REVUE N° 03 | ANNE 2008 / 1
ARTICLES
Les racines générationnelles de la violence chez les jeunes
Anna Maria Nicolò’ *
Dans les sociétés occidentales, on assiste de plus en plus à des explosions de violence chez les jeunes, notamment les adolescents. Les épisodes de harcèlement dès la période de latence, voire même avant, les comportements violents en groupe ou à l’école, le vandalisme ou, à l’opposé, les atteintes à soi-même – telles que scarification, piercing et autres formes semblables – ou les jeux violents sur Internet ne sont que quelques-uns des événements qu’il faut appréhender de manière adéquate et qui ne semblent pas être simplement l’expression des mécanismes utilisés jusqu’ici pour les expliquer, liés souvent à l’absence d’une satisfaction directe des pulsions ou à une identification avec l’agresseur. Ces mécanismes semblent être en effet plus complexes.
La confusion est grande pour ce qui concerne ces phénomènes.
En schématisant beaucoup, on distinguera l’agressivité de la violence et la violence du sadisme. Nombreux sont les adultes, et notamment les parents, qui se plaignent des comportements violents de leurs enfants adolescents. Or, dès la première consultation, on se rend compte souvent qu’ils ne parlent que de l’agressivité par laquelle l’adolescent cherche à se séparer en faisant un deuil évolutif ou à définir sa propre identité et à se subjectiver. Les parents très ambivalents vis-à-vis de l’individuation/séparation de leurs enfants vivent comme étant agressifs ces mouvements de séparation qui, néanmoins, sont parfois caractérisés par une véritable agressivité.
Pour faire face à ces problèmes, l’adolescent aurait besoin d’une réponse de ses parents telle que celle indiquée par Winnicott dans son article « L’utilisation de l’objet » : celle d’un parent qui, face aux menaces agressives de son enfant qui lui dit « Je te tue », sache répondre « Voilà, je meurs » et lui dire tout de suite après « Je suis vivant ». En répondant de la sorte, le parent rassure l’adolescent sur l’existence naturelle de son agressivité et le détrompe en même temps sur sa toute-puissance destructrice, en affirmant ainsi – comme le dit Winnicott même – le sens de la réalité, ce dont l’adolescent a désespérément besoin. On se retrouve alors dans le domaine d’une agressivité saine qui est à mon sens, à l’instar de la sexualité, une des instances organisatrices de l’adolescence (Nicolò, 2006). Quoique la distinction entre violence et sadisme puisse paraître évidente au premier abord, il arrive que ces deux phénomènes se superposent. La distinction essentielle réside, à mon avis, dans le plaisir qui caractérise les situations sadiques et qui est lié au besoin d’exercer une emprise sur l’autre et de lui causer une souffrance. Ce plaisir, qui peut revêtir des caractéristiques d’érotisation, n’existe pas dans les situations de violence, bien qu’on voie parfois des pathologies qui sont à la frontière entre fonctionnement violent et fonctionnement sadique ou dans lesquelles la violence peut être empreinte d’aspects sadiques. Dans d’autres cas, l’évolution ultérieure de personnalités violentes vers des dérives sadiques est liée non seulement à l’organisation de la personnalité, mais aussi à des facteurs fortuits qui peuvent devenir des éléments structurants de la personnalité, tels que les rencontres traumatiques que peut faire l’adolescent.
Comme bien d’autres auteurs, Glasser (1985) distingue le sadisme ou violence maligne – sadism or malicious violence – de la violence autoprotectrice – self-preservative violence (Meloy, 1992, distingue également violence prédatrice et violence affective). La première forme de violence est présente chez les personnalités psychopathes : il s’agit d’une violence planifiée et non affective, alors que la deuxième est une réaction à une menace réelle ou imaginée. Je me concentrerai sur cette dernière, à savoir la self-preservative violence, l’affective violence, car c’est à mon avis la violence qui caractérise en général les jeunes d’aujourd’hui, aussi bien individuellement que regroupés en bandes.
