REVUE N° 34 | ANNÉE 2026 / 1

Plurisubjectivité, transferts et processus associatifs en psychanalyse de couple et famille


Plurisubjectivité, transferts et processus associatifs en psychanalyse de couple et famille1 

René Kaës était un pionnier et un grand théoricien de la psychanalyse de Groupe. Il a beaucoup contribué à l’essor de la psychanalyse familiale et de couple. Nous abordons quelques concepts clés, très opérants pour la conceptualisation de la psychanalyse de couple et de famille. Une illustration clinique mettra au travail certains de ces concepts au cours d’une cure psychanalytique familiale.

 

Mots-clés: alliances inconscientes, appareil psychique groupal, appareil psychique familial, holding onirique familial, lien, pactes dénégatifs, polyphonie du rêve. 


Plurisubjetividad, transferencias y procesos asociativos en el psicoanálisis de pareja y familia

René Kaës fue un pionero y un gran teórico del psicoanálisis de grupo, y contribuyó en gran medida al auge del psicoanálisis familiar y de pareja. Abordamos algunos conceptos clave, muy útiles para la conceptualización del psicoanálisis de pareja y familiar. Un ejemplo clínico pondrá en práctica algunos de estos conceptos a lo largo de una cura psicoanalítica familiar.

Palabras clave: alianzas inconscientes, aparato psíquico grupal, aparato psíquico familiar, holding onírico familiar, vínculo, pactos de negación, polifonía del sueño.


Plurisubjectivity, transference and associative processes in couple and family psychoanalysis

René Kaës was a pioneer and a leading theorist in group psychoanalysis and made a significant contribution to the development of family and couple psychoanalysis. We explore a number of key concepts that are highly effective in conceptualising couple and family psychoanalysis. A clinical illustration will demonstrate how some of these concepts are applied during a family psychoanalytic treatment.

Keywords: unconscious alliances, group psychic apparatus, family psychic apparatus, family dream holding, bond, denial pacts, polyphony of the dream.

 


ARTICLE

Plurisubjectivité, transferts et processus associatifs en psychanalyse de couple et famille1 

Christiane Joubert*

Introduction

La conceptualisation de René Kaës constitue un apport fondamental à la psychanalyse contemporaine, dans le champ de la psychanalyse de groupe, de famille et de couple.

J’ai eu l’immense plaisir de rencontrer René Kaës, il y a longtemps, à Lyon, dans le cadre universitaire et de nos recherches sur la psychanalyse familiale et de couple, lors de congrès, colloques et journées de travail. Cela a été un honneur pour moi qu’il accepte, étant Professeur émérite, de participer à mon jury D’HDR (Habilitation à diriger les recherches), à l’Université Lyon 2 en 2013. Lors de mon installation comme Professeur à l’Université de Toulouse 2, en 2000, il a contribué au développement de la pensée psychanalytique groupale au sein de cette université, en participant à une Journée de travail organisé autour de ses travaux. Je lui dis toute ma gratitude et mes remerciements, aussi pour son accueil chaleureux, d’une grande humanité, et pour les moments conviviaux, riches, que nous partageons ensemble, nous faisant toujours profiter de sa grande culture. Sa disparition est une immense perte pour nous tous, mais la richesse de son œuvre nous permet de continuer à développer les concepts et alimente notre clinique.

Avec L’extension de la psychanalyse. Pour une métapsychologie de troisième type (2015), Les alliances inconscientes (1988, 2009), Kaës inscrit le lien et la transmission psychique dans le corpus théorique psychanalytique, créant une rupture épistémologique. Son ouvrage sur le Malêtre (2012) en écho à Malaise dans la culture de Freud (1930), nous aide à comprendre les crises graves que nous traversons actuellement dans un monde en mutation avec les nouvelles formes de souffrance psychique. La psychanalyse comme toute science, enracinée sur l’observation du phénomène clinique évolue grâce aux ruptures épistémologiques; la famille et le couple en analyse témoignent encore d’une nouvelle rupture. La psychanalyse groupale est une extension de la psychanalyse pour appréhender les nouvelles formes de la psychopathologie contemporaine.

La conceptualisation de la thérapie familiale psychanalytique est enracinée sur la psychanalyse de groupe. Cela implique la création de nouveaux dispositifs de soins psychanalytiques. C’est ce que nous montrerons avec la situation clinique présentée.

Les apports de la théorie de Kaës à la conceptualisation de la thérapie familiale psychanalytique

Nous allons saisir quelques concepts qui nous paraissent fondamentaux pour le développement du corpus théorique de la psychanalyse familiale et surtout qui “nous parlent” dans notre clinique familiale.

