre que la maternité produira dans ses nécessités de connexion émotionnelle, comment sa demande envers Pablo va être restructurée, ses relations générationnelles, etc.

De son côté, Pablo devra confronter des nouveaux risques d’exclusion et  d’intensité émotionnelle que sans doute vont être éveillés par la paternité. Le couple (ou il vaut mieux dire: Pablo) avait prévu que sa mère vienne connaître son premier petit-fils et donner soutien au couple dans les premiers temps de sa parentalité. Comme nous avons dit, sa mère avait des problèmes de santé et son père paternel avait prévu de rester en Argentine vu son état psychique.

Ces caractéristiques nous donnent une idée des défis que confronte ce couple qui vient de reconstituer rapidement son équilibre et il nous fait penser qu’ils auront besoin de nouvelles aides psychothérapeutiques.


Bibliographie

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Member of the ACPP/ AEPP/ EFPP. AEPP’s Delegate for the Couple and Family  EFPP’s Section.

Institution: Unitat de Salut Mental de Collblanch (Institut Català de la Salut – Diputació de Barcelona)

Adress : Josep Tarradellas, 132. 2n 2ª. 08029 BARCELONA

Mail: perellovet@telefonica.net

64 La révision de la version espagnole – castillane de cet article a mis en évidence une question théorique technique intéressante: dans les traitements de couple, comment doit on considérer des séances individuelles avec un seul membre? D’un point de vue orthodoxe, on interpréterait un passage à l’acte du thérapeute produit par une alliance inconsciente avec l’un des partenaires qui aurait un effet d’exclusion de l’autre membre amen de collusion dans le processus thérapeutique. En général, en psychothérapie, on doit examiner précédemment les motivations et l’impact potentiel des interventions du thérapeute. Dans ce cas et moment particulier, la motivation pour des séances individuelles avec la femme était de traiter sur l’interruption de son traitement lorsque sa famille a émigré et son possible reprise. Certainement, ces séances modifient le cadre thérapeutique de couple et impliquent une relation privilégiée (alliance) avec le thérapeute et une certaine exclusion du mari. Toutefois, dans ce cas de crise aiguë avec le surplus d’une naissance imminente, nous considérons meilleur choix courir ces risques que celles qui résulteraient de les diriger vers un autre thérapeute pour traiter ce problème spécifique et retarder le processus.

En outre, cette interruption dans le traitement de sa jalousie était directement liée aux intenses projections pathogènes sur le mari, qui recevait des transferts de  » père infidèle» et de «thérapeute perdu».

En plus de tenir compte que son hypothétique exclusion est relative et que ces séances devait être une «restitution» de quelque chose précédente, avant tout, nous accordons la priorité à ce que nous considérons l ‘«option thérapeutique» par-dessus de l’orthodoxie du cadre thérapeutique, une question que les effets  obtenus et l’évolution suivie ratifient.

En outre, cette action est caractéristique des techniques brefs ou focalisées. La condition pour cela c’est que, comme nous l’avons dit précédemment, le thérapeute évalué d’avance les implications pour le transfert et le contre-transfert et les possibles effets.

[1] Voir une revue de ces concepts dans la littérature psychanalytique fondamentale dans Bleichmar, 1999.

[2] Ce choix technique a été basé sur notre perception de l’alliance thérapeutique que le couple mis en place dès le début et qui nous a permis de développer un rôle de facilitation et de soutien (voir une évolution dans Zavattini, 2008),

[3] Nous voyons une véritable explication de défense de collusion qui se produit dans la formation des couples (Lemaire, J. 1979).

[4] Voyez un développement de ces concepts de “Reconnaissance” et “Validation” à Sander (2002), Stolorow & Atwood (1992), Riera (2010).

Revue Internationale de Psychanalyse du Couple et de la Famille

AIPPF

ISSN 2105-1038