La nature physiologiquement traumatique des processus évolutifs de l’adolescent, tels que l’intégration du corps sexué et le remaniement narcissique-objectal, fait que l’agressivité normale – qui, comme je l’ai dit plus haut, est une des instances organisatrices de cette étape de la vie – puisse avoir un effet explosif lorsqu’elle entre en collision avec d’éventuels fonctionnements traumatiques précédents ayant caractérisé le fonctionnement familial de l’adolescent. Ceci précipite un double traumatisme. Le jeune violent tente de se débarrasser du processus traumatique qu’il ne parvient pas à élaborer en attaquant un ennemi ou quiconque lui en donne l’occasion étant donné qu’il a projeté sur lui des parties honteuses ou reniées de lui-même (Nicolò, 2005 ; 2006). Ce processus lui procure un soulagement momentané, il peut servir à endiguer l’effondrement (Nicolò, 2005 ; 2006) et, surtout, il lui permet d’organiser une identité négative, fondée sur la toute-puissance, la négation de la dépendance, l’autosuffisance. Dans cette période de la vie, la violence a pour but inconscient de définir l’identité : elle devient donc une tentative de se différencier et de se définir, même contre l’autre ou contre la réalité. Elle apporte, en outre, une sensation de force et de puissance lorsque, en raison de son histoire personnelle et des dynamiques propres à l’adolescence, le jeune se sent en danger et craint la passivité. Les agis violents s’opposent ainsi aux vécus dépressifs ou aux angoisses identitaires que ces jeunes ne parviennent pas à intégrer ou à élaborer. En un seul agi, les tensions et les conflits internes et externes s’apaisent, en évitant le danger redouté d’une élaboration que ni l’adolescent, ni les parents ne sont en mesure de faire.
Comprendre le fonctionnement familial
Parmi les nombreux facteurs qui contribuent à la genèse d’un comportement violent chez les jeunes et les adolescents, le fonctionnement de la famille est sûrement l’un des plus importants. Mais que se passe-t-il dans les familles confrontées à un adolescent violent ? Dans la famille en tant que contexte d’apprentissage émotionnel et affectif, l’adolescent a appris, dès l’origine de sa vie, des mécanismes de défense transpersonnels et interpersonnels spécifiques pour se protéger de l’angoisse et de la douleur mentale. Dans ces familles, le passage à l’acte, la concrétisation, l’incapacité de concevoir le temps, la difficulté de contenir les tensions et de maîtriser les impulsions, mais surtout de penser, sont quelques-unes des caractéristiques les plus fréquentes et connues. Cette qualité particulière de la vie familiale humilie et méconnaît les besoins de l’adolescent propres à cette phase, en déterminant une situation où l’identité violente devient la seule réponse possible pour survivre dans ce contexte.
On connaît désormais suffisamment un certain nombre de mécanismes qui déterminent la répétition de ces modèles violents dans les familles. On sait pour sûr que les parents maltraitants ont souvent été des enfants maltraités. L’identification avec l’agresseur, la dissociation, la négation sont des mécanismes largement décrits dans les cas de maltraitance, d’abus et de violence. « Il arrive souvent que la dissociation soit entretenue dans le fonctionnement familial par l’exigence de garder le secret sur les violences et, surtout, sur les abus. Il existe donc une identité apparente et une identité réelle de la famille et des personnes impliquées, qui sont en contradiction. L’enfant apprend des modalités de fonctionnement particulières, notamment à ne pas se reconnaître comme « un sujet doté de droits en tant qu’individu » […] Un énorme fossé se creuse ainsi entre l’enfant imaginaire dans l’esprit des parents et l’enfant réel qu’ils ont devant eux ; pour des raisons différentes, l’enfant abusé devient invisible pour le père abusant et pour la mère qui ne le protège pas, alors que l’enfant maltraité devient méconnu dans ses besoins. Ceci en fera un adulte qui, à son tour, abuse ou maltraite sans être pleinement conscient, presque, de la signification de ses actes. Cette invisibilité, cette méconnaissance sont en fait un des aspects les plus pathologiques de ce fonctionnement »1 (Nicolò, 2005 ; 2006).
Ce besoin toujours nié ou méconnu d’être vu et reconnu dans sa propre identité s’accroît et devient explosif à l’adolescence car il est amplifié par les besoins propres à cette phase.