L’appareil psychique groupal et l’appareil psychique familial

Kaës (1976) introduit le concept d’appareil psychique groupal qui est « une construction commune des membres d’un groupe pour constituer un groupe ». C’est une fiction, un appareil de liaison, d’échange et de médiation, de transformation entre le sujet et le groupe:  une articulation entre l’espace psychique du sujet, l’espace intersubjectif et l’espace du groupe (par exemple, la métaphore du corps). L’appareil psychique groupal fonctionne avec le pôle isomorphique (collage, indifférenciation) et homomorphique (différenciation, structuration, organisation) dans le groupe. Le groupe est perçu en tant qu’objet, mobilisant les pulsions. Kaës conceptualise trois espaces de la psyché́: l’intrapsychique, l’espace intersubjectif avec l’interfantasmatisation, en articulation sur les ensembles plurisubjectifs que constituent les groupes, les familles et les institutions, le transsubjectif. Le sujet de l’inconscient est « sujet du groupe », sujet du lien, en étayage sur ses différentes appartenances, familiales, groupales, culturelles (Kaës, 1993).

Il met en évidence trois phases de la vie psychique d’un groupe:

  • La phase idéologique (voisine de l’illusion groupale, pour lutter contre les angoisses schizoparanoïdes).
  • La phase utopique (pour lutter contre les éprouvés de perte et de crise).
  • La phase mythopoïétique (phase créative du groupe, aire de jeu de Winnicott), avec les objets culturels.

René Kaës travaille aussi avec Didier Anzieu sur le fonctionnement inconscient du groupe (1975).

En appui sur l’appareil psychique groupal, Ruffiot a fait l’hypothèse d’un appareil psychique familial (1981)

L’APF est l’appareil psychique groupal primaire, c’est la matrice de tout appareil psychique groupal. Ruffiot pointe la relation entre l’APF et l’appareil psychique primitif du nouveau-né, la psyché primaire. Le fonctionnement de l’APF est de type onirique. Il est le cadre indifférencié, le moi non-moi qui permet à chaque membre, dans une évolution normale, de réaliser une intégration somato-psychique, de se structurer un moi individuel différencié, à partir d’un auto-érotisme suffisamment développé. Il résulte de la fusion des mois psychiques primaires individuels. Il a suivi l’idée de certains auteurs (Winnicott, Tausk, Federn) ayant exploré la psyché primaire et il propose l’idée de l’existence d’une psyché pure au tout début de la vie avant son ancrage corporel. Ce moi psychique est une réalité psychique, un sentiment vécu du tout début, un moi sans frontières corporelles, un moi flou dont la délimitation se fera par l’habitation progressive du corps (Winnicott), par l’incorporation graduelle de la psyché (Federn[1]). Pour Bleger*, il s’agit d’un dépôt de moi non-moi dans la mère et dans la famille; en écho à la théorisation de Bion, ce type particulier de communication passe par la fonction alpha, capacité de rêverie, maternelle. De cette psyché primaire mal délimitée, mal individuée (vécu primitif qui persistera chez chacun, à l’état de refoulé), Ruffiot montre qu’il restera un aspect d’ouverture à l’autre, attitude ultérieure du psychisme à la participation au groupe. Le moi psychique en tant que psyché pure, est par essence groupal collectif.

La théorisation du lien par Kaës (2005b) est fondamentale pour la thérapie familiale psychanalytique: 

Notons la différence entre le lien et la relation d’objet: le lien présuppose la présence réelle des sujets en séance avec les dispositifs groupaux (Berenstein, Puget, 2008), alors que la relation d’objet est intériorisée par le sujet. Kaës distingue

  • l’état du lien: un état d’indifférenciation primaire qui permet la transmission directe des états émotionnels inconscients entre la mère et le bébé, c’est le domaine de l’émotionnel et du ressenti (le mood). L’ambiance, le ressenti du groupe et dans le groupe est donc très important;
  • et la structure du lien, à partir des états émotionnels, qui passent dans le registre symbolique, par la parole. Dans le registre symbolique (secondaire), la pensée est structurée et ordonnée, avec intégration des interdits fondamentaux. Le lien présuppose les deux niveaux symboliques et imaginaires en permanence. Verbaliser c’est aussi être en adéquation avec les ressentis, comme dans l’accordage primaire. La parole est enracinée sur l’émotionnalité. C’est ce que nous travaillons avec les familles et les couples en séances, le partage de l’émotionnel.

Kaës ( 2015) définit la réalité psychique du lien par son contenu de nature libidinale, narcissique et thanatique; par ses processus (mouvement plus ou moins stable des investissements, des représentations et des actions qui associent deux ou plusieurs sujets pour accomplir certaines réalisations psychiques qu’ils ne pourraient pas obtenir seuls) et par sa logique, celle des corrélations de subjectivité dont il propose la formule suivante: “pas l’un sans l’autre, sans les alliances qui soutiennent leur lien, sans l’ensemble qui les contient et qu’ils construisent, qui les lie mutuellement et qui les identifie l’un par rapport à l’autre”.

Quant à nous, nous avons proposé “Une esquisse de métapsychologie du lien” (Joubert, 2004) avec l’hypothèse que ce sont les modalités de lien (empreintes primitives, imprégnées de transgénérationnel), sur un mode inconscient, qui se transmettent de génération en génération, fomentant la compulsion de répétition, et qui vont s’élaborer, puis se transformer dans le néo-groupe familial (Granjon, 2005), par la dynamique transféro-contre-transférentielle et intertransférentielle. La mythopoïèse familiale, mise en récit, devient alors transmissible.