a) Le fonctionnement régressif et indifférenciant
Un autre aspect essentiel mérite une attention particulière dans ce contexte : le fait que les comportements violents sont l’expression d’une régression, tant individuelle que familiale, à un niveau mental et organisationnel plus primitif.Dans un des films les plus impressionnants qui abordent le thème de la violence chez les adolescents, « Le seigneur des mouches », on assiste à une détérioration progressive du fonctionnement et des relations dans un groupe d’adolescents naufragés sur une île déserte à la suite d’un accident. On voit très vite émerger des fonctionnements groupaux du type présupposés de base dépendance messianique du leader et attaque-fuite, avec une grave régression paranoïde. Les individus plus raisonnables sont mis en marge, voire même tués. La crainte de la solitude, de se sentir désarmé face aux difficultés et l’exigence de se définir de manière défensive avec une identité forte génère une adhésion sans pensées au fonctionnement du groupe. Il se produit, comme l’indique Amati Sas en se basant sur la théorie de Bleger, « une régression défensive à un état d’ambiguïté » qui naît de la violence et génère la violence. Il me paraît utile d’approfondir ce point pour expliquer ce qui se passe dans les situations où l’adolescent répète avec le groupe des pairs un certain nombre d’attitudes et de fonctionnements complexes qui avaient caractérisé le fonctionnement de sa famille d’origine. L’hypothèse de Bleger, reprise par Amati Sas, porte sur l’existence d’un noyau ambigu déposé dans l’environnement, qui devient « porteur des aspects plus indifférenciés du Soi. Il restera toujours, chez un sujet mature, un résidu de l’indifférenciation primitive », affirme Amati Sas. « Quand de brusques changements se produisent, tant à cause de mouvements soudains du contexte dépositaire que d’une crise dans la vie de l’individu (émigration, deuil…), la mobilisation de l’ambiguïté qui a perdu son dépôt peut se manifester comme incertitude ou comme angoisses de tonalité diverse. » La violence et les traumatismes déterminent ensuite une régression défensive sur le plan intersubjectif. D’après Amati Sas, le conformisme, l’incapacité de critique sont liés à l’existence de cette ambiguïté utilisée par le Moi – en raison même de sa capacité mimétique –, à l’obnubilation et à l’indifférence « comme un bouclier pour protéger sa structure. »2 Cette régression entraîne une grande modification des relations humaines et, surtout, elle introduit le malentendu (l’équivoque, le paradoxe, l’ambiguïté). Ce malentendu, ainsi que la « malléabilité et la pénétrabilité » que produit la violence, sabotent le projet identificatoire du sujet (Aulagnier), de même que la dimension éthique et morale.
En employant une terminologie qui m’est plus familière, je dirai qu’il existe, dans ces familles et dans les liens entre ces familles et l’adolescent violent, une régression à un niveau primitif et peu différencié qui, par ailleurs, est un des niveaux toujours présents, sans être actifs, dans le fonctionnement de n’importe quelle famille. La violence étant une menace à l’assurance de soi, le besoin d’appartenance, de partage avec l’autre et la crainte de l’isolement augmentent de manière défensive et déterminent une régression vers des formes primitives du fonctionnement aussi bien de l’individu que du groupe familial. Dans cette situation, la subjectivation des membres, notamment de l’adolescent, devient une menace. Puisque la violence d’un ou des deux parents et leur méconnaissance, leur méprise quant aux besoins réels de leurs enfants ont créé une atmosphère d’insécurité, le malentendu (dont parlent Bleger et Amati Sas), le mensonge, la confusion (terme employé par Meltzer) s’imposent comme mode de fonctionnement et d’identification. Le cynisme vis-à-vis de la valeur de la vérité empoisonnera l’éthique des relations familiales … et tout désir sincère d’apprendre sera ainsi détruit.
Ce type de fonctionnement rend la relation de ces adolescents avec le groupe des pairs problématique car ils ont tendance à répéter avec les jeunes de leur âge la dynamique de méconnaissance, d’attaque-fuite, de soumission-prévarication qui caractérise subtilement leur famille. Puisque le malentendu, l’ambiguïté, le mensonge ont porté atteinte à leur identité, ils doivent exhiber et imposer cette identité pour montrer qu’ils en ont une et, en même temps, ils ne disposent pas d’instruments véritables et internalisés pour penser, se différencier, se subjectiver. Ceci entraîne le plus souvent leur adhésion passive à des groupes de pairs organisés en gang. Dans ce climat, il n’existe pas de différences et il n’y a donc ni coupables, ni victimes. Ils partagent tous un même fonctionnement, où l’effraction des limites et des frontières permet tout ; il n’y a pas de deuil, il n’y a que la toute-puissance et, par là-même, le refus de l’Œdipe. Ce type de fonctionnement et d’identification est préœdipien, archaïque et aspécifique.
Un garçon de dix-sept ans, que j’avais traité dans des séances familiales pour des épisodes de harcèlement vis-à-vis de garçons plus jeunes et pour des problèmes comportementaux à la maison, porte un rêve en séance après huit mois de traitement : il se trouvait dans une maison inconnue qu’il savait être sa maison. On l’appelait pour le repas, mais il s’apercevait alors avec étonnement que les membres de sa famille avaient des visages méconnaissables. Ils semblaient masqués par une sorte de bas en nylon qui les rendait tous pareils. Ce fait semblait l’effrayer. Encouragé par sa plus jeune sœur, il associe le bas en nylon aux épisodes de cambriolages, vols et divers actes de délinquance qu’il a vus dans un film ou dont il a entendu parler et qui l’excitent. Les parents paraissent sous-estimer le contenu du rêve, comme ils sous-estiment d’ailleurs les problèmes de leur fils. Ils ne parviennent pas à se dégager de l’idée que les séances ne sont en réalité qu’une occasion pour montrer leur colère, leur déception vis-àvis d’un fils qui, d’après eux, n’obéit pas.
Dans cet exemple, la deuxième peau, représentée métaphoriquement dans le rêve par le bas en nylon qui couvre le visage des membres de la famille, est un moyen qui rend les personnes indifférenciées, cette annulation de l’identité étant liée à l’annulation du sens de responsabilité. On ne peut pas reconnaître qui accomplit une action. Outre le sentiment d’indifférenciation régressive qui caractérise le fonctionnement de ces familles et la méconnaissance-méprise de l’identité, d’autres mécanismes reliés aux premiers entrent en jeu.
b) Le fonctionnement selon la logique du plus fort
Dans un autre cas, une grande partie des séances de la première année de traitement sont organisées par Fabio, 20 ans, autour de la découverte et de la dérision de mes erreurs ou de mes ignorances et incompétences. Le schéma répétitif consiste à essayer de faire en sorte que je me trompe ou à me battre sur le plan de la dialectique. Dans la séance familiale, je découvre qu’il s’agit d’une tendance très marquée chez le père qui humilie le reste de la famille par son habileté rhétorique ou son érudition, mais que la mère, une universitaire, est subtilement complice, dans une sorte de divertissement sadique et humiliant vis-à-vis de l’interlocuteur. L’effet de cette attitude, qui se perpétue au fil des années, amène les deux enfants à refuser de parler avec le père ou la mère dans la vie quotidienne. Le père, juriste, est toujours prêt à dire le dernier mot sur le bien et sur le mal, sur ce qu’il faut ou ne faut pas faire. On découvrira petit à petit son passé de coureur incorrigible, avec de lourds épisodes d’humiliation de la femme qui par exemple, avant et après avoir accouché de son premier enfant, restait seule pendant que le mari était soi-disant pris par des engagements de travail pressants alors qu’il se trouvait en réalité avec une autre femme.
Ces brefs exemples cliniques montrent qu’il s’agit de familles dominées par des modèles caractérisés par l’obéissance et l’humiliation au profit du plus fort. La règle est de subir ou de faire subir. Dans les situations extrêmes de familles-gangs, il n’y a pas de différenciation entre les parents, ni entre les parents et les enfants sur le plan des frontières et de la capacité de contenance. Un individu qui se trouve dans cet état mental – affirme Meltzer – est incapable de penser, mais il sait très bien exploiter les pensées des autres et à des fins différentes de celles qu’il avait envisagées au départ. Le fait de penser est donc détérioré et utilisé comme instrument de pouvoir. La fonction paternelle est autoritaire et paternaliste ; la corruption de l’instance paternelle entraîne la sensation que la justice n’existe pas.
Un des adolescents que j’ai traités était très fier d’attaquer la police, en déplaçant à l’extérieur sa rébellion contre son père : il affirmait que la vraie justice était d’attaquer le pouvoir corrompu. Pour lui, il n’y avait pas de différence entre voler et être volé ; il utilisait pour cela le terme « prendre », mais le fait de prendre ou de se faire prendre était tout à fait fortuit et considéré par lui comme un événement peu important. Dans le cas de ce jeune (et d’autres jeunes également), les provocations et les crises de colère et de violence qui le caractérisaient (on l’avait surnommé « cinéma » parce qu’il s’énervait facilement et faisait tout un cinéma même à ses amis) visaient à remettre en question ce clivage en un point de rupture précis et de stimuler le monde qui l’entourait à faire de même. Ces agirs peuvent parfois être considérés comme des communications d’aspects du parent que le jeune porte en lui sans élaboration. On assiste parfois à la répétition de véritables scénarios traumatiques dont le but, dans une optique winnicottienne, est de contraindre le milieu originaire à des réponses différentes de celles fournies au départ. On peut aussi découvrir parfois le fantasme de l’existence d’une dimension de pureté idéalisée et lorsque les agis commencent à se réduire, on constate dans certains cas une tentative de réparer les dommages et de rétablir un aspect pur, comme le patient qui me mettait toujours en échec et qui fait maintenant du bénévolat avec les vieux sans-abri. Comme dit Winnicott, l’agir représente pour ces patients l’alternative au désespoir. Le plus souvent, le patient se sent sans espoir… et il vit dans un état de dépression ou de dissociation qui dissimule un état de chaos toujours imminent (Winnicott, 1984). Je pense que la violence et l’agir dyssocial doivent être soigneusement évalués et différenciés, mais qu’ils représentent toujours une communication.
Bibliographie
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Pichon Rivière E. (1979), Teoria del vínculo, Nueva Vision, Buenos Aires.
* MD., psychyatrist, training analyst SPI – IPA
- Traduction libre
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