La polyphonie du rêve: Kaës (2002) en résonance avec le holding onirique familial (Ruffiot, 1990)

Ruffiot définit la substance du holding onirique comme “le consensus inconscient du groupe familial pour produire de l’onirique et pour mixer les productions oniriques de chacun”. Ruffiot s’est appuyé sur Guillaumin qui considérait ,d’une part, au niveau intrapsychique, le pouvoir de fédération et de transitivité du rêve, et, d’autre part, l’extraterritorialité du monde onirique, en se questionnant: “Qui rêve dans la psyché du nourrisson? La mère ou l’enfant? Ou bien s’agit-il d’une rêverie mutuelle? réciproque? commune?” qui ferait du rêve une médiation entre les consciences, zone privilégiée de rencontre interpersonnelle au niveau inconscient. Ruffiot s’interroge alors sur qui pense, qui rêve et où cela rêve-t-il, dans un groupe et en particulier dans le groupe familial en thérapie. Il en vient à penser que l’onirisme familial, lieu de fusion des psychés individuelles, constitue l’axe central du processus de la thérapie familiale psychanalytique, qui permet alors à des vécus ineffables d’être re-expérienciés. En suivant Winnicott (1971), la reviviscence des situations de holding se fait dans la fantasmatique parentale et fraternelle. Ainsi, le holding onirique serait une réponse onirique d’un membre de la famille à un autre membre de la famille et jouerait un rôle essentiel pour la maturation des Moi individuels dans la matrice psychique originaire, constituée par la rêverie maternelle, paternelle et infantile. Il propose l’utilisation du rêve comme mode de communication et d’échange, dans un creuset groupal familial en interfantasmatisation. Ruffiot parle de “miroir onirique groupal” dans lequel la famille se voit une et propose d’examiner l’hypothèse d’un “stade du miroir groupal”, d’un appareil onirique familial qui va permettre durant le processus thérapeutique que des vécus ineffables soient ré-expérienciés. Le “holding onirique familial” actif dans la thérapie familiale résulte d’un processus régressif à un niveau archaïque, processus par lequel la psyché d’un des membres de la famille “se déverse sans entrave dans la psyché des autres”. Le pictogramme (Aulagnier, 1975), première inscription somato-psychique de l’originaire serait ainsi, selon Ruffiot, une sorte “d’écriture en miroir illisible sans le miroir familial”. Le holding onirique familial permettrait donc l’inscription du pictogramme dans la psyché individuelle, donnant sens, support de représentations, aux vécus ineffables du sujet. Ruffiot parle également d’une mythopoïèse groupale inconsciente, qui s’élabore au sein du cadre analytique, autour des fantasmes originaires et du “transrêvage”.

Kaës (2002) soutient que, si dans la tradition psychanalytique freudienne, le rêve est une production propre et intime du rêveur, qu’il accomplit des fonctions strictement intrapsychiques et qu’il témoigne de l’organisation dynamique, topique et économique de l’appareil psychique individuel, il exprime en même temps et aussi l’organisation et le fonctionnement de l’espace intersubjectif. La notion de polyphonie du rêve (empruntée à la polyphonie du discours de Bakhtine) éclaire la configuration du groupe dans le rêve. L’auteur suppose que le rêve s’élabore au croisement de plusieurs sources, de plusieurs émotions, de plusieurs pensées et de plusieurs discours. Cela met en évidence l’extraterritorialité du rêve. Le rêve comme message, et comme message transférentiel, dit Kaës (2002), indique qu’il y a un destinataire, donc l’annonce d’une polyphonie, notamment lorsque les rêves se répondent. Ferenczi déjà se demandait à qui l’on raconte ses rêves et il répondait: “Les psychanalystes savent depuis longtemps qu’on se sent poussé inconsciemment à raconter ses rêves à la personne même que leur contenu latent concerne”. Kaës propose l’enveloppe onirique commune et partagée comme contenant du rêve: les figurations du contenant onirique sont représentées par la maison, le salon, la salle d’attente, des “espaces contenants, et sont les représentants groupaux du corps et de la psyché maternelle, du ventre et de l’ombilic d’où l’on rêve”. Ainsi le rêve serait la matrice primaire du lien. Il propose encore l’espace onirique commun et partagé, comme espace transitionnel. Suite aux travaux de Pontalis et de Khan, ayant soutenu l’idée que le rêve pouvait être considéré comme un objet transitionnel, Kaës pointe que le rêve acquiert une valeur transitionnelle à la fois dans l’espace interne et dans l’espace intersubjectif. Il met en évidence “des fonctions d’étayage et de holding onirique, de message, de perlaboration et de restauration des fonctions psychiques du Moi et du Préconscient”. En résonance avec ce que montrait Ruffiot, il reprend que les messages oniriques établissent une communication particulière, qui ramène au temps des origines de la famille, là où des traces n’ont pas jusqu’alors trouvé de formulations communes et partageables.

Il a proposé une lecture de ces éléments communs de l’espace onirique partagé que sont les rêves croisés patient-analyste. Ces rêves ont des traits communs dans les groupes et les thérapies familiales. Selon lui, ils sont en rapport avec des moments de dépersonnalisation passagère et des hypercondensations collusives entre patient et analyste. Toutefois, au-delà de cet aspect collusif (entre l’histoire de l’analyste et celle du patient), ils sont souvent la marque d’un espace transitionnel qui indique à l’analyste que ce dont les patients qui ont besoin à ce moment-là du processus. Les rêves croisés supposent en effet que le thérapeute se déprenne de la fascination et de la sidération présentes dans l’espace thérapeutique. La supervision, espace groupal nécessaire pour élaborer la dynamique transféro-contre-transférentielle et intertransférentielle va permettre un travail d’élaboration. Cette exploration va s’effectuer par conséquent dans les contrées transgénérationnelles. Nous avons publié une clinique autour des rêves croisés patients-analystes, en thérapie familiale psychanalytique (Joubert, 2012, 2014). Granjon (1983) a insisté sur l’articulation entre le rêve et transfert: “les rêves et les récits de rêves sont les vecteurs des fantasmes inconscients contenus dans la mythologie familiale, ils évoluent en rapport avec les transferts sur les thérapeutes, sur le cadre de la thérapie familiale et sur le groupe-famille”.

Les alliances inconscientes de Kaës, (1988,2009), un autre apport pour la thérapie familiale psychanalytique: 

Les liens sont faits d’amour et de haine et, à la base de tous nos liens (familiaux, professionnels, sociaux, amicaux, etc.), il y a du dénégatif. Selon Kaës, le pacte dénégatif dans les groupes est une alliance inconsciente, défensive, de versants inconscients auxquels on n’a pas accès (déni, clivage, rejet, désaveu, enkystement et refoulement aussi). Il distingue:

  • La communauté de déni et alliance dénégatrice qui sont des alliances aliénantes.
  • Le contrat pervers (emprise du pervers sur ses partenaires), régi par la jouissance.
  • Les alliances offensives (coalition en vue d’une attaque contre un autre ou plus d’un autre).

Et les alliances inconscientes structurantes, organisatrices:

Le pacte fraternel et le contrat avec le père, dans le mythe, “Totem et tabou” (Freud, 1913), impliquent que les frères se liguent pour tuer le père tyrannique endogamique

(castration des fils et appropriation de toutes les femmes), puis qu’ils font un pacte pour ne pas recommencer le cycle tyrannique, avec l’interdiction de l’inceste, l’interdiction de tuer l’animal totémique et l’interdiction du fratricide. Selon Kaës (2009), c’est le fondement du contrat social, un pacte structurel qui fixe les lois de l’exogamie, de l’interdit de l’inceste et du meurtre. C’est un contrat de renoncement à la réalisation directe des buts pulsionnels. Cela permet l’accès à la communauté de droit qui nous protège contre la violence et rend possible l’amour, la complicité, l’empathie. Ce contrat est tacite et pas totalement conscient. Les alliances inconscientes ont un côté organisateur, elles organisent le lien mais aussi notre psychisme, notre surmoi. Le surmoi est fait d’interdits régis par le complexe d’Œdipe (Freud), d’une part, et le complexe fraternel (Kaës, 1992, 2008), d’autre part. Jaitin (2006) met au travail la “clinique de l’inceste fraternel” en thérapie familiale psychanalytique.

Les contrats et pactes narcissiques: 

Kaës reprend le contrat narcissique d’Aulagnier (1975) qui a montré que lorsqu’un enfant arrive au monde, il est reconnu dans le monde dans lequel il est accueilli, il est nommé, il a sa place dans la génération et il est aussi chargé d’assurer la continuité de l’ensemble auquel il appartient. Nous l’avons développé dans un article (Joubert, 2017). Et nous avons montré aussi, dans un autre article (Joubert, 2007), que le transgénérationnel de chaque lignée est en collusion dans le lien de couple, en nous appuyant sur la conceptualisation des pactes dénégatifs à la base de tous les liens.

Nous exposons maintenant une clinique avec un dispositif “gigogne”: un setting aménagé à la fois groupal et individuel, en articulation.

Clinique

La demande de soin et premières consultations

La famille O vient consulter, envoyée par la psychologue de Madame à propos de leurs graves soucis avec leurs deux enfants adoptées que je nomme Adèle, 14 ans, en 3éme, et Jules, 9 ans, en CE1 (il a un retard scolaire), scolarisés tous deux dans le même établissement privé. Le proviseur du collège a menacé à plusieurs reprises d’exclure Adèle pour des troubles du comportement (vols, insolence, mensonges, agressivité, troubles du comportement sexuel). Jules est en soutien scolaire, il a des difficultés d’apprentissage, “très collé encore à sa mère”, disent les parents.

Madame, la quarantaine, a arrêté de travailler pour s’occuper de ses deux enfants et elle considère que c’est un échec pour elle: «“j’ai tout sacrifié pour eux, ma carrière, et maintenant ma vie”. Elle a fait des études de lettres et était professeur d’anglais, en classe préparatoire. Monsieur, 45 ans, fait une brillante carrière internationale et ils ont beaucoup déménagé pour le suivre.

Les deux enfants sont frère et sœur de sang, adoptés à 4 ans pour Adèle et à 1 an pour Jules. Ils ont été confiés à l’orphelinat à la naissance de Jules. Ils viennent de Madagascar et ont la peau colorée; “dorée”, diront les parents. “On les avait trouvés très beaux et on voulait des enfants avec une couleur de peau différente pour bien marquer l’adoption et notre engagement du côté de l’humanitaire”. “Ils ont des origines indiennes”, leur a-t-on dit à l’orphelinat. Madame a quitté son métier d’enseignante, à son mariage, il y une dizaine d’années, a fait de nombreuses missions humanitaires, lors des déplacements à l’étranger avec son mari, avant l’adoption des enfants.

L’adoption a d’emblée fait partie de leur projet de vie de couple, Madame ne pouvant d’avoir d’enfants (elle a eu un cancer de l’utérus à 20 ans, qui l’a rendue stérile) ; puis elle précisera qu’elle a perdu sa mère peu de temps après. Madame et Monsieur se sont rencontrés au cours de leurs études: “il m’a beaucoup aidé lors de ma maladie, dira Madame, rassurée, et très vite on a parlé ensemble de l’adoption”. Madame a un frère plus âgé qu’elle de cinq ans, qui a deux enfants. Monsieur a une jeune sœur d’un deuxième mariage de son père et il dit avoir “porté sa mère”, à la séparation de ses parents.

Ils sont désespérés car ils “avaient mis beaucoup d’espoir dans l’adoption de ces deux enfants, un espoir de vie”. Monsieur se souvient qu’enfant, il rêvait d’adopter des enfants de couleur par “solidarité planétaire”, pour qu’il n’y ait pas que des enfants blancs sur terre.

L’arrivée en France des enfants se fera dans des conditions difficiles, accompagnés par une personne de l’orphelinat, et accueillis par leurs parents adoptifs à la sortie de l’avion. Les parents n’avaient pas pu les ramener avec eux lors de leur visite à l’orphelinat (les papiers n’étaient pas prêts). Jules est décrit prostré, avec des balancements prononcés, poussant des petits cris à chaque approche, dénutri, ayant un petit poids pour son âge. Madame dira qu’ils ont dû l’apprivoiser, que cela a pris beaucoup de temps. Je pense à l’hospitalisme de Spitz, le concernant. “Adèle était colérique, s’opposait à tout ce qu’on lui proposait, toujours en souriant, ce qui m’exaspérait et je pensais qu’elle me provoquait, je n’en pouvais plus déjà à cette époque. Cela a continué et maintenant elle ne nous crée que des ennuis, je suis au bord du burn-out, je sens que je vais tout lâcher”, dit la mère, effondrée.

« Un cadre à la mesure » (Roussillon, 1995)

Suite à deux consultations, nous décidons un travail régulier, une séance en famille par quinzaine, avec possibilité de rencontrer Adèle en individuel (au regard du fait qu’elle est adolescente et que cela peut l’aider à se différencier).

La fonction contenante du cadre: le dépôt du vécu actuel difficile.

“Le quotidien en famille” est très lourd, disent-ils. Le conflit est permanent avec Adèle. Madame envahit beaucoup les séances et Monsieur semble “absent” dans les séances. Madame lui coupe très souvent la parole et je la lui redonne régulièrement. Adèle est attentive à ce qui se dit, mais fermée, très souvent accusée par ses parents de “tout détruire”. Jules est collé à sa mère (il dort avec sa mère), les parents faisant chambre à part depuis l’arrivée des enfants). Ils disent que les enfants sont au centre de la vie familiale, “tout tourne autour d’eux” et que leur vie de couple est très pauvre. Les parents craignent le décrochage scolaire pour Adèle, qui fume du haschich, vole de l’argent, ment beaucoup, déserte les cours. Une conseillère pédagogique a convoqué les parents pour les informer aussi d’un comportement sexuel inquiétant: Adèle se “vendrait” à ses camarades pour de l’argent. Ils sont désespérés et ne savent plus que faire, ils sollicitent des conseils. À cette évocation, Adèle, larmes aux yeux, murmure qu’elle se déteste et qu’elle est méchante. Je repère que Jules à des stéréotypies. La famille est dans un discours opératoire, factuel. Je contiens les attaques et verbalise la souffrance de chacun. Je souligne les efforts permanents de ces parents pour aider leurs enfants à grandir et leur investissement. Peu à peu, je vais introduire une médiation: proposer des photographies des dossiers Photolangage1 pour favoriser l’accès à la fantasmatique, pour se dégager de ce quotidien mortifère. Je m’engage au niveau de mon contre-transfert puisque je choisis moi aussi une photo autour de laquelle j’associe en lien avec ce qui est sous-jacent dans la problématique familiale. Je sollicite ainsi une trame associative groupale (Kaës, 1976, 2001, 2002). Une rêverie croisée (patients-thérapeutes) est alors à l’œuvre dans les séances. Un travail autour des prénoms choisis par les parents (différents de leurs prénoms d’origine) en lien avec leur propre généalogie va se développer, à la demande des enfants.

Polyphonie au sein du processus: une trame associative groupale se dégage peu à peu

Autour des mensonges d’Adèle, nous en venons à penser que mentir, c’est se raconter des histoires à soi-même d’abord et que l’on pourrait travailler autour de raconter la première histoire avant l’adoption[2]. Je propose de rencontrer en parallèle, Adèle, en individuel, qui est d’accord et je précise que je respecterai le secret thérapeutique des séances individuelles.

Mythopoïèse du groupe thérapeutique

Adèle commence à écrire son histoire d’avant, dont elle ne sait rien (sinon l’abandon à l’orphelinat) pour elle et pour son petit frère, sous forme d’“il était une fois” et en séance j’associe moi aussi autour d’“il était une fois… une jeune femme à Madagascar…” – je pense au squiggle de Winnicott (1971).  

Au cours d’une séance familiale, je relate un souvenir personnel de vacances en bord de mer sur une île tropicale et je dis que j’ai pensé à eux, en rêvant de bateau. Je leur fais part de ma rêverie: “Il était une fois une famille de pêcheurs, très pauvre, le papa mort en mer; la maman ne pouvant plus nourrir ses enfants les emmène à l’orphelinat pour les sauver et demande qu’ils soient confiés à l’adoption pour une vie meilleure ». À la séance suivante, la mère dira qu’elle a lu l’histoire du Petit Poucet des contes de Grimm, à Jules, un soir au moment du coucher et qu’Adèle l’a écoutée aussi d’une oreille distraite. Je pense alors aux mythes et contes, objets transitionnels collectifs (Green, 1980), aux travaux d’Aulagnier (1984), sur l’importance de rendre “au petit historien” sa première histoire. Les parents vont amener en séances des photos de l’adoption et de l’orphelinat. Jules est invité à commencer à aller dans sa chambre au moment du coucher (les enfants ont chacun leur chambre) pour essayer de dormir dans son lit, en laissant la porte entrouverte avec une petite lumière. Il arrive à s’endormir, puis éveillé par des cauchemars, il va dans le lit maternel. Ses cauchemars sont peuplés de fantômes “qui sortent des murs”. Monsieur se souvient que lui aussi, enfant, il rêvait souvent de fantômes et qu’il avait peur. On met progressivement au travail la différenciation des corps (mère-enfant) et va germer l’idée pour les parents de faire des travaux pour refaire leur chambre. Nous pensons à l’inconscient de la maison (Eiguer, 2004). Ils diront un peu plus tard que leur vie de couple reprend et qu’ils sont heureux d’avoir une belle chambre maintenant. Une construction de la “première enfance” à Madagascar, avant l’adoption se trame en individuel dans l’intersubjectivité, entre Adèle et moi et aussi dans les séances familiales, les parents se laissant maintenant imaginer aussi des histoires.

Historicisation: dépôt de l’histoire et des traumas familiaux

Un arbre généalogique (Cuynet, 2015) avec des photos va être construit en famille et apporté en séances. Les parents vont alors aborder leur histoire familiale avec leurs failles et leurs souffrances. Monsieur parle de son enfance avec nostalgie et confiera qu’il a perdu, enfant, un jeune frère d’une maladie incurable (il en a encore les larmes aux yeux aujourd’hui, en évoquant les souffrances que cela a occasionné dans la famille). Il va dire que la dépression de sa mère remonte sans doute à cette époque-là, bien avant le divorce de ses parents. Madame et les deux enfants sont très émus à cette évocation et Jules court se blottir dans les bras de son père, dans un rôle consolateur. Madame, de son côté, parle de la dépression chronique de sa mère: elle dit que sa mère lui a confié au moment de son cancer à 20 ans, qu’elle avait été incestée par son frère aîné (alors qu’elle avait 9 ans et jusqu’à l’adolescence), frère qui était étiqueté schizophrène et qui s’est, par la suite, suicidé. Elle n’avait jamais pu le dire à sa famille et avait gardé ce secret enfoui, à cause du suicide du frère, dont elle se sentait encore coupable. Adèle est sidérée lors de cette séance. On le reprendra en séance individuelle et elle se demande si elle osera questionner sa mère à ce sujet. Quelques séances plus tard, en famille, elle demandera à sa mère ce qu’elle sait sur cette histoire d’inceste et cette dernière se mettra très en colère, criant qu’elle n’en sait pas plus, et que sa mère est décédée peu de temps après. J’interviens et pointe qu’il a des choses que l’on ne sait pas dans les histoires familiales, comme l’avant de l’adoption pour Adèle et Jules, ou que l’on sait à demi-mot, comme l’histoire traumatique de leur grand-mère maternelle. Monsieur dit que, dans sa famille, on ne parle jamais de la mort de son jeune frère et qu’il ne sait pas non plus quelle était cette maladie, il imagine un cancer. “Comme moi à 20 ans”, reprend Madame. Ils sont très tristes à ces évocations et Adèle semble compatissante. Jules a dessiné une maison noire avec tous les volets clos et sans porte. Les parents associent sur leur tristesse et disent que c’est difficile de remuer tout cela. Je les soutiens.

La fonction alpha dans le contre-transfert: une imago de grand-mère contenante

Je suis dans le champ transférentiel diffracté, une imago de grand-mère contenante qui tisse des liens avec des “morceaux d’histoire brute”, les aidant à construire une mythopoïèse, tous ensemble. Dans le contre-transfert, je les ai beaucoup investis, je suis touchée et je les porte psychiquement. Je leur dirai, lors d’une séance familiale, qu’ici nous écrivons ensemble une nouvelle histoire. Je les aide à “tricoter ces histoires multiples”, imaginer, construire celle des enfants, avant l’adoption avec “leur maman des origines” – ils la nomment ainsi désormais – avec celles des parents actuels (nommés aussi ainsi) par les enfants, et en collusion avec l’histoire du couple parental. Nous sommes du côté de la polyphonie des voix dans notre néo-groupe thérapeutique (Granjon, 2005).

Les fantômes du passé hantent l’histoire contemporaine de cette famille

“Je voudrais aller à Madagascar pour chercher ‘ma mère des origines’ et savoir si elle est vivante ou morte et pourquoi ‘elle nous a abandonnées’”, crie souvent Adèle en séance, se fâchant régulièrement contre ses parents et moi-même, nous accusant de ne rien comprendre et menaçant de ne plus venir car “cela ne sert à rien”. “Vous ne savez ce que c’est de croire voir sa mère des origines dans la rue chaque fois que je croise une femme de couleur; je cherche et je n’arrive pas à me souvenir de son visage ni de cette vie d’avant pour moi; pourtant j’ai dû vivre avec elle, avant qu’elle nous pose à l’orphelinat , je ne sais pas où j’étais, c’est vide, blanc dans ma tête”, hurle-t-elle de douleur en ajoutant à mon intention “vous ne pouvez pas comprendre, c’est comme eux” (en direction de ses parents).

Dans le travail individuel, je reprends sa vive douleur qui “me percute” par rapport au blanc de ses origines, verbalisant que je comprends sa colère, “de la rage”, me dira-t-elle. Lorsqu’elle me parlera de “ses frasques sexuelles au collège” pour de l’argent (afin d’acheter de la drogue), je lui dirai que je me demande s’il y a une résonance avec ce que sa mère a raconté à propos de sa grand-mère incestée.

Quelques séances plus tard, elle me répondra “peut-être” et elle imaginera aussi que sa mère des origines s’est prostituée pour survivre, et qu’ils sont, son frère et elle, les enfants d’une mère prostituée. Nous travaillons à imaginer leurs origines (prostitution, abandon) et cette terrible résonance avec l’inceste et une mort infantile, côté paternel.

Lors d’une séance familiale, ce sera repris par les parents qui feront un lien entre la mort de cet enfant côté paternel et le collage de Jules à sa mère, puis l’inceste subi de la grand-mère avec le comportement imaginaire évoqué par Adèle au sujet de sa mère (dont elle a parlé avec eux, suite aux séances individuelles). La mère dira “et peut-être avec ton comportement à toi actuellement, Adèle, quand tu fais des bêtises avec les garçons au collège pour avoir de l’argent”. Adèle se lèvera et ira pleurer dans les bras de sa mère, et Jules nous montrera son dessin d’un petit cercueil, ce qui arrachera des larmes à son père qui va lui aussi le prendre dans ses bras. Cette séance est très émouvante, pleine d’émotions, et je dis que le chemin qu’ils font tous ensemble est, en effet, bien difficile. Jules, quant à lui, se décollera peu à peu de sa mère, interpellera beaucoup son père en séances, qui dira qu’à la maison il cherche souvent de l’aide auprès de lui pour les devoirs. Une complicité s’installe entre eux. Le père semble trouver sa fonction paternelle, mettant des interdits à sa fille au sujet de la drogue et de ses conduites sexuelles à risque et aussi des limites à Jules qui commence à s’individuer. “Il grandit”, dira sa mère avec satisfaction. Je remarque alors que le père l’appelle souvent “mon grand garçon” et qu’en fin de séance il me serre la main plus fermement.

Nous reviendrons longtemps sur tous ces aspects de la thérapie, car c’est un long processus, parfois très souffrant, que je résume ici évidemment.

C’est un travail douloureux, mais riche en espoir d’aller mieux. Je leur dis parfois “qu’au fond de la boîte de Pandore, il y a l’espoir” et surtout je les accompagne et les soutiens. Ils se parlent désormais en famille, des liens se créent entre eux, différemment, plus souples, et monsieur me dira “que la greffe est en train de prendre”, grâce à moi, “pourtant parfois on vous a maudit de nous avoir fait remuer tout cela; on a souvent songé à arrêter mais nous nous disions qu’il était important de continuer et vous étiez là”. Je dis, bien sûr, combien ce processus est douloureux pour chacun, mais que c’est important de transformer ces angoisses et ces traumatismes en une histoire partageable. Je pense à la collusion des pactes dénégatifs dans les liens (Kaës, 1988, 2009), au rôle du transgénérationnel dans le lien de couple (Joubert, 2007) et en collusion ici avec l’histoire des origines inconnues des deux enfants adoptés.

À la fin du soin qui a duré quelques années, Madame remerciera ses deux enfants de leur avoir permis de travailler les douleurs de leurs histoires familiales. Les deux enfants diront qu’ils ont renoncé à savoir leurs origines familiales mais qu’ils ont découvert qu’on pouvait imaginer, se raconter des histoires, et, pourquoi pas, devenir écrivain, dira Adèle qui se dirige vers des études littéraires; Jules, quant à lui, rêve d’être maçon pour construire avec ses “mains” des maisons pour tous ceux qui n’en ont pas… Du plaisir circule désormais dans la famille. Éros et Thanatos sont réintriqués dans les liens ainsi que la rêverie. Lorsque nous nous séparerons, ils me demanderont s’ils peuvent m’inscrire sur l’arbre généalogique, de côté “comme une peau autour”, dira Jules. J’acquiesce et leur dis merci, en signifiant que je reçois cela comme un cadeau qui me touche. Adèle me dit qu’elle se demande ce qu’elle racontera à ses enfants et Jules dira qu’il leur donnera une belle maison. Les parents se mettront à rêver de devenir grands-parents. Je terminerai en évoquant “il était une fois” comme dans les contes, une histoire faite de douleurs et d’espoir. Ils me donneront des nouvelles pendant encore quelques mois, par mail.

En conclusion

Nous voyons dans cette situation clinique comment la collusion des “pactes dénégatifs du couple parental est en résonance avec le pacte dénégatif des enfants

adoptés”: les failles de chaque lignée sont en collusion, aussi, avec celle des enfants adoptés. Le processus analytique en permet une reprise, une construction élaborative, mythopoïèse familiale, dans le champ transférentiel diffracté avec une co-émotionnalité, dans des dispositifs gigognes, au sein desquels j’incarne une imago grand-parentale bienveillante et liante, comme une peau contenante enveloppante pour l’histoire familiale. Cela peut constituer l’hypothèse de ce travail.  Cette situation clinique est tirée de notre pratique, respectant la confidentialité (les identités étant modifiées ainsi que certains aspects) et le respect des patients, que nous remercions d’alimenter en permanence notre réflexion scientifique de praticien chercheur. J’ai choisi de parler à la première personne pour raconter cette clinique qui m’a beaucoup touchée et beaucoup appris.


Bibliographie

* Psychologue clinicienne, psychothérapeute, psychanalyste-famille, groupe, couple; Présidente de la Société Française de Thérapie familiale psychanalytique; membre du CA de l’Association Internationale de Psychanalyse de Couple et de Famille; membre de la Société Française de

Psychothérapie psychanalytique de Groupe; rédactrice de la section francophone -de la Revue

Internationale de Psychanalyse de Couple et de Famille; Professeur Emérite des Universités -en

Psychopathologie Clinique psychanalytique; membre du laboratoire LCPI -Université Toulouse 2, Jean Jaurès ; formatrice au Photolangage, en Thérapie familiale psychanalytique et de Couple. christianejoubert@netcourrier.com  https://doi.org/10.69093/AIPCF.2025.33.04 This is an open-access article distributed under the terms of the Creative Commons Attribution License (CC BY).

1 Ce texte reprend le chapitre 2 « Plurisubjectivité, transferts et processus associatifs en psychanalyse de couple et de famille », In R. Jaitin (sous la dir.), Les apports de René Kaës à la psychanalyse de couple et de famille (p. 31-44). Lyon: Chroniques Sociales. Seule l’introduction a été très légerement modifiée. Nous remercions Rosa Jaitin et les Editions Chroniques sociales d’avoir autorisé sa republication.

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[1] Federn et Bleger sont des auteurs précurseurs autour du Moi primaire et de l’intégration psychésoma; dans A. Ruffiot et al. (1981), « Le groupe-famille en analyse. L’appareil psychique familial », in La thérapie familiale psychanalytique, Paris, Dunod, p. 1-36.

[2] Le Photolangage© est une méthode élaborée à partir de 1965, par des psychosociologues lyonnais, et des psychologues cliniciens (Vacheret, 2000) en partenariat avec des photographes professionnels. Nous avons montré (Durastante, Joubert, 2013) que l’utilisation du Photolangage© en séance de thérapie familiale psychanalytique permet de développer des scènes médiatrices transformationnelles.

Revue Internationale de Psychanalyse du Couple et de la Famille

AIPPF

ISSN 2105-